Cette année à nouveau, comparez votre liste de lectures 2014 avec celles de nos rédacteurs… Et n’oubliez pas vos petits libraires qui se feront un plaisir de commander les ouvrages qu’ils n’ont pas en stock !

MEILLEUR ROMAN FRANÇAIS 2014

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Julien Cassefieres : Hervé Le Corre – “Après la guerre” (Ed. Payot/Rivages)

Un thriller passionnant marqué par une profonde noirceur tant dans la trame que la forme. (Re)lire l’article

Sarah Despoisse : Eric Reinhardt – “L’amour et les forêts” ( Ed. Gallimard)

Ce livre sur l’amour et la liberté se lit d’un bout à l’autre, sans répit, et résonne encore longtemps après la lecture. (Re)lire l’article

Elysia et Fiolof : Olivia Rosenthal – “Mécanismes de survie en milieu hostile” (Ed. Verticales)

Une série de récits hantés par la mort, la peur, la culpabilité et où se mêlent fiction et souvenir. O. Rosenthal interroge les forces obscures qui travaillent l’écriture au plus profond. Un texte d’une très grande force. (Re)lire l’article

Alban Orsini : Antoine Wauters – “Nos Mères” (Ed. Verdier)

Un livre à l’écriture maîtrisée de bout en bout, une poésie et une sensibilité exacerbées au possible. Explorant l’être mère, l’auteur nous propose ici un texte aux allures cocon. Magnifique autant que délicat.

Bruno Piszczorowicz : Maylis de Kerangal – “Réparer Les Vivants” (Ed. Verticales)

Une journée dans la vie (et la mort) de quelques-uns de nos contemporains, de l’aube à l’aube, avec une écriture riche mais pudique, bouleversante le plus souvent.

Olivier Rossignot : Mathieu Lindon – “Les Hommes tremblent” (Ed. P.O.L)

Il ne serait pas étonnant que Mathieu Lindon se soit souvenu du Locataire Chimérique de Roland Topor pour croquer imaginer “Les hommes qui tremblent” et son immeuble de voisins banals, tant cette intrigue où l’excès de réel finit le conduire à un bizarre presque fantastique rappelle étrangement et nous enferme rapidement dans cet espace clôt, déversant peu à peu un humour à la fois coupant et anxiogène. L’arrivée de Martin le SDF dans un lieu apparemment si tranquille se fait le catalyseur de tous les préjugés, les intolérances, nos travers, notre mauvaise conscience. Et c’est bien là que M.Lindon est particulièrement doué, dans cette capacité à nous déstabiliser sur nos propres certitudes et de s’échapper rapidement du constat d’une France xénophobe et antipathique pour lui préférer une étrangeté qui a la saveur de l’Enfer, un enfer qui reste toujours le notre, puisque nous en sommes les créateurs.

MEILLEUR ROMAN ÉTRANGER 2014

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Julien Cassefieres : David Peace – “Rouge ou mort” (Ed. Payot/Rivages)

Amateurs de foot ou pas, le livre de David Peace est à conseiller. Pour les premiers, il donnera une vision du football très différente de celui d’aujourd’hui. Pour les seconds, il apportera un éclairage sur un sport dépassant son cadre sportif et constituant, par certains aspects, un miroir de la société. (Re)lire l’article

Sarah Despoisse : Ian McEwan – “Opération Sweet Tooth” (Ed. Gallimard)

Entre amour et patrie, à travers d’excellents personnages, Ian McEwan parvient à dérouler une fiction passionnante, sur un fond de réalité tout aussi intéressant. (Re)lire l’article

Elysia : Benjamin Wood – “Le Complexe d’Eden Bellwether” (Ed. Zulma)

Fiolof : Graciliano Ramos – “Vies arides” (Ed. Chandeigne)

A travers une série de courtes histoires interconnectées, G.Ramos nous expose la vie misérable d’une famille du Nordeste brésilien. Un chef d’œuvre de réalisme, sombre et sans concession, qui bouleversa les canons de la littérature brésilienne lors de sa première parution à la fin des années trente.

Bruno Piszczorowicz : Arnaldur Indridason – “Le Duel” (Ed. Métailié)

Polar islandais sur fond de guerre froide et de championnat du monde d’échecs sis à Reikjavik en 1972. Une histoire assez classique mais un décor de choix et une ambiance parfaitement palpable.

Olivier Rossignot : Nell Leyshon – “La Couleur du Lait” (Ed. Phébus)

C’est aussi un coup de cœur. Ce fabuleux portrait de femme par une femme semble poursuivre directement le chemin tracé par Thomas Hardy, en évoquant le parcours d’une jeune fermière invitée à travailler dans un presbytère aux côtés d’un Pasteur, dans le Dorset des années 1830. Avec ses mots, ses maladresses, ses fautes, Mary raconte son histoire au fil des saisons, dans une écriture si brute qu’elle explose dans une poésie du vécu, du regard vrai. Régulièrement nous prend l’envie de noter des phrases tant elles nous saisissent. Au delà de l’exercice littéraire virtuose, on croit à chacun de ses mots, on est bouleversé par l’histoire de cette héroïne qui ne parvient pas à se taire, comme une cousine de la renarde sauvageonne de Mary Webb. Sublime.

MEILLEURE BANDE-DESSINÉE 2014

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Julien Cassefieres : Max Cabanes & Doug Headline / Manchette – “Fatale” (Ed. Dupuis)

Après « La princesse du sang », Max Cabanes poursuit l’exploration de l’œuvre de Manchette. Ici, il restitue avec talent l’ambiance d’une bourgeoisie provinciale à travers l’arrivée d’une jeune femme dont le mystère autour de sa personne égale son charme ravageur. L’expressivité des personnages et les couleurs retenus pour illustrer l’histoire font de ce livre une réussite pour ce dessinateur atypique dont l’œuvre polymorphe ne cesse d’étonner.

Sarah Despoisse : Hervé Bourhis – “Le Teckel” (Ed. Casterman)

Une virée cynique et réjouissante au pays des VRP dans le secteur pharmaceutique, en compagnie d’un duo haut en couleurs.

Fiolof : Abdelkader Benchamma – “Random” (Ed. L’Association)

Un roman graphique hors-normes et qui bouscule toutes les conventions. Le récit bichromique d’une apocalypse. Sur plus de 250 pages de très grand format, on suit des matières en fusion, des tsunamis intergalactiques, des collusions minérales, des soulèvements organiques, des pluies foudroyantes. Les hommes et les végétaux n’apparaissent que très rarement, presque indistinctement, tels les pâles figurants d’un désastre qui les dépasse. Epoustouflant.

Bruno Piszczorowicz : François et Emmanuel Lepage – “La Lune est Blanche” (Ed. Futuropolis)

Une plongée au-cœur de l’Antarctique entre bande-dessinée et photographies, un documentaire haletant et fascinant.

Olivier Rossignot : Guido Crepax – “Frankenstein : Suivi de Dracula” (Ed. Actes Sud)

Le génie du fumetti érotique et fantastique, créateur de Valentina revisite Dracula et Frankenstein pour un tourbillon fantasmatique qui semble extirper toute la teneur psychanalytique de ces chefs d’oeuvres du gothique. Certes l’érotisme tant attendu est bien présent, mais ce qui frappe plus encore, c’est la folie du trait qui transforme la chair en paysage labyrinthique, les poils pubiens en volutes. La folie de Crépax éclate, comme si Stoker et Shelley lui donner l’occasion de laisser une fois de plus libre court à son imagination onirique et sensuelle. Un voyage charnel et inquiétant où la trivialité loin d’exclure le romantisme, le porte en elle.

MEILLEUR ESSAI 2014

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Julien Cassefieres : Jeremy Scahill – “Dirty wars – Le nouvel art de la guerre” (Ed. Lux)

Jeremy Scahill livre une enquête passionnante sur la désastreuse politique militaire et diplomatique de la plus grande puissance du monde. (Re)lire l’article

Sarah Despoisse : Anna Topaloff – “La tyrannie des parents d’élèves” (Ed. Fayard)

A travers cette enquête représentative et bien documentée, le constat de cette école en crise est sérieux et préoccupant. (Re)lire l’article

ElysiaRoberto Saviano –  “Extra pure. Voyage dans l’économie de la cocaïne” (Ed. Gallimard)

Fiolof : Rodolphe Barry – “Devenir Carver” (Ed. Finitude)

Une biographie alerte et sensible du grand écrivain américain. Un livre qui nous plonge au cœur d’une vie tumultueuse entièrement vouée à l’écriture.

Alban Orsini : Ruwen Ogien – “Philosopher ou Faire l’Amour” (Ed. Grasset)

Loin des éloges faites à cette idée bluette d’une nécessité de l’amour (Badiou et consorts), Ruwen Ogien nous propose ici de nous interroger sur le bien fondé des clichés concernant l’amour, ce sentiment guimauve placé en parangon du bonheur. C’est drôle, un brin cynique et sacrément pertinent.

Bruno Piszczorowicz : Tzetan Todorov – “La Peinture des Lumières de Watteau à Goya” (Ed. Seuil)

Dans la continuité de son passionnant Eloge du Quotidien : Essai sur la peinture hollandaise du XVIIè siècle, on y plonge avec délice.

MEILLEUR ALBUM JEUNESSE 2014

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Sarah Despoisse : Maylis de Kerangal & Tom Haugomat – “Hors-pistes” (Ed. Thierry Magnier)

Un texte ciselé et des illustrations parfaites. (Re)lire l’article

Bruno Piszczorowicz : Frédérique Bertrand & Michael Leblond  – “Paris en Pyjamarama” (Ed. du Rouergue)

Belle promenade dans la plus belle ville du monde en pyjama (et avec les yeux qui brillent).

MEILLEUR ROMAN JEUNESSE 2014

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Sarah Despoisse : Bruno Albert-Gondrand – “Artis ou Les tribulations orientales d’un jeune homme de bonne fortune” (Ed. Hongfei Cultures)

Un roman jeunesse délicat, adroit et plein d’humour, qui plaira à tous les jeunes lecteurs en quête d’aventure. (Re)lire l’article

Bruno Piszczorowicz : Ransom Riggs – “Miss Peregrine et les Enfants particuliers : Hollow City” (Ed. Bayard Jeunesse)

Le second volume de cette remarquable histoire entre rêve, cauchemar et réalité.

COUP DE CŒUR 2014

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Julien Cassefieres : Le prix Nobel de littérature décerné à Patrick Modiano.

Sarah Despoisse : Laurent Gaudé / Benjamin Bachelier – “Le soleil des Scorta” (Ed. Tishina)

La belle version illustrée de l’excellent roman de Laurent Gaudé, dessins à l’aquarelle par Benjamin Bachelier.

Elysia : Dana Spiotta – “Eat The Document” (Ed. Actes Sud)

Fiolof : Pierre Desproges – “Encore des nouilles” (Ed. Les Echappées)

Rassemblées en un seul ouvrage, voici les chroniques culinaires, irrésistibles de drôlerie, d’impertinence et d’inventivité, que Pierre Desproges rédigea pour le pourtant très sérieux Cuisine et vins de France entre septembre 1984 et novembre 1985.

Bruno Piszczorowicz : Alban Orsini – “Avec Maman” (Ed. Chiflet)

Joli recueil qui a touché tous ceux autour de moi qui ont pu (enfin voulu) le lire.

Olivier Rossignot : “Midi-Minuit Fantastique – tome 1” (Ed. Rouge Profond)

La sortie du premier tome de l’intégrale Midi-Minuit, cette gigantesque revue sur le cinéma fantastique ancêtre de toutes les autres, qui se payait le luxe d’être à la fois critique et littéraire et se faisait pont entre tous les Arts de l’imaginaire : livres, cinéma, peintures. Magnifique édition proposée par Rouge Profond.

COUP DE GUEULE 2014

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Julien Cassefieres : La nouvelle direction de France Inter et sa grille de programmes. Coup de chapeau à l’équipe de Fakir pour leur initiative de l’Air à France Inter.

Sarah Despoisse : Jonathan Franzen – “Freedom” (Ed. Points)

Enfin l’occasion de lire ce roman dont on a tant vanté les mérites, pour une déception à la hauteur de sa couverture presse. Long, bavard, ennuyeux, complaisant.

Elysia : On ne te dit pas merci pour ce moment, Valérie.

Fiolof : Eric Fassin, Carine Fouteau, Serge Guichard, Aurélie Windels – “Roms & riverains, Une politique municipale de la race” (La fabrique Ed.)

Le sociologue et ses co-auteurs décryptent et mettent à jour les rouages idéologiques et politiques qui sous-tendent la fronde menée aujourd’hui à l’encontre des populations roms en France. Un coup de gueule lumineux — précis, documenté et pédagogique. (Re)lire l’article

Alban Orsini : Edouard Louis – “En Finir avec Eddy Bellegueule” (Ed. Seuil)

Si le propos est aussi important que nécessaire (dénoncer l’homophobie la plus crasse), le procédé manque terriblement de classe. Oscillant entre autobiographie et roman, le livre du jeune Edouard Louis finit par agacer à trop vouloir lorgner du côté putassier et du choquant pour atteindre le lecteur, plaçant son auteur au centre de tout. C’est malhonnête au possible, certaines scènes étant clairement écrites dans le seul but de déranger (une partouze d’enfants de 9 ans ? Franchement ?) alors que le propos méritait plus de précision, de modestie et de respect. Parce qu’il a pris le parti d’évoquer sa propre enfance, le procédé utilisé par Edouard Louis ne fonctionne absolument pas, énerve et finit même par phagocyter le message du livre. Une purge d’indigence qui tape complètement à côté et dessert son propos. 

 

MEILLEURE REDÉCOUVERTE 2014

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Julien Cassefieres : Emile Zola – “La conquête de Plassans”

Moins connu que Germinal ou l’Assommoir,  ce quatrième tome de la saga des Rougon-Macquart se singularise d’abord par les thèmes abordés par Zola. Il décrit ainsi la descente aux enfers d’un homme, Francois Mouret, touché par la folie. L’intrigue se noue autour d’une lutte d’influence entre légitimistes et bonapartistes orchestré par l’abbé Faujas. A découvrir.

Roger Martin du Gard – “Les Thibault” 

Avec cette fresque familiale, Roger Martin Du Gard, prix Nobel de littérature, suit le destin de deux frères, Jacques et Antoine, dans la France du début du XXe siècle. L’épopée de ces frères que tout oppose s’étend sur huit romans dont l’apogée est L’été 1914. Dans ce roman-fleuve, Roger Martin Du Gard, chantre du pacifisme, fait revivre la montée des tensions internationales et l’impuissance des individus face à la marche de l’Histoire.

Sarah Despoisse : Yannick Grannec – “La déesse des petites victoires”

Entre science, histoire et fiction, la vie d’un mathématicien proche d’Einstein et de sa femme Adèle ou comment vivre avec la passion dévorante de son conjoint. Très intéressant (et accessible quel que soit le niveau de mathématiques du lecteur).

Gaëlle Josse – “Noces de neige”

Deux destinées de femmes dans un train Nice-Moscou, à deux époques différentes. Captivant et très bien écrit.

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Elysia : Joyce Carol Oates

Fiolof : Charles Bukowski – “Les jours s’en vont comme des chevaux sauvages dans les collines”
L’un des plus beaux recueils de poésie du célèbre écrivain américain, hélas si souvent réduit à la seule image sulfureuse qu’il a laissée dans les médias. On retrouve ici une écriture forte, dérangeante et parfois déchirante.

Alban Orsini : Ken Kesey – “Et quelquefois j’ai comme une grande idée”

L’éditeur incontournable du moment, Monsieur Toussaint Louverture, nous propose la première traduction française du roman culte de l’auteur de Vol Au-Dessus d’un Nid de Coucou et chef de file des Merry Pranksters : Ken Kesey. Totalement hallucinant, ce roman-fleuve se développe autour d’un procédé narratif exigeant et extrêmement ingénieux, d’une évocation brillante des rapports fraternels ainsi que d’une description d’une nature dangereuse autant qu’omniprésente. Un incontournable de la littérature américaine.

Grisélidis Réal – “Le noir est une couleur” / Roland Topor – “Le locataire chimérique”

Face à une littérature consensuelle aseptisée et dégoulinante, à une certaine forme de poésie un peu trop sucrée manquant cruellement d’envergure et de corps, il est bon de renouer avec une certaine forme de densité du sens autant que de la forme. Deux incontournables qu’on prend plaisir à redécouvrir.  

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Bruno Piszczorowicz : Hossian Brown – “Haunted Air”

Un recueil de vieilles photographies autour de la fête d’Halloween aux Etats-Unis, le rendu est incroyable de force et de malaise, un peu comme un générique fixe de la série American Horror Story.

Olivier Rossignot : Andrus Kivirähk – “L’Homme qui savait la langue des serpents”

Tout a été un peu dit sur ce livre gigantesque : épopée picaresque, roman politique et métaphysique, il s’agit juste d’une des plus belles œuvres de ces dernières années. Monstrueusement drôle, elle se révèle parfois également d’une sauvagerie renversante et s’humecte progressivement d’une noirceur qui culmine dans le chaos. Nous nous sentons concernés par la disparition de la langue des serpents, et la tristesse nous étreint comme à la vision d’une fin de monde. Incroyable brulot à la gloire du païen (et du rêve, donc de l’écriture) contre toutes les intolérances religieuses le roman d’Andrus Kivirähk relève le défi d’être génialement imaginaire et puissamment contemporain.

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