Plein soleil tout au long des trois journées de festival et un bilan encore une fois éloquent de 165.000 entrées payantes et de plus de 400.000 litres de bières (et 23.000 de vin) ingurgités (aux bars « officiels » s’entend), le Hellfest 2018 a de nouveau brillé de mille feux les 22,23 et 24 juin dernier.

Retour en arrière de notre équipe de choc (Benoit, Bruno, DJ Duclock et Jean-Christophe aux écrits, les mêmes avec l’aide inestimable de Florent Dié pour les photographies) à travers les trois concerts les plus marquants du week-end pour chacun d’entre eux, sous l’angle de la confirmation, de la révélation et de la déception…

La confirmation

Bruno : Iron Maiden (Mainstage, Dimanche)

Setlist mêlant classiques et titres du répertoire postérieur au retour de Dickinson (mention pour un génial « The Clansman »), personnel en grande et belle forme dont le plaisir de jouer était évident, un frontman au sommet de son art, tant côté voix que de la performance pure (certains passages proches du travail du comédien, une santé éclatante et sautillante), la Vierge de Fer a fait honneur tant à son rang de maitre incontesté du heavy metal qu’au festival ici magnifié par une prestation qui, aux yeux de beaucoup de fidèles fans du groupe, éclipsa les derniers concerts français du groupe. Entamé par l’habituel « Aces High » et son Spitfire de collection dans les airs, et clôturé par l’imparable « Run to the Hills », le set des anglais s’étira sur près de deux heures sans que l’attention ne se relâche un seul instant. Sans vouloir dire du mal du Priest headliner deux jours plus tôt, le contraste restait quand même saisissant entre les deux mastodontes du genre, même s’il y a et qu’il y aura toujours match du côté de leur répertoire respectif. Quoiqu’il en soit, le concert d’Iron Maiden tira vers le haut le bilan qualitatifs des grosses locomotives du festival (Priest certes, Sevenfold mouais, Johnny Depp qui accorde sa guitare mouais mouais). Profitons au maximum, concert après concert, tournée après tournée, année après année, d’Iron Maiden, la quintessence la plus pure du heavy metal, tant du côté de la musique que de l’entertainment qui y accole.

« The way, wherever,wherever you are
Iron Maiden’s gonna get you »

Photo : DJ Duclock

Benoit : MANEGARM (Temple, dimanche)

Voilà un groupe que j’aime beaucoup et que je n’avais encore jamais vu au Hellfest :  Manegarm et son Pagan/Viking très mélodique (certains refrains sont proches de la pop) avec surtout un violon épatant qui fait sautiller la musique.

Loin de toute imagerie lourde et sans aucun déguisement, le groupe, dont j’attendais beaucoup, a délivré un excellent concert très plaisant. Un peu comme des « Men In Black » metal (chemises et pantalons, au sens des Stranglers, pas de Will Smith par contre), les suédois ont revisité leur longue carrière (20 ans au compteur) en réussissant encore à surprendre lors de certaines envolées mélodiques. Puis, un concert avec l’hymne « I Evig Tid » ne peut de toutes façons pas être loupé….

DJ Duclock : IRON MAIDEN (Mainstage/Dimanche)

Il y a deux ans j’étais resté le temps de trois chansons avant de filer voir Obituary. Ces trois chansons d’Iron Maiden, écoutées de loin, avaient fonctionné. C’était parfait, un peu trop en fait… comme si j’avais mis l’album sur la chaîne, mais c’était bien. Il n’empêche je ne pouvais pas rater Obituary, qui fût très bon.

Il fallait que je revoie Iron Maiden, en entier. Le show Legacy of the Beast propose des tubes, rien que des tubes, et des hits Iron Maiden en a bien plus que pour deux heures d’affilée. Cette fois-ci j’étais plus près, assez près pour participer aux pogos sur quelques hymnes imparables. Le show s’ouvre sur Aces High avec un avion dans le décor, un véritable Spitfire de la seconde guerre mondiale. C’est qu’Iron Maiden n’est pas avare d’effets plus où moins grandguignolesques. Durant tout le concert Bruce Dickinson n’a de cesse de courir et de se déguiser pendant que les autres membres du groupe jouent à toute berzingue. Des effets de scènes théâtraux accompagnent Where Eagles Dare, 2 Minutes to Midnight, The Clansman… une bataille s’engage entre Bruce Dickinson et Eddy sur The Trooper. Revelations s’enchaine avec For the Greater Good of God, The Wicker Man fait un carton. Le concert décolle littéralement sur la triplette Sign of the Cross, Flight of Icarus et Fear of the Dark. La pression ne redescendra pas… The Number of the Beast, Iron Maiden, la folie s’empare de moi sur The Evil That Men Do, Hallowed Be Thy Name m’emmène loin, très loin. Run to the Hills laisse le public hagard. Soudain je me rends compte que le gamin qui ne doit pas avoir 18 ans à côté de moi a chanté la plupart des chansons du groupe le sourire aux lèvres, comme moi. Iron Maiden est de ces groupes mythique et intergénérationnel (un coup d’oeil au nombre de T-Shirt portés sur le festival mais aussi dans la vie de tous les jours confirme cette impression, Eddy est une mascotte). En album comme en concert un monde se déploie dans la plupart de leurs chansons. Ces gars n’ont plus rien à prouver ni à eux ni à personne, ce soir-là ils jouaient leurs tubes, visiblement contents d’être là.

Photo : DJ Duclock

(Journal de bord d’un festivalier – Jean-Christophe- Jour 1)

Troisième Hellfest d’affilée et la tradition perdure, toute la semaine précédente, le frémissement sur whatsapp, les préparatifs, la checklist et les retrouvailles annuelles la veille de partir, avec le gros apéro barbecue, ti-punch etc. On se fait notre prog’, sachant que le noyau dur est plutôt mainstream et va osciller entre les deux grandes scènes et moi, je suis plutôt warzone et je vais me balader partout.

Photo : Benoit PLatton

Pour le vendredi, le plus dur est d’arriver à une heure qui nous ferait pas trop perdre d’artistes.

La réalité est tout autre, ce vendredi vers 15h, les portes de l’enfer s’ouvre pour moi et je rate Hard-Ons, groupe australien de ma jeunesse. C’est grâce au HF cela dit que j’ai appris qu’ils étaient toujours vivants, ma lâcheté fut de les avoir abandonné au bord d’une route.

Ce n’est pas si grave, il y a Rose Tattoo, dinosaure encore plus ancien qui va commencer son show sur la Main Stage 1. Ah, dans mon souvenir c’était plus rentre dedans, une mollesse toute relative, Angry Anderson a du mal avec sa voix rock-ailleuse. Deux ou trois lampées de whiskey et ça à l’air d’aller mieux, mais décidément moi je ne rentre pas dedans. Deuxième déception de la journée.

Je fais un habile demi-tour pour me retrouver devant la Main Stage 2 afin d’attendre Converge.
Je découvre le nouveau bar sur la route, en jetant un coup d’oeil à l’intérieur, je vois les fameux tuyaux qui sortent des pipelines de bière. Aussi en mode découverte, les briques autobloquantes de la fosse des mainstages pour, au final, moins de poussières, mais bien évidemment, enfin je le suppose, un nombre d’ecchymoses en augmentation.

Pour Converge et plus tard Meshuggah, le réglage sonore est parfait, cela contraste fortement avec un festival parisien au son absolument dégueulasse connu la semaine précédente, hum hum. Vendredi, c’est vraiment découverte pour moi, les 2 artistes cités plus haut, je ne les avais jamais vu, j’ai préféré, vous l’aurez deviné, Converge.

Entre temps, j’ai pu retourner voir Burning Heads, toujours très efficace sur scène, cette Warzone toujours aussi bien aménagée. J’avais déjà fêté les 30 ans du groupe l’année dernière au festival sur les pointes. Pendant le concert, j’étais près des crashes et à coté de moi, des gars avaient l’air au taquet, surtout un très facile à repérer avec ses grandes chaussettes de basketteurs noires et blanches. Le futur me dira qu’il s’agissait de certains membres de Uncommenmenfrommars.

L’attraction de la semaine était pour la plupart, visiblement, Hollywood Vampires, groupe de Johnny Depp et de ces potes. Alors pourtant pas adepte du concert de 20h et des brouettes sur les grandes scènes, je me suis fait violence. J’ai attendu dans la fosse, le concert a commencé, la foule à acclamer le bellâtre et a presqu’oublié qu’il y avait la légende Alice Cooper à ses côtés.

Après la reprise de Spirit, “I Got the Line on You”, j’ai décidé que c’était suffisant et je suis parti vers le Temple. Le problème que je n’étais pas seul sur le coup et le manque de courage aidant, je pliai bagage après 4 minutes de Sólstafir, pour retourner à la Warzone.

Photo : Florent Dié

Svinkels remplaçant de 7 Seconds, groupe qui a spitté 3 mois avant, après presque 30 ans d’existence, fait le boulot, a une petite pensée pour Limp Bizkit et finit en beauté, toutes guitares dehors avec “Réveille le Punk”.

Rien de tel pour finir la journée de délecter d’un concert de Bad Religion, un grand moment. Et quand Rise Against balance sa musique, l’heure du départ arrive.

Artistes picorés pendant la journée, Steven Wilson, A Perfect Circle et Europe, dont la magie m’a fait juste entendre « The Final Countdown », pile au moment où la gendarmerie passait par là.

 

 

 

 

 

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