Si l’on ne nourrissait pas envers Laura Marling une sincère admiration que son plus récent album, Semper Femina (2017), n’a pas peu contribué à entretenir, on aurait probablement accueilli avec un haussement de sourcil dubitatif le nouveau projet qui la voit s’associer, sous le nom de LUMP, à Mike Lindsay, producteur et cheville ouvrière de Tunng et de son surgeon Throws. L’insistance du label (les excellents artisans de Dead Oceans) sur le pedigree, certes enviable, des deux comparses fait, en effet, un peu trop placement d’un produit qui ne peut qu’être bon puisque composé de deux individualités remarquables, et la créature roussâtre et velue – un yéti, à ce qu’il paraît – qui pose sur la pochette de l’album et s’agite dans la vidéo de « Curse of the Contemporary », le premier extrait dévoilé, ne participe peut-être pas de la meilleure stratégie de présentation. L’écoute de cette chanson inaugurale lève heureusement les doutes avec sa puissante pulsation rythmique, ses guitares quelque peu tordues, son texte baigné d’ironie et ses harmonies vocales à la Kate Bush. On guettera donc la parution, le 1er juin prochain, d’un disque qui s’annonce aussi condensé (trente-deux minutes, s’il faut en croire les informations du NME) que potentiellement entêtant.

Photographie : Mathew Parri & Esteban Diacono

A propos de Jean-Christophe PUCEK

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