Difficile de passer à côté en ce mois de Mai, la 72ème édition du Festival de Cannes – ou la grand-messe du cinéma mondial – a débuté mardi dernier avec la projection en ouverture du nouveau long-métrage de Jim Jarmusch, The Dead don’t Die, une récréation zombiesque mineure pour le réalisateur de Ghost Dog mais tout à fait plaisante au demeurant. Tandis que les sorties simultanées se poursuivent, hier c’était au tour de Douleur et Gloire, le nouvel opus de Pedro Almodovar avec Antonio Banderas, d’arriver sur nos écrans, dans quelques jours, mercredi 22 Mai, ce sera celui de Jean-Pierre et Luc Dardenne et de Claude Lelouch. La fratrie la plus primée du cinéma Belge sera en lice pour une troisième Palme d’or avec Le Jeune Ahmed, trois ans après la déception partielle que fut La Fille Inconnue, la seule d’une carrière aussi dense que passionnante. Le cinéaste octogénaire présentera Hors Compétition, Les Plus belles années d’une Vie, troisième volet de la trilogie initiée, il y a déjà plus de cinquante ans par Un Homme et une femme (1966), Palme d’or et oscar du meilleur film étranger à la clé, retrouvant Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée pour l’occasion. Vendredi 24, sortira parallèlement à sa projection, l’ultime film de la compétition, Sibyl de Justine Triet. La cinéaste révélée en 2013 à l’ACID pour le très bon La Bataille de Solférino, avant d’exploser trois ans plus tard avec Victoria, présenté à la Semaine de la critique, beau succès public (+ 650 000 entrées) quelques mois plus tard lors de sa sortie, franchit un cap en intégrant la sélection officielle et la compétition. Dotée d’un casting excitant, la réalisatrice reconduit les collaborations avec Virginie Efira et Laure Calamy, mais convie beaucoup de nouvelles têtes dans son univers, à commencer par Adèle Exarchopoulos et Sandra Hüller (la révélation de Toni Erdmann) côté féminin, quand Gaspard Ulliel et Niels Schneider héritent des premiers rôles masculins. Ce même vendredi 24 Mai, alors que la fin du festival commencera à pointer le bout de son nez et que la remise du palmarès ne sera plus qu’une question d’heures, les cinémas Pathé et Gaumont proposeront trois jours durant (du 24 au 26 Mai), quatorze films issus de la sélection officielle (Compétition, Un certain regard et hors compétition).

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Sibyl – Copyright Les Films Pelléas 2019

Rien de nouveau pour les spectateurs parisiens, puisqu’il s’agira de la 7ème année consécutive où le festival se délocalise dans l’une de leurs salles, en l’occurrence le Gaumont Opéra, en revanche pour la première fois, l’événement s’étend à quatre autres cinémas en régions, parmi lesquelles le Pathé Bellecour à Lyon ! Vous avez bien lu, le Festival de Cannes sera diffusé en quasi simultané dans la ville natale du cinéma, ça se fête, non ? Culturopoing en est l’heureux partenaire. L’opportunité sera donnée de découvrir un certain nombre de films en avant-premières,  plusieurs mois en amont de leurs sorties, et qui sait, peut-être même la future 72ème palme d’or qui sera décernée samedi 25 au soir par le jury présidé par Alejandro González Iñárritu. Histoire de vous donner quelques repères pour préparer au mieux ce beau week-end cinéphile aux couleurs cannoises, prenons maintenant le temps de revenir en détails, jour par jour, séance par séance, sur les quatorze films qui  seront projetés.

Vendredi 24 Mai

14h30 – Les siffleurs de Croneliu Porumboiu (1h37)
Compétition

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Les Siffleurs – Copyright 42 KM Film 2019

Cristi, un inspecteur de police de Bucarest corrompu par des trafiquants de drogue, est soupçonné par ses supérieurs et mis sur écoute. Embarqué malgré lui par la sulfureuse Gilda sur l’île de la Gomera, il doit apprendre vite le Silbo, une langue sifflée ancestrale. Grâce à ce langage secret, il pourra libérer en Roumanie un mafieux de prison et récupérer les millions cachés. Mais l’amour va s’en mêler et rien ne se passera comme prévu…

Caméra d’or pour son premier long-métrage 12h08 à l’est de Bucarest, diffusé à la Quinzaine des réalisateurs en 2006, Corneliu Porumbuiu est revenu à Cannes à deux autres reprises, section Un Certain Regard où il a remporté le prix du jury en 2009 avec Policier, Adjectif puis le prix un Certain Talent en 2015 pour Le Trésor. Alternant fictions et documentaires (Match retour, Football infini), il fait incontestablement figure en compagnie de Cristian Mungiu (4 mois, 3 semaines, 2 jours, Baccalauréat) de taulier du cinéma roumain. Contrairement à son compatriote alternant non sans virtuosité drames rigoristes et thriller sociaux, Porumbuiu est beaucoup plus éclectique dans les registre qu’il aborde. Pour sa première sélection en Compétition, le voici de retour avec Les Siffleurs, qui promet de revisiter le film noire de manière singulière et non sans humour…

16h30 – Les hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Eléa Gobbe Mevelec
Un Certain Regard

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Les Hirondelles de Kaboul – Copyright Memento film distribution 2019

Été 1998, Kaboul en ruines est occupée par les talibans. Mohsen et Zunaira sont jeunes, ils s’aiment profondément. En dépit de la violence et de la misère quotidienne, ils veulent croire en l’avenir. Un geste insensé de Mohsen va faire basculer leurs vies.

Habituée aux drames populaires (Se souvenir des belles choses, Je l’aimais), Zabou Breitman s’associe à l’animatrice Eléa Gobbé-Mévellec (qui a œuvré sur Le chat du Rabbin de Joann Sfar) pour co-réaliser son cinquième long-métrage. Histoire d’amour sur fond de régime tyrannique des Talibans, Les hirondelles de Kaboul a toutes ses chances de faire forte impression, comme le fit un autre film d’animation en son temps : Valse avec Bachir d’Ari Folman en 2008.

Sortie le 4 Septembre

19h – Frankie de Ira Sachs (1h38)
Compétition

Frankie, célèbre actrice française, se sait gravement malade. Elle décide de passer ses dernières vacances entourée de ses proches, à Sintra au Portugal.

Plutôt habitué des festivals de Sundance et Berlin, Ira Sachs est pour la première fois de sa carrière sélectionné à Cannes. Trois ans après son très beau Brooklyn Village , le cinéaste new-yorkais quitte son territoire de prédilection pour poser sa caméra au Portugal où l’on assistera à des retrouvailles familiales convoquant au casting Isabelle Huppert, Marisa Tomei, Brendan Gleeson, Jérémie Rénier, Pascal Greggory… La comédienne par deux fois récompensée à Cannes (Violette Nozière et La Pianiste), admiratrice du travail de son metteur en scène (ne cachant pas son affection pour Love is Strange) annonce un film “très tendre“, pas aussi tragique que ne le laisse présager le synopsis.

Sortie le 28 Août


21h30 – La belle époque de Nicolas Bedos (1h50)
Hors Compétition

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La Belle époque – Pathé 2019

Victor, un sexagénaire désabusé, voit sa vie bouleversée le jour où Antoine, un brillant entrepreneur, lui propose une attraction d’un genre nouveau : mélangeant artifices théâtraux et reconstitution historique, cette entreprise propose à ses clients de replonger dans l’époque de leur choix. Victor choisit alors de revivre la semaine la plus marquante de sa vie : celle où, 40 ans plus tôt, il rencontra le grand amour…

Personnage clivant, Nicolas Bedos, avait pour son premier long-métrage Monsieur et madame Adelman (2017), surpris son monde. Ambitieux sur la forme (volonté d’ampleur et goût du romanesque affirmé) et assez fin dans son écriture (aussi bien dans sa façon de faire jongler les mots dans le dialogue que conduire sa narration double avec vigueur), le film se détachait du tout venant aussi bien dans le domaine de la comédie française que dans celui des premières réalisations d’acteurs, en plus de révéler une actrice prometteuse en la personne de Doria Tillier. Son pitch laisse augurer pour la deuxième fois consécutive, une alternance entre présent et passé (de nouveau les années 70), plutôt que de craindre une redite décevant, on espère donc le voir confirmer l’essai. Et si l’on se réjouit qu’il collabore de nouveau avec sa muse, on est curieux de voir comment la sauce va prendre avec ses trois autres têtes d’affiche que sont Daniel Auteuil, Guillaume Canet et Fanny Ardant.

Sortie le 6 Novembre

Samedi 25 Mai

13h – It must be heaven d’Elia Suleiman (1h37)
Compétition

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It Must Be Heaven – Copyright Rectangle Productions 2019

E.S. fuit la Palestine à la recherche d’une nouvelle terre d’accueil, avant de réaliser que son pays d’origine le suit toujours comme une ombre. La promesse d’une vie nouvelle se transforme vite en comédie de l’absurde. Aussi loin qu’il voyage, de Paris à New York, quelque chose lui rappelle sa patrie. Un conte burlesque explorant l’identité, la nationalité et l’appartenance, dans lequel Elia Suleiman pose une question fondamentale : où peut-on se sentir « chez soi » ?

On était sans nouvelles d’Elia Suleiman depuis sept ans si l’on prend en compte sa participation au projet collectif 7 jours à la Havane, dix ans si l’on se réfère à son dernier long-métrage, Le Temps qu’il reste. Pour son grand retour, le cinéaste palestinien a tourné en France, plus précisément en région parisienne. La promesse d’un nouveau conte burlesque mâtiné d’humour absurde, permettant à l’acteur-réalisateur de se raconter tout en s’interrogeant, de poser des questions intimes, fondamentales et universelles autour des questions d’identité, nationalité et appartenance. S’il n’a rien perdu de sa puissance poétique, drôle et subversive, Elia Suleiman pourrait bien nous bouleverser avec la même douceur et la même grâce que ses précédents essais.

15h15 – Little Joe de Jessica Hausner (1h40)
Compétition

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Little Joe – Copyright The Coproduction Office 2019

Alice, mère célibataire, est une phytogénéticienne chevronnée qui travaille pour une société spécialisée dans le développement de nouvelles espèces de plantes. Elle a conçu une fleur très particulière, rouge vermillon, remarquable tant pour sa beauté que pour son intérêt thérapeutique. En effet, si on la conserve à la bonne température, si on la nourrit correctement et si on lui parle régulièrement, la plante rend son propriétaire heureux. Alice va enfreindre le règlement intérieur de sa société en offrant une de ces fleurs à son fils adolescent, Joe. Ensemble, ils vont la baptiser ” Little Joe “. Mais, à mesure que la plante grandit, Alice est saisie de doutes quant à sa création: peut-être que cette plante n’est finalement pas aussi inoffensive que ne le suggère son petit nom.

Cinq ans après son dernier long-métrage (Amour fou en 2014) présenté à Un Certain Regard, et son passage « de l’autre côté du miroir » en tant que membre du Jury au sein de la même section en 2016, Jessica Hausner signe son retour à Cannes avec cette incursion dans la science-fiction à tendance paranoïaque. L’occasion de trembler devant ce premier film tourné en anglais, que l’on annonce comme une sorte de relecture botanique de L’invasion des profanateurs.

17h30 – Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma (2h00)
Compétition

1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde.

Chef de file aux côtés de Rebecca Zlotowski (dont le nouvel opus Une Fille facile est présenté à la Quinzaine des réalisateurs) et de Katell Quillévéré, d’une génération de cinéastes femmes de plus en plus importantes au sein du cinéma français, Céline Sciamma accède pour la première fois de sa carrière à la Compétition cannoises après avoir présenté Naissance des Pieuvres (2007) à Un Certain Regard et Bande de Filles (2014) à la Quinzaine. Cinq après sa dernière réalisation (n’oublions pas ses travaux de scénaristes notamment sur le bouleversant Ma Vie de Courgette de Claude Barras), là voilà qui revient avec un long-métrage au titre aussi beau qu’intriguant Portrait de la jeune fille en feu, dans lequel on retrouve une comédienne qu’elle a révélée il y a douze ans, entre temps devenus une actrice incontournable, Adèle Haenel, pour son premier film d’époque, présenté comme “une fresque des sentiments et du désir“. On trépigne d’impatience !

Sortie le 18 Septembre


20h – Sorry We missed you de Ken Loach (1h40)
Compétition

Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Leur famille est soudée et les parents travaillent dur. Alors qu’Abby travaille avec dévouement pour des personnes âgées à domicile, Ricky enchaîne les jobs mal payés ; ils réalisent que jamais ils ne pourront devenir indépendants ni propriétaires de leur maison. C’est maintenant ou jamais ! Une réelle opportunité semble leur être offerte par la révolution numérique : Abby vend alors sa voiture pour que Ricky puisse acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte. Mais les dérives de ce nouveau monde moderne auront des répercussions majeures sur toute la famille…

Increvable Ken Loach ! Alors qu’il avait annoncé sa retraite après ce qu’il pensait être son ultime film, Jimmy’s Hall, le cinéaste britannique avait finalement remis les gants et remporté en 2016, une deuxième palme d’or pour Moi, Daniel Blake, dix ans après Le Vent se lève. Infatigable militant, refusant de baisser les armes, son dix-neuvième film traitera par le prisme d’une cellule familiale, de l’uberisation des sociétés modernes. S’il tient son rang, nul doute que sa charge fera mouche autant qu’elle saura nous émouvoir.


22h15 – La Femme de mon frère de Monia Chokri (1h57)
Un Certain Regard

Montréal. Sophia, jeune et brillante diplômée sans emploi, vit chez son frère Karim. Leur relation fusionnelle est mise à l’épreuve lorsque Karim, séducteur invétéré, tombe éperdument amoureux d’Eloïse, la gynécologue de Sophia…

Visage familier des adeptes du cinéma de Xavier Dolan (on pouvait la voir dans Les Amours imaginaires et Laurence Anyways), occasionnellement convoitée par le cinéma français (Compte tes blessures, Réparer les vivants), la comédienne Monia Chokri passe à la réalisation. Récit d’émancipation ? Comédie pop et générationnelle ? Chronique familiale ? À vrai dire, on ignore quelle direction va choisir la néo-réalisatrice, les premiers échos évoquent aussi bien Xavier Dolan que Todd Solondz ou Wes Anderson comme filiations potentielles, c’est somme toute suffisant pour attiser notre curiosité.

Sortie le 26 Juin 2019

Dimanche 26 Mai


11h – La Fameuse invasion des ours en Sicile de Lorenzo Mattoti (1h22)
Un Certain Regard

Tout commence en Sicile, le jour où Tonio, le fils de Léonce, roi des ours, est enlevé par des chasseurs… Profitant de la rigueur d’un hiver qui menace son peuple de famine, le roi Léonce décide de partir à la recherche de Tonio et d’envahir la plaine où habitent les hommes. Avec l’aide de son armée et d’un magicien, il finit par retrouver Tonio et prend la tête du pays. Mais il comprendra vite que le peuple des ours n’est peut-être pas fait pour vivre au pays des hommes…

Fort d’un casting vocal franco-italien éclectique (Leïla Bekhti, Arthur Dupont, Toni Servillo et même Jean-Claude Carrière, venu donner de la voix pour l’occasion), La fameuse invasion des ours en Sicile est le premier long-métrage du dessinateur Lorenzo Mattotti, après divers collaborations, comme graphiste principalement (notamment sur un segment de l’anthologie animée Peur(s) du noir). Il s’est entouré, entre autres, du talentueux Thomas Bidegain (Les Cowboys, Un Prophète, Saint Laurent) à l’écriture pour raconter cette épopée animalière aux accents de conte et d’Heroic Fantasy.

Sortie le 9 Octobre


13h30 – Le Traître de Marco Bellochio (2h15)
Compétition

Au début des années 1980, la guerre entre les parrains de la mafia sicilienne est à son comble. Tommaso Buscetta, membre de Cosa Nostra, fuit son pays pour se cacher au Brésil. Pendant ce temps, en Italie, les règlements de comptes s’enchaînent, et les proches de Buscetta sont assassinés les uns après les autres. Arrêté par la police brésilienne puis extradé, Buscetta, prend une décision qui va changer l’histoire de la mafia : rencontrer le juge Falcone et trahir le serment fait à Cosa Nostra.

Dix ans après Vincere, une fresque historique observant la montée du fascisme en Italie, faux biopic de Benito Mussolini à travers le point de vue de sa maîtresse Ida Dalser, Marco Bellochio est de retour en Compétition. Muni d’un sujet en or, autour de la figure de Tommaso Buscetta (incarné par l’excellent Pierfrancesco Favino, vu dans Suburra et Romanzo Criminale), un mafioso trahissant les règles de la Cosa Nostra pour sauver sa peau en collaborrant avec les juges Falcone et Borsellino, dire qu’on a hâte de découvrir cette fresque criminelle est un doux euphémisme.

Sortie le 6 Novembre

16h15 – Hors normes d’Eric Toledano et Olivier Nakache (1h54)
Hors Compétition – Film de clôture

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Hors Normes – Copyright Quad – Ten Cinéma 2019

Bruno et Malik vivent depuis 20 ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés “d’hyper complexes”. Une alliance hors du commun pour des personnalités hors normes.

Est-il encore utile de présenter Éric Toledano et Olivier Nakache, le binôme à succès derrière Intouchables, Le Sens de la fête et Nos Jours Heureux ? Artisans estimables de comédies populaires souvent réussies (le légèrement moins connu Tellement Proches, réalisé en 2009, a notre préférence), ils invitent pour ce septième long-métrages deux des meilleurs comédiens de l’hexagone, Vincent Cassel et Réda Kateb, lesquels forment un duo alléchant au service d’une fiction que l’on devine animée par une fibre humaniste et sociale.

Sortie le 23 Octobre


19h30 – Atlantique de Mati Diop (1h40)
Compétition

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Atlantique – Copyright Les films du bal 2019

Dans une banlieue populaire de Dakar, les ouvriers du chantier d’une tour futuriste, sans salaire depuis des mois, décident de quitter le pays par l’océan pour un avenir meilleur. Parmi eux se trouve Souleiman, l’amant d’Ada, promise à un autre. Quelques jours après le départ des garçons, un incendie dévaste la fête de mariage de la jeune femme et de mystérieuses fièvres s’emparent des filles du quartier. Ada est loin de se douter que Souleiman est revenu…

Cette année deux premiers long-métrages intègrent directement la compétition, Les Misérables de Ladj Ly et Atlantique de Mati Diop, qui devient ainsi la première réalisatrice d’origine africaine à concourir pour la palme d’or. Actrice chez Claire Denis en 2008 pour 35 Rhums et auteure d’une bonne demi-douzaine de courts-métrages au cours des quinze dernières années, elle retravaille ici deux thématiques fortes et actuelles – l’immigration clandestines et l’absence de perspectives d’une partie de la jeunesse africaine – déjà au cœur du court-métrage quasi homonyme Atlantiques. La différence notable et l’originalité du projet commence par son point de vue sur l’immigration, celui des femmes, celles qui restent, tandis que les hommes embarquent en quête de lendemains meilleurs, tout en n’hésitant pas formellement à flirter avec le fantastique, à lorgner sur la poésie.


21h45 – Papicha de Mounia Meddour (1h48)
Un Certain Regard

Alger, années 90. Nedjma, 18 ans, étudiante habitant la cité universitaire, rêve de devenir styliste. A la nuit tombée, elle se faufile à travers les mailles du grillage de la Cité avec ses meilleures amies pour rejoindre la boîte de nuit où elle vend ses créations aux ” papichas “, jolies jeunes filles algéroises. La situation politique et sociale du pays ne cesse de se dégrader. Refusant cette fatalité, Nedjma décide de se battre pour sa liberté en organisant un défilé de mode, bravant ainsi tous les interdits.

Évocation de la terrible décennie 90 marquée par le terrorisme en Algérie, le premier long-métrage de Mounia Meddour se pose en questionnement sur l’appartenance à une nation, à une identité, confronté à un désir irrépressible de liberté. Un film féminin et féministe, parfaitement d’actualité en ces temps où le pays connaît de nouveaux bouleversements.

 

Liens Utiles

-> Informations et réservations sur le site officiel du Pathé Bellecour
-> Facebook de l’évènement
-> Facebook Pathé Bellecour

Sites des autres cinéma participants :

-> Gaumont Opéra
-> Gaumont Nantes
-> Gaumont Wilson
-> Gaumont Rennes

 

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A propos de Vincent Nicolet

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