Ecrans Mixtes – 10ème édition du 4 au 12 Mars

À partir du 4 Mars prochain, Écrans Mixtes, lancera sa 10ème édition. 4 salles permanentes (Cinéma Comœdia, Lumière Bellecour, Lumière Terreaux et Cinéma Opéra) et plusieurs autres lieux de projections (Institut Lumière, Pathé Bellecour, le Zola,…) répartis dans tout Lyon, accueilleront la manifestation. Né de la volonté de proposer dans la ville natale du cinéma, un événement mettant en lumière les regards queer d’hier et d’aujourd’hui à travers le 7ème art, le festival aura connu au fil des années une expansion notable. De la rétrospective Gregg Araki lors de la première édition à la venue l’an passé de James Ivory, le chemin parcouru n’est pas mince. Kenneth Anger, Chantal Akerman, Pier Paolo Pasolini (pour ne citer qu’eux) ont été mis à l’honneur tandis qu’Alain Guiraudie, Céline Sciamma, Jonathan Caouette, João Pedro Rodrigues et bien d’autres ont foulé le sol lyonnais pour présenter leurs travaux.

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Les Témoins – Copyright UGC 2007

Histoire de marquer le coup et célébrer dignement ce dixième anniversaire, le festival accueille deux invités d’honneur, André Téchine et John Waters. Le cinéaste français sera présent dès l’ouverture et la projection de l’un des ses plus beaux longs-métrages (et aussi le plus célébré, récipiendaire il y a vingt-cinq ans de quatre césars dont meilleur film et meilleur réalisateur, ainsi que du prix Louis-Delluc), Les Roseaux Sauvages en copie 35mm. Critique aux Cahiers du cinéma de 1964 à 1968 avant de passer à la réalisation en 1969 pour Pauline s’en va, le réalisateur cumule plus de cinquante ans d’activité au sein du cinéma français. Il accompagnera la rétrospective de huit films qui lui est consacrée, parmi lesquels on retrouve le formidable Les Témoins, un peu trop passé sous les radars lors de sa sortie en 2007, que l’on est impatient de redécouvrir sur grand écran. Cette histoire de passion amoureuse sur fond de mort, située dans les années 80, alors que l’épidémie du Sida fait rage, est portée par une distribution éclatante milieu de laquelle on retrouve Sami Bouajila, Emmanuelle Béart et Michel Blanc. Également au programme, le mal-aimé Les Sœurs Brontë, biographie de la fratrie britannique emmenée par deux des plus grandes comédiennes de l’hexagone, Isabelle Huppert et Isabelle Adjani mais aussi l’une des égérie de la Nouvelle Vague, Marie-France Pisier. Tensions avec la production (le montage aurait fait l’objet de coupes importantes) et sur le plateau de tournage ont largement alimenté la rumeur d’une œuvre conçue dans la douleur. Pourtant moins académique qu’on a bien voulu le dire et plus intimiste qu’il en à l’air, le film gagne à être revu, sa projection en copie restaurée constitue pour cela une opportunité bienvenue. À noter que jeudi 5 mars, André Téchiné donnera une masterclass à l’Université Lumière Lyon 2, animée par Thierry Klifa, par ailleurs  réalisateur d’un documentaire intitulé André Téchiné, cinéaste insoumis (diffusé l’an passé sur Arte), qu’il présentera au Comœdia le vendredi 6 Mars.

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Dès 2012, le festival proposait une rétrospective John Waters, histoire de boucler la boucle, le réalisateur sera à Lyon les 11 et 12 Mars afin de clôturer l’édition en beauté. S’il n’a plus rien réalisé depuis A Dirty Shame (2004), la venue du « pape du trash » désormais âgé de 73 ans, promet d’ors-et-déjà de savoureuses anecdotes en plus de nous permettre de nous replonger deux jours durant, en plein cœur d’une œuvre jouissive et iconoclaste. Quatre projections (Polyester, Cry-Baby, Cecil B.Demented) et une masterclass (toujours à l’Université Lumière Lyon 2) suffiront-elles à nous rassasier ? Verdict le moment venu.

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L’Angle Mort – Copyright Doc and Film International2019

Le duo de réalisateurs formé par Pierre Trividic et Patrick Mario Bernard jouira quant à lui de sa toute première rétrospective. Une œuvre commune débutée à l’orée des années 2000, d’abord dans le documentaire (Le Cas Lovecraft / Ceci est une pipe, projetés ici en double programme) avant de passer à la fiction (Dancing, L’autre, jusqu’au très récent L’Angle Mort), faisant suite à des premières parties de carrières artistiques solo. Patrick Mario Bernard est passé par les Beaux-arts et le théâtre (illustrateur, graphiste, scénographe puis metteur en scène) quand Pierre Trividic, diplôme de l’IDHEC, fut notamment co-scénariste auprès de Pascale Ferran, Patrice Chéreau mais aussi Guillaume Nicloux sur le mésestimé La Clef. En attendant de se familiariser pour de bon avec leurs travaux, les deux hommes ont déjà laissé leur empreinte sur l’édition puisqu’on leur doit la réalisation du teaser récemment dévoilé.

Un an après sa disparition, un hommage sera rendu à la réalisatrice Barbara Hammer, à travers trois séances. La projection de Nitrate Kisses, premier volet de la trilogie documentaire The Invisible Histories Trilogy, sera suivie de celle de deux courts-métrages antérieurs : Synch Touch et Double Strenght. Œuvre portée par l’idée de visibiliser des sexualités marginalisées, on pourra également découvrir un programme de sept courts expérimentaux (réalisé entre 1973 et 2010) ainsi que The Female Closet, un document constitué d’archives, interviews et photographies relatant de la vie de femmes artistes lesbiennes du XXème siècle. Dans le cadre d’un focus sur les femmes de cinéma, Be Natural, l’histoire d’Alice Guy-Blaché sera montré en avant-première (sortie le 18 mars). Documentaire signé Pamela B.Green autour la première réalisatrice de l’histoire, narré par Jodie Foster et soutenu par les interventions de Geena Davis, Evan Rachel Wood, Julie Delpy ou encore Michel Hazanavicius et Marjane Satrapi. Toujours dans ce même focus, sera projeté Olivia (1951), cinquième long-métrage de Jacqueline Audry, soit l’un des premiers films français parlant ouvertement de relations lesbiennes, mais aussi réalisation de l’une des rares femmes cinéaste de l’époque (aux cotés d’Alice Guy-Blaché donc et de Germaine Dulac) avant que ne débute une certaine Agnès Varda.

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Be natural, l’histoire cachée d’Alice Guy-Blaché – Copyright Splendor Films 2020

Projections de classiques méconnus, d’inédits et d’avant-premières complètent une édition qui proposera également une rétrospective Philippe Valois et accordera une carte blanche à Océan. Événement parallèle, l’Exposition Queer As German Folk au Goeth – Institut (du 21 Février au 28 Mai) autour des mouvements de révolte queer post-Stonewall au cours des cinquante dernières années, en RFA, RDA puis en Allemagne réunifiée.

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