Blanche colombe vs animal curieux –
Porté par une voix singulière et une inspiration contemplative, « Baby » n’est pas à proprement parler un album fédérateur. Il fait plutôt partie des disques qu’on apprécie ponctuellement au détour d’un voyage, d’une matinée brumeuse ou de méditations crépusculaires. De source texane, comme sa chanteuse Mara Lee Miller, l’album évoque par la pureté du chant l’ampleur d’un paysage dépouillé, la chaleur sèche tout autant qu’un froid figeant.
Guitare légère, nappes et lointain tambourin effleurent la tessiture décuplée d’une voix pointue mais aérienne, qui minaude, résonne religieusement ou se fait plus caressante par moments sans jamais cesser de surprendre l’oreille. Cette palette sonore étonnante n’est pas sans rappeler certaines intonations de Björk à ses débuts ou la présence évanescente de Cat Power, selon le degré d’accompagnement musical parfois simplement absent, le temps de titres a cappella. Grâce à la richesse des tonalités vocales, l’ancrage folk vogue de l’intimiste connoté ricain vers l’universel, côtoie une réverbération quasi-expérimentale digne des voix bulgares, s’oublie le temps d’une chanson pop plus étoffée.
Les textes, personnels sans être narratifs, participent au développement d’un univers à l’originalité intemporelle : les racines, la route, la liberté, la lumière, le jour, la nuit, le temps… Si l’atypique mène souvent à l’extravagance, Bosque Brown tire son nom d’une rivière et ramène à l’essentiel.

A propos de Sarah DESPOISSE

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