Protomartyr fait partie de ces groupes, plus nombreux que le croient certaines bonnes âmes, qui démontrent que l’on peut fulminer une musique à la fois barbelée et d’une densité presque étouffante tout en la nourrissant de références que l’on ne s’attendrait pas forcément à trouver sous les lourds riffs du post-punk ; ainsi leur plus récent album, Relatives in Descent, paru à la fin de septembre 2017 et salué partout à la hauteur de sa réussite, convoquait-il Héraclite, Thomas de Quincey et citait-il L’Anatomie de la mélancolie de Robert Burton (1621) comme une de ses sources d’inspiration principales. Avec Joe Casey et ses amis, l’atmosphère est souvent d’une virulence contenue mais bandée à craquer et ce n’est pas avec « Wheel of Fortune », le premier extrait du Consolation E.P. à paraître dans quelques semaines, qu’une éclaircie semble s’annoncer, malgré la présence de Kelley Deal des Breeders dont la voix ajoute une présence tantôt tranchante, tantôt fantomatique, au sentiment d’aliénation qui plane sur cette chanson à la construction quadripartite, impitoyablement scandée par un « I decide who lives and who dies » comme éructé d’une machine à l’implacabilité aveugle de Minotaure.

Le Consolation E.P. paraîtra le 15 juin 2018 chez Domino

Photographie : Daniel Topete

A propos de Jean-Christophe PUCEK

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