Le Hellfest 2022 fut une édition dantesque tant pour son format (une double édition sur deux week-ends, des centaines de groupes alignées sur les six scènes du festival) que pour ses conditions (l’extrême chaleur pour la première levée, la neige fondante ou presque pour la seconde). Présente en nombre le long de ces 7 jours de festival, l’équipe Culturopoing rend ici sa copie sous forme d’abécédaire, les lettres A à M dans un premier temps.

Un article rédigé par Bruno Piszorowicz, Alexis Hunot, Benoit Platton, Emeric Cloche (photos), Jean-Christophe Senouque, Johannes Roger et Olivier Merly

______________________________________________________________________

 

A comme ATTENTE

La position de correspondant de presse donne quelques avantages lorsqu’il s’agit de pénétrer dans une enceinte clôturée où 60.000 personnes sont attendues. Ainsi nous commencerons cet abécédaire en ayant une pensée de compassion pour les centaines de mètres de voitures roulant sur un rythme de funeral doom en direction d’une des aires de parking (l’organisation a communiqué sur « le plus grand parking de France » susceptible d’accueillir jusque 13.000 véhicules) puis sur leurs occupants qui auront, au choix, 1, marcher sur plusieurs kilomètres le long de la route pour rejoindre le site ou 2, attendu entre 1h et 2h l’arrivée d’un bus-navette les acheminant tant bien que mal sur le site.

Attente encore pour entrer cette fois dans le festival, comptez-là aussi l’équivalent de 2 soli de Zakk Wylde ou d’un morceau à tiroirs de Dream Theater, attente pour renflouer son bracelet cashless en espèces virtuelles, attente toujours pour acheter son merchandising et ses goodies, attente enfin pour aller faire pipi/popo, sans parler à la fin de la journée le retour étiré sur, au choix, 1 plusieurs kilomètres à pied ou 2, plusieurs minutes/heures d’attente pour retrouver son véhicule, sortir du parking, rentrer sur Nantes ou faire cap vers le grand est Choletais, rentrer chez soi enfin.

Une pensée de compassion donc, au regard d’un parking sauvage (mais autorisé) non loin du centre historique puis d’une attente longue comme un morceau de Napalm Death avant de rentrer sur le site via l’accès VIP/Presse, son bar de 40m de long, sa restauration, ses toilettes et sa piscine. Aux infortunés festivaliers de base, les nantis reconnaissants.

Mais aussi…  A comme ASTAFFORD MODS

Un petit mot sur la scène « Off » du festival, la Hellfstage pour saluer le groupe Astaffort Mods, une version ageno-bordelaise des Sleaford Mods anglais. Présence sur le line up assez improbable mais au final un bon moment avec notamment Yvon leur pote qui écoute du trash

 

B comme BLACKGAZE

Ou bien comme Post black metal, un style de plus en plus apprécié. Alcest était avec Envy l’un des groupes les plus attendus et le concert fut à la hauteur de cette attente. Commençant leur set avec les morceaux les plus durs, Alcest a assoupli petit à petit l’ambiance pour finir par hypnotiser une foule qui aurait gagné à être un peu plus dense. Lourd et poétique, puissant et éthéré, raffiné et énergique : bravo et merci !

 

C comme CLIMATOLOGIE

On connait le célèbre adage lié à l’opération Barbarossa de la Seconde Guerre Mondiale, adage curieusement adapté aussi à la course cycliste Paris Roubaix : « Le Front de l’est quand il fait beau et chaud il y a plein de poussière et c’est l’enfer. Le Front de l’est lorsqu’il pleut et qu’il y a du vent il y a plein de boue et c’est l’enfer. » Cet adage est parfaitement adapté également au Hellfest, surtout pour cette double édition qui aura eu la « chance » de tomber pour le premier week-end sur une grosse et étouffante canicule et, pour le second, sur des pluies plus ou moins modérées et un font d’air plutôt frisquet, du moins pour les trois premiers jours (le dimanche ayant été bien plus estival). On sait que chaque année d’avant le Covid des records de consommation de bière étaient battus au Hellfest, ce fut cette fois la consommation d’eau qui culmina à des hauteurs vertigineuses avant que le bonnet de pluie et le K-way vintage ne fassent office de crème solaire et de bob Antargaz la seconde semaine. Deux éditions, deux ambiances.

Mais aussi… C comme CHEMIN DE CROIX

En parlant de difficulté de déplacement sur les hautes plaines de l’est, un mot sur le chemin menant de la Warzone à la Valley. Des chemins devrait-on dire puisqu’il, comme pour Barbarossa, trois voies étaient possibles. La voie nord menant directement à la Valley via un détour bitumé vers les mainstages, la voie centrale coupant à travers une dense forêt ou bien la voie sud déboulant tout froid sur l’imposant espace de restauration. Au choix donc mais surtout au petit bonheur selon le degré d’humidité du sol et le mix densité/vitesse de croisière des différentes files indiennes de festivaliers les empruntant.

Les deux scènes se succèdent dans le running-order avec le punk/hardcore d’un côté et le stoner/doom/psyché de l’autre et le plus souvent cinq petites minutes pour aller de l’une à l’autre ; il faut donc faire vite. En arrivant de la Valley à la Warzone il faut savamment jouer des coudes pour se rapprocher de la scène, le tout en restant viril mais correct, rugby’s touch. Pour accéder à la Valley par contre il faut jouer au filou et briser les lignes de défenses par les flancs, Stalingrad’s touch. Deux moments forts de ces allées et venues auront été le concert d’Envy avec une Valley blindée de chez blindée nécessitant de voir une large partie du set à l’extérieur de la tente, frustration suprême. Autre temps fort le concert de Perturbator qui, en ajoutant un batteur à son live, a fait monter la puissance sonore.

Mais aussi… C comme CHAUDRON

Vous venez de le voir, le Hellfest est un grand chaudron où vous pouvez écouter des genres musicaux assez éloignés les uns des autres. Passer de Killing Joke à Rivals Sons puis à Watain en venant de voir Korn peu de temps avant montre l’ampleur du territoire que vous pouvez explorer.

Mais aussi… C comme CTHULHU

Quand Cthulhu apparaît, il y a forcément de la fumée. C’est d’abord ce qu’on retient de la prestation enfumée des Français de The Great Old Ones dont le black metal a su parfaitement recréer l’atmosphère lourde et déroutante de l’univers de Lovecraft. Un concert très agréable, par un groupe manifestement très content d’être là.

 

D comme Dark Wave

D comme Dark Wave, celle tribale et hypnotique de Lili Refrain. Multi-instrumentiste, seule sur scène, la jeune femme joue tour à tour de chaque instruments (caisse claire, tambourin, guitare, claviers…) et sample en direct des boucles mélodiques qu’elle colle ensemble pour pouvoir chanter dessus. Ce numéro virtuose d’équilibriste est assez fascinant. Derrière cette maitrise se cache une artiste humble qui avoue être impressionnée par ce premier Hellfest. Gallop d’essai parfaitement réussi.

Mais aussi… D comme DANSE

D comme Dark Wave donc mais on aurait tout aussi bien pu citer P comme Pogo ou bien S comme Slam, sinon C comme Circle of Death et W comme Wall of Death ou enfin H comme Hair Guitar… C’est un fait souvent peu mis en avant mais beaucoup de monde danse au Hellfest, seul ou bien à plusieurs et sur tout type de musique, du Black Metal au Metal Symphonique en passant par le Punk, Hair Metal ou le Nu Metal.

Mais aussi… D comme DOUBLE SET

Nous aurons donc pu assister en l’espace de quelques jours à deux concerts de groupes du calibre de Megadeth ou Killing Joke. Si l’un et l’autre firent doublement l’étalage de leur superbe (mention à un Megadeth classieux comme rarement), il n’en sera pas de même pour les cancres d’Airbourne, ceux qui avaient le choix entre le style d’AC/DC et le talent d’AC/DC pour paraphraser Coluche, deux prestations en mode copie carbone et surtout peu marquantes, même si ce jugement reste strictement subjectif (enfin plusieurs rédacteurs le partagent chez nous) au regard du superbe accueil reçu. Disons-le.

 

E comme EAU

Une denrée précieuse en enfer. Les deux cascades ont rafraîchi les festivalières et les festivaliers lors des journées les plus chaudes. C’est sûrement l’attraction la plus utilisée par beau temps. Et en plus de faire de beaux dessins, elles offrent de belles photos.

Mais aussi… E comme Etoile Des Sheriff…

En raison de l’annulation de Goldfinger le running ordre a été modifié et Les Sheriff se retrouvent frontalement face à Alice Cooper dont le souvenir de sa dernière prestation ici augure du meilleur. Le sieur Furnier ne peut rien pourtant face à certains premiers amours, celui du punk français historique et sudiste des Sheriff dont le répertoire n’a plus de secret depuis bien longtemps.

C’est donc sous une pluie battante et devant une Warzone initialement clairsemée que les Sheriff attaquent. Ils vont rapidement réchauffer l’arène à la chaleur de leurs missiles. Les quelques titres de leur dernier album sonnent vraiment bien au milieu des anciens titres, vingt titres au final donc, tous joués sans temps mort et avec le feu sacré.

 

F comme FRONTIÈRES

Jinjer et Zeal & Ardor mais aussi des groupes plus anciens comme Korn abolissent petit à petits les frontières entre les genres, en mélangeant allègrement et avec plus ou moins de bonheur les sous-genres du Metal. Un mot notamment sur Zeal & Ardor et son mélange de Black Metal et de Negro Spiritual (il fallait y penser). Ce groupe fut un choc et une découverte pour nombre de festivaliers très vite conquis par l’efficacité de pareille formule. Les trois chanteurs alternent chant soul/gospel et voix criardes black sur des compositions d’une richesse et d’un punch incroyables. Apparemment très attendu, il ne leur faut pas cinq minutes pour mettre le feu au Temple. Sans conteste LA révélation de ce Hellfest pour beaucoup !

Mais aussi… F comme FRUSTRATION

L’excellent groupe français Frustration semble être devenu le Wampas du Post Punk et écume tous les festivals français, des Vieilles Charrues au Hellfest en passant par Rock en Seine. Ils sont en tous les cas très forts pour se mettre à chaque fois le public dans leur poche, que cela soit musicalement comme du côté des petites vannes lâchées plus ou moins gaillardement au micro entre deux chansons (« Ça fait du bien des claviers dans vos gueules » au hasard).

 

G comme GERMAINS

Difficile d’imaginer qu’un jour le Hellfest ne puisse avoir lieu sans le moindre groupe d’outre-Rhin. Cette fois ce furent donc Heaven Shall Burn, Running Wild, Michael Shenker Group, Doro, Kreator, Blind Guardian, Kadavar, Helloween ou encore Scorpions qui auront été de passage. Un mot sur la prestation d’un Michael Shenker épatant de fraîcheur avec un set en forme de best of d’une certaine idée du metal (celui de la tournure 70s/80s) avec des titres ancrés depuis dans la légende, que cela soit du côté de UFO (« Doctor Doctor », « Too Hot To Handle » et « Rock Bottom ») ou de son MSG (« Into The Arena », « Armed And Ready »). Ses frères ennemis des Scorpions auront également rempli leur part du contrat avec un set attendu et sans guère de coups de mou malgré un terrible enchainement « Send Me An Angel » et « Wind Of Change ». A noter la présence de Phil Campbell pour le « Rock You Like A Hurricane » final. Un mot sinon sur le set de Helloween et son « discret » batteur lesté de quatre grosses caisses et de doubles pédales tout en étant juché sur une citrouille géante ; de la démesure de qualité.

Mais aussi… G comme GAEREA

Gaerea c’est du « Black à cagoule » comme le définit avec justesse un spectateur lors du concert, un style occulte et anonyme riche pourtant en talents (citons sans être exhaustif Batushka, Cult of Fire, MGLA…). La musique du jeune trio (deux albums seulement) est plutôt convaincante. Dynamique et sans temps mort, le show emporte facilement l’adhésion des amateurs de cagoule, une gageure avec cette chaleur.

Mais aussi… G comme GHAALS WYRD

Le troisième jour du WE1 fut marqué par une chute relative des températures et Ghaals Wyrd n’y était sans doute pas pour rien avec son black metal incarné. Figure historique (et donc controversée) du style, Ghaal était bien là pour délivrer son show plein de morgue, entouré de musiciens au taquet, de fumées diaboliques et de lumières rouges comme l’enfer. Quand on aime le genre, c’est déjà largement suffisant.

 

H comme HEILUNG

Juste après les teutons farceurs d’Helloween se tenait une grand Mess sous la Temple avec un des groupes les plus attendus par certains d’entre nous de cette double édition : Heilung. La difficulté était déjà se rejoindre le massif chapiteau en venant des Mainstages car les fans de Klaus Meine (petits et grands avec d’ailleurs pas mal de jeunes dans l’assistance) s’agglutinaient devant la Mainstage 1 et rendaient les déplacements pour le moins aléatoires. Il restait heureusement du temps avant que ne commence le concert d’Heilung. Une percée à droite, une autre à gauche, une vaine tentative de creuser un tunnel, rien à faire… Dernière manœuvre possible (hormis un survol en slam mais bon), celle du demi-tour puis du contournement total… et ça marche !!! Nous voilà enfin en terre païenne (et bien placé qui plus est) en temps et en heure, ouf !

Tout comme Dead Can Dance, Heilung est l’un des plus beaux chocs musicaux de ces quarante dernières années, rien que ça. Les deux formations ont en commun de défier les étiquettes et les classements. Heilung fonctionne comme une tribu, une troupe de théâtre. Après qu’un étrange sorcier shamanique soit venu bruler des herbes pour purifier la salle, les musiciens entrent en scène. Ils forment un cercle et exécutent un cérémonial dont eux-seuls connaissent le sens. Le show peut commencer. Dès les premiers instants c’est l’envoutement total, les skalds guerriers de Kai Uwe Faust, le chant quasi animal de Maria Franz, c’est parti pour l’un des plus beaux voyages du festival. La setlist colle à peu près à celle de « Lifa » à l’exception des deux derniers morceaux inédits. L’un raconte le sacrifice puis la résurrection d’une jeune guerrière, l’autre est un sabbat de folie ou la troupe rentre en trance. C’est ce morceau qui clôture la soirée et laisse le spectateur abasourdi. « Le meilleur concert de la journée » dira une spectatrice tout juste derrière nous, « Le meilleur tout court » nous corrigerons…

Mais aussi… H comme HAUT DE L’AFFICHE

Si les groupes en tête d’affiche restent des classiques des années 70 et 80 (Deep Purple, Judas Priest, Scorpions, Guns N’Roses, Metallica…) débordant un peu sur les années 90… les nouveautés se hissent petit à petit vers le haut. Nul doute que Jinjer ou Zeal & Ardor se retrouveront bientôt à leur place et tout à côté d’un Gojira ou d’un Ghost en vedette cette année. En attendant les anciens ont plutôt convaincu malgré le poids des ans (un Priest en mode Diesel Lover) et le je men foutisme apparent (allo Axl ?). Un mot sur le concert de Metallica. Si le Hellfest s’est trouvé depuis plusieurs années un vaste public ouverte aux quatre vents du rock/hard rock/metal et souvent en pleine cohabitation avec le public venu pour la grosse majorité du programme (le punk, hardcore, death, black, grind, psyché, doom, stoner, metalcore et j’en oublie), le choc n’aura jamais été aussi rude en fait que le dimanche, jour de clôture et de Metallica, avec un public amassé dés la fin de l’après-midi en face devant la Mainstage 1 et globalement (très largement globalement) peu concerné par le reste des scènes et du programme. Il y a aujourd’hui deux écoles parmi les fans des Four Horsemen, celle qui ne jure que par les premiers albums et qui voient dans le Black Album l’album de la rupture et celle qui a découvert le groupe avec « Enter Sandman » et « Nothing Else Matters » (ou bien le clip de « One » quelques années plus tôt)… A en juger par l’affluence clairsemée faisant face à Mercyful Fate (l’une des racines musicales les plus profondes du tandem Lars/James) quelques minutes avant le lancement de l’intro Ecstasy Of Gold il faut en conclure que l’essentiel du public massé devant la mainstage 1 autour de 22h ce dimanche était branché RTL2.

Mais aussi… H comme HECTARE

14 Hectares. Oui, le Hellfest s’étend sur 14 Hectares. Pour 450 000 Spectateurs sur 7 Jours de festival avec un budget de 53 Millions d’Euros. Un hectare c’est une surface carrée de 100 mètres de côté qui équivaut à 10 000 mètres carré. Ce qui nous fait donc 140 000 mètres carré. Ce qui nous fait 112 piscines olympiques, rafraîchissant n’est-ce pas ?

 

 

I comme INDUS

Il aurait pu être notamment question de Godflesh ici, mais non. La chance de voir (enfin putain !) deux groupes de chevet, Ministry et Nine Inch Nails rendit ce second vendredi Hellfestien plus qu’électrique. Les premiers nommés rendirent une belle copie, notamment un monstrueux enchainement « N.W.O », « Just One Fix », « Thieves » et « So What » là où le groupe de Trent Reznor rendit simplement fou. Une foule attentive et dense en prenait pour son grade face à l’une des formations les plus importantes du rock « moderne », le double final « Head Like A Hole » et « Hurt » devant suffire à convaincre (et séduire), tant musicalement que textuellement et scéniquement, ceux qui en douteraient encore.

Mais aussi… I comme IPECA

Il s’agit bien évidemment dyslexiquement parlant d’Epica, dégusté de loin entre un peu de repos et une attente au stand du merchandising. De quoi se prendre au jeu toutefois, malgré une aversion toute subjective pour pareil style musical, un concert énergique et très réussi entre un décorum conséquent (brrr les serpents !) et un keyboardiste en roue libre (bain de foule avec son clavier portable, sur un skate en jouant avec l’autre, bah tiens).

 

J comme JAPON

Quatre groupes japonais étaient présents cette année rien que pour le premier week-end du Hellfest. De manière très très subjective (Alexis), trois d’entre eux auront fourni les meilleurs moments de toute cette première levée. Mono et Envy furent sûrement les deux meilleurs concerts et Maximum the Hormone celui le plus fun et dansant (oui oui plus que Steel Panther). Le début du concert mit de suite le public dans l’ambiance lorsque la batteuse demanda au public si le Japon était synonyme de Geïsha et/ou de Samouraïs avant de répondre par la négative et de lui faire hurler un magnifique « Kamehameha », le fameux cri de Goku dans Dragonball !

Mais aussi… J comme JEUNES POUSSES

Dans le top des artistes aux concerts doctement fréquentés dès que l’occasion se présente les jeunes français de Pogo Car Crash Control (P3C pour les intimes) et Slift sont à mettre en avant et à saluer. Tous deux placés l’après-midi sur la Warzone pour les uns (P3C, vendredi 24 juin) et la Valley pour les autres (Slift, samedi 25 juin) ils ont délivré l’un et l’autre une superbe prestation et démontré ainsi tout leur potentiel respectif Qu’on se le dise !

 

K comme K D’ÉCOLE (ou K d’école)

Premier K d’école avec Kadavar qui a eu la lourde tâche de faire face à la tête d’affiche du second samedi, Guns N’Roses. Les allemands fournirent à la Valley un set magnifique et puissant de Desert Rock sentant bon les 70’s en ponctionnant grassement dans ce qui est leur meilleur album (Berlin) et ce, dès l’entame (« Lord of the Sky » et « Last Living Dinosaur »). A noter également leur reprise dynamite de « Helter Skelter » de Mötle… des Beatles.

Second « K décolle » avec ce qui fut le premier concert du Hellfest 2022 des Killing Joke, la nuit venue du côté de la vallée et tandis que Gojira enflammait les Mainstages, une explication sans doute à une affluence plus ou moins clairsemée qui faisait face à ces glorieuses figures du rock bruitiste, élégant et arty. Gros fan de Jaz depuis toujours, l’excitation était palpable peu avant le lancement des hostilités, d’autant que le groupe s’amusait sur cette tournée à entamer leur set avec ce qui est son plus gros succès, sa meilleure chanson aussi, « Love Like Blood ». Stupeur donc lorsque « Wardance » raisonne ! La setlist resta cependant magnifique nonobstant cette brève suée et l’air bien connu de « Love Like Blood » raisonnera enfin au milieu des « Requiem », « Pandemonium », « Bloodsport », « Psyche » ou encore « The Wait ». Au final un concert génial au son impeccable et avec un Jaz Coleman nous gratifiant de ses meilleures poses de psychopathes.

 

Mais aussi… K comme KT-SCHISME

Samedi 19 juin, Temple. Coup sur coup (merci aux vétérans canadiens d’Exciter d’avoir fait la transition de l’un à l’autre du côté de l’Altar) le public se cogna Kampfar puis Taake. Pour défendre le black/pagan enneigé des norvégiens premiers nommés il fallait du courage, de la volonté et de l’efficacité. Comme à son habitude, Kampfar a réussi à tout conjuguer, même si le public sans doute étourdi par le soleil de midi (faites-les jouer à minuit la fois prochaine) aurait pu être plus réceptif. Taake, c’est toujours bien en principe mais quelle drôle d’idée pour le frontman sous ce cagnard à ne pas mettre un black metalleux dehors d’avoir revêtu une lourde cape lors de son set ! Une explication sans doute à l’ambiance un peu anesthésiée du concert là où le groupe brille toujours par son énergie et sa puissance.

 

L comme LEMMY

Une belle et massive nouvelle statue à l’effigie de l’idole trône du côté de l’espace restauration près de la Warzone (et de la zone dédiée au Muscadet, un bel hommage à la vie et là la carrière de notre bon Lemmy). Un bel hommage lui fut rendu en présence de ses anciens acolytes Mikkey Dee et Phil Campbell, de même que par les Scorpions (toujours en compagnie de Phil Campbell) à la fin de leur set.

En parlant du guitariste gallois, un mot sur la prestation du Phil Campbell And The Bastards Sons. A l’instar d’un Peter Hook qui reprend en tournée les morceaux de Joy Division avec son fils, l’ami Phil joue bien évidemment du Mötörhead avec ses trois rejetons. On est en terrain connu, le public reprend en cœur les paroles des morceaux, il fait beau, tout le monde est content d’être là. Il manque juste la voix rocailleuse du brave Lemmy.

© Tous droits réservés. Culturopoing.com est un site intégralement bénévole (Association de loi 1901) et respecte les droits d’auteur, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos visibles sur le site ne sont là qu’à titre illustratif, non dans un but d’exploitation commerciale et ne sont pas la propriété de Culturopoing. Néanmoins, si une photographie avait malgré tout échappé à notre contrôle, elle sera de fait enlevée immédiatement. Nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur – anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe.
Merci de contacter Bruno Piszczorowicz (lebornu@hotmail.com) ou Olivier Rossignot (culturopoingcinema@gmail.com).

A propos de CulturoCrew

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site est protégé par reCAPTCHA et la Politique de confidentialité, ainsi que les Conditions de service Google s’appliquent.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.