Quelques mois déjà depuis la sortie du premier album des californiennes de Warpaint intitulé The Fool, quelques mois supplémentaires depuis leur maxi séminal produit par le Chili Peppers John Frusciante. De l’eau est passée sous le pont donc mais toujours le même plaisir et la même émotion d’écoute, ce trouble méritait bien quelques lignes.

On pourrait associer ces belles demoiselles au duo The XX qui a affolé critiques et palmarès de fin d’année avec une musique en clair-obscur où l’esbroufe était laissée au placard. On retrouve pareille somnolence trouble ici, pareille mélancolie jouissive pour une musique tout de même plus étoffée, moins désossée, plus artificiel peut-être. On pense énormément à notre chère Polly Jean sur le « Set your arms down » par exemple, on pense aux Blonde Redhead sur le « Warpaint » qui suit, deux versants d’un même spleen, idéal. Un sentiment qu’on retrouve partout ailleurs, des chœurs vaporeux de « Undertow » au beau dépouillement de « Baby », pas un titre ou presque qui ne viendrait nous réveiller de cette rêverie et rompre un aussi doux sortilège (« Majesty » pfft). Un bel album vous l’aurez deviné, oui mais.
Un paradoxe pour finir. L’Ep. premier du nom, Exquisite Corpses, avait pour lui grâce et révélation, cet album n’est finalement que très bon, un comble pour un groupe qu’on trouverait presque décevant alors qu’il sort son premier véritable disque ! On aurait aimé plus de ces creux si marqués dans le maxi, on aurait apprécié davantage de la morne plaine exposée par exemple sur le sublime premier titre du maxi « Stars ». Tant pis. Warpaint c’est finalement un nom tout à fait pertinent, un peu de couleur sur l’amer béton, une colère de velours, une mélancolie lumineuse.

 

 

A propos de Bruno Piszorowicz

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