Interview de Jean-Philippe Bruttmann, un des organisateurs du Vercors Musique Festival organisé du 6 au 10 juillet prochain du côté d’Autrans et qui sera doctement suivi sur Culturopoing.com entre report et interviews de divers artistes s’y produisant.

A propos de la ligne de la programmation.

JP Bruttmann : La ligne éditoriale de la programmation vient de la volonté d’avoir une musique qui accompagnerait le développement du festival sur le territoire. Deux choses fondamentales : le festival est un objet dédié à tous les publics dont la ligne a toujours été d’abord de privilégier la musique acoustique, évidemment les interprètes sur le plateau en live, le tout dans un panel très large allant du Jazz au reggae, en passant par les musiques électroniques et par ce qu’on appelle la variété internationale. Le cahier des charges intègre aussi à part entière des groupes régionaux. Le niveau d’exigence de la programmation ne nous permet pas de passer tous les groupes locaux. (Ndlr : ainsi sont programmés le mythique groupe de Dub Lyonnais, High Tone, le groupe isérois,  Ma Pauvre Lucette, le collectif Hip Hop Lyonnais L’animalerie (aux prestations plutôt rares), le rappeur grenoblois Kespar pour ne citer que les plus connus d’entre eux). Nous avons depuis le début voulu valoriser les groupes régionaux dans une programmation par ailleurs internationale. L’international fait partie intégrale du cahier des charges de la programmation. Cette année nous avons Asaf Avidan, Les Tambours du Bronx, Arthur H….des artistes reconnus de tous les publics. Bien sûr il y a tous ceux qui montent, comme Bagarre, GièdRé, Caballero & JeanJass….

Comme c’est un projet de territoire, c’est très important que les bénévoles, les associations du plateau du Vercors, les élus soient à la manœuvre pour nous aider à développer le projet et mordent à l’hameçon. Nous sommes dans un modèle de développement durable sans courbe de croissance démesurée. Celle du festival suit d’ailleurs celle du village d’Autrans. Les choses fonctionnent de pairs. Les concerts gratuits qui sont proposés, ne sont pas gratuits, comme vous le savez. Ils ont un coût qui est absorbé par le festival pour ensuite pouvoir proposer des scènes gratuites. Qu’on ne se trompe pas, les artistes sont payés et le spectacle est offert sur les scènes gratuites.  Nous nous sommes aperçus progressivement qu’il y avait un public fidèle et c’est vers eux que l’appel d’air est envoyé pour élargir notre publique à la jeunesse et à une fréquentation géographique plus lointaine.

Cette année nous avons ouvert un peu plus vers les 15/25 ans. La billetterie pour « BigFlo et Oli » a déjà explosé.

Nous allons aussi d’avantage vers l’électro et une fois de plus vers les jeunes. Les bénévoles aussi nous font remonter leurs impressions sur la programmation et nous essayons d’en tenir compte. On sent qu’il y a un engouement un peu nouveau autour du festival.

La culture est un outil de développent d’un territoire. Si on ne comprend pas ça on est loin de la vérité. Oublier les jeunes dans le développement d’une organisation culturelle est une erreur grave trop souvent commise. La politique tarifaire est très ouverte. C’est une préoccupation du festival et des élus locaux de ne pas vouloir laisser les jeunes de côtés, à traîner dans les rues du village tandis qu’il y a les concerts à côté. Pour un prix unique assez réduit vous pouvez avoir accès à tous les spectacles gratuits avant le concert sous le chapiteau.

VK : Le bilan des éditions précédentes permet- de penser à une implantation durable du Festival ?

JPB : Tout le monde a acté l’implantation du festival et la SPEDIDAM[1] à valider pour les 3 années à venir. Les communes suivront à priori et très important le public, de 5000 la première année, à pas loin de 15 000 l’année dernière. On n’a pas une politique de croissance à tout crin. Le but n’est pas de faire plus que ce que le territoire peut supporter. L’idée est de développer tranquillement tout ça avec une population qui accueille, et qui accueille très bien. L’idée est de rester à taille humaine pour le plateau.

Pour finir de dresser le tableau le dernier mot sera laissé à Lullaby, l’agence de communication qui travaille sur le festival :

Le Vercors Music Festival connait une belle progression de fréquentation, mais reste un événement familial et à taille humaine. Après le succès des deux premières éditions qui avaient accueilli plus de 5 000 spectateurs en 2015 et 11 500 en 2016, l’an dernier ce sont bien 15 000 festivaliers qui ont profité des 5 jours de concerts.
Pour sa quatrième édition du 06 au 10 juillet prochains, le festival propose une programmation de 30 concerts mêlant rock, electro, pop, musiques du monde.
Le Vercors Summer Camp propose à nouveau cette année un panel d’activités autour de l’écologie.

 

Alors, vous en serez ? Une affiche pareille dans un tel cadre, ça ne se refuse pas !

 

Le site pour tout savoir sur le festival et sa programmation.

http://www.vercorsmusicfestival.com/p/presentation-du-festival/

http://www.vercorsmusicfestival.com/

L’agence qui s’occupe de la comm du festival : http://www.lullabycom.fr/

A suivre sur Culturopoing : des interviews et des photos, pendant le festival.


[1] https://spedidam.fr/

A propos de Vasken Koutoudjian

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