L’Extrême Festival de retour à la cinémathèque de Toulouse!

Contre la grisaille automnale, le cinéphile averti aura vite fait de descendre vers le sud pour trouver la seule chaleur qui vaille en ces temps de grisaille : celui des projecteurs de la cinémathèque de Toulouse qui, du 05 au 09 novembre, ravira les rétines des spectateurs avec une programmation toujours audacieuse qui exhume avec bonheur son florilège de raretés et rend hommage à des cinéastes singuliers. Petit panorama sur cet événement incontournable pour découvrir un cinéma différent… mais inlassablement surprenant.

“Soyons extrême cinéma, bordel!”

Enclin à la bizarrerie, vous pourrez vous initier – en sa présence! – à la filmographie de Jeff Lieberman, auteur discret qui participa de fort belle manière à la résurrection d’un cinéma fantastique nourri de dimension sociale à l’orée des années 80, semant, deci delà, quelques pépites encore savoureuses qui sentent bon leur époque. Blue Sunshine, sa grande oeuvre sur les effets collatéraux du LSD, est une réjouissante série B qu’il fera plaisir de découvrir sur grand écran. Une oeuvre culte mais méconnue qui mérite sa place au panthéon des oeuvres dédiées à la peinture déliquescente, voir dégénérée, d’une jeunesse post-60’s rattrapée par le monde autrement moins conciliant de la décénnie suivante. Un petit bijou que David Cronenberg admirait en son temps… C’est vrai que sa fameuse rage n’est pas loin.
Rare représentante d’un cinéma qui ose explorer l’autre face de la réalité, Agnès Merlet sera également au rendez-vous pour défendre ses oeuvres singulières : autant de contes pour adultes où elle parfait son art frontalier qui visite les arcanes d’individus complexes, autant de films qui égrènent, par touches discrètes, un amour immodéré pour les classiques du genres.. pour mieux jouer de ses codes et des habitudes du spectateur.

Autre moment fort du festival : la résurrection éphémère mais pleine de panache d’Eurociné, improbable aventure de la famille Lesoeur, incorrigibles et irrévérencieux producteurs qui ont fait de cette fameuse maison de production le chaudron magique du cinéma bis français. Osant tous les mélanges, couper, remonter, découper puis recoller, les films d’Eurociné sont un grand éclat de rire insolent à la face d’un cinéma français pompidoulien et rance. L’Horrible Docteur Orlof, Des filles pour les mercenaires, Les Aventures galantes de Zorro, Pour un whisky de plus, Elsa fraulein SS… Les titres en disent long sur le surréalisme de cette affaire, sur ce cinéma pataphysicien.
Cerise sur le gâteau : la présence des activistes cinéphiliques Jean-Pierre Bouyxou et Christophe Bier pour déméler les nombreuses ficelles de cette folle histoire. En prime, vous découvrirez le documentaire de l’érudit Christophe Bier : “Eurociné 33 Champs-Élysées.

Parmi d’autres nombreuses friandises – programme Gay power, ciné concert autour du Manoir de la peur d’Alfred Machin – et de quelques classiques – The haunting de Robert Wise, Malpertuis d’Harry Kümel, vous ne pourrez échapper à l’électrifiant Gérard Kikoïne, maitre d’un cinéma pornographique à la fois élégant et provocateur, dont on salive à l’idée de redécouvrir son Dr Jeckyll et Mr Hyde avec Anthony Perkins.

Plus d’infos ici! http://www.lacinemathequedetoulouse.com/

CULTUROPOING est très heureux d’être partenaire de ce festival et vous nous y retrouverez pour y présenter les films suivants : Gun for Jennifer, Hustler White, Lust in the Dust, La Maison du diable, Malpertuis, La Mauvaise Graine, L’Obscénité et la Fureur et Schizophrenia.

Car.. “Ils font ça très bien et que ça nous permet de nous prendre pour des managers de fast-foods“.
Rarement un hamburger aura été aussi tentant. Pour une fois!

 

A propos de Benjamin Cocquenet

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