la parole à “Ed Distribution” – salon de l’édition dvd indépendante 2014

Culturopoing est partenaire du salon de l’édition DVD indépendante, dont la troisième édition se tiendra une nouvelle fois dans les locaux du Cinéma la Clef (Paris, 5e arr.), le premier week-end de décembre, samedi 6 et dimanche 7, de 14h à 20h. L’entrée est libre et gratuite.

A quelques jours de l’évènement, nous profitons de cette occasion pour rencontrer les éditeurs présents – dont nous chérissons particulièrement les sorties, les débroussaillages et les soutiens en tous genres – et les questionner sur leurs politiques, leurs goûts, et leurs conceptions respectives de l’édition vidéo…

Aujourd’hui, troisième épisode avec “Ed Distribution”, un éditeur au catalogue très singulier, défenseur d’un cinéma “hors normes, poétique et insolite”, dont les figures de proue, internationales, entre cinéma très indépendant et films d’animation, se nomment Guy Maddin, Bill Plympton, Andrew Kötting… Ed Distribution vient aussi de sortir en salles le premier film remarqué de Patrick Wang : In the Family.

C’est Manuel Attali, cofondateur de Ed Distribution, qui répond à notre questionnaire. Nous l’en remercions.

Qu’est-que cela signifie pour vous d’être un éditeur “indépendant”  ?

Cela signifie de choisir nos films et de les défendre avec nos outils et notre savoir faire.

Comment définiriez-vous votre ligne éditoriale ?

Nous défendons des films de réalisateurs ayant un univers personnel, des films arts et essais.

Comment se décident les choix (un comité, des envies mises en commun…) ?

Nous sortons en dvd les films que nos avions sorti en salles.

Avez-vous un “public” d’acheteurs particulier ?

Un public de cinéphiles curieux je pense.

Est-ce qu’il vous arrive d’aller à la rencontre du public pour promouvoir et expliquer les œuvres ?

Oui, quand nous avons des salons ou à l’occasion de sortie de nouveautés, nous pouvons organiser des rencontres dans des boutiques.

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Cette sale terre  (Angleterre, 2001) de Andrew Kötting

Est-ce difficile d’exister et d’avoir une visibilité commerciale ?

 Il faut au maximum compter sur notre communication directe et aussi, à la collaboration avec les boutiques avec qui nous travaillons. Qu’elles sachent parler des films, les connaisse.

Nous existons depuis 20 ans et faisons tout pour pouvoir continuer en restant fidèles à nos goûts et nos idées.

Quelle est votre distribution ?

Nous passons par Arcadès pour les grosses enseignes, Fnac, Leclerc  et nous faisons le réseau des boutiques indépendantes nous-mêmes.

Est-ce que l’édition d’un titre n’est qu’une mise sur support, l’adaptation d’une édition étrangère, ou cela implique-t-il des opérations plus complexes ?

Nous faisons toujours un travail important d’éditorialisation, en cherchant des bonus intéressants et en faisant une belle édition en digipack pour créer un objet, et pas seulement un film disponible.

Croyez-vous que l’édition vidéo va de pair avec un complément informatif ?

Informatif, je ne sais pas, mais apporter un plus au film, oui.

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Des idiots et des anges  (États-Unis, 2008) de Bill Plympton

Quelle part accordez-vous à l’objet, à son identité visuelle, et aux compléments : livret, bonus ?

C’est ce que je disais plus haut, cette partie est très importante car elle peut donner envie à l’acheteur qui aura plus qu’un film.
Nous avons créé une ligne visuelle pour nos DVDs et faisons très attention à la présentation.

Comment voyez-vous le support vidéo par rapport à la sortie salles : un rattrapage, un prolongement, une autre manière de découvrir ?

C’est un prolongement de notre travail. Nous faisons exister le film lors de la sortie salle et des retours presse, puis quatre mois après nous l’éditons, il est encore un peu dans les têtes et nous tentons d’avoir à nouveau un retour presse sur l’édition.

Avez-vous des succès commerciaux ? Votre “meilleur” titre ?

Des succès cela dépend, mais les films de Bill Plympton se vendent bien. Le titre Cabeza de Vaca a connu de belles ventes , à notre échelle.

Celui dont vous êtes le plus fier ?

Le coffret Andrew Kotting et Winnipeg mon amour de Guy Maddin.

Vous arrive-t-il de persister dans la diffusion de certaines œuvres, ou certains auteurs, malgré des faibles ventes ?

Oui, notre travail est d’accompagner les films et les réalisateurs que nous faisons émerger .

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Dracula, pages tirées du journal d’une vierge  (Canada, 2001) de Guy Maddin

Y-a-t-il  un équilibre à trouver ?

Bien sûr, c’est une économie. Les DVD suivent un peu le train des films. La réussite d’un support entraine souvent le second.

Des projets à venir, des sorties, des choses qui vous tiendraient à cœur ?

Nous venons d’éditer Moonwalk One, documentaire de 1970 sur la Mission Apollo 11. Il est sorti en salle en juillet 2014 avec une énorme presse ; nous attendons beaucoup de son édition DVD.

Comment voyez-vous le développement de la VOD ? Est-ce une concurrence, un “service” différent, ou forcément, quelque chose qui va vous amener à repenser votre pratique ?

 C’est encore quelque chose de nouveau que nous faisons en complément. C’est quelque chose de différent. Il faudra savoir donner envie au public d’acheter un DVD, le plus de l’édition. Sinon, si on ne propose qu’un film, la VOD prendra peut-être le pas dessus. Mais c’est encore peu pour l’instant.

… le site de Ed Distribution, c’est ici : www.eddistribution.com

… et le site du Salon, c’est par là : www.salondvd.fr

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