J’ai eu envie de retrouver l’innocence d’un tour de train fantôme, d’un numéro d’attraction foraine où l’on verrait les « ficelles »

Quand Yann Gonzalez réalise un clip, il ne fait pas dans la demie mesure. A l’heure où tous tournent en HD, cet amoureux éternel du cinéma de genre tourne en pellicule un hommage à ceux qui l’ont nourri sous forme d’orgie sanglante à la fois cathartique et ludique.  Selon le cinéaste, la caméra Bolex 16mm “donne aux images cet aspect saccadé, organique, presque sexuel auxquels s’ajoutent des “effets spéciaux tous élaborés à même le plateau “. On retrouve en l’espace de quelques minutes les rêves colorés et pervertis des Rencontres d’après minuit, mais dans une forme de délire croissant, à l’instar des influences qui fusent jusqu’à l’hystérie : couleurs primaires et crimes aiguisés à la Argento, Zombies fulciesques, délires du pape du gore Herschell Gordon Lewis, jusqu’au pastiche décadent du Thriller que Landis filma pour Michael Jackson. La voix très Daniel Darc de Perez sur “Les vacances continuent” ne fait qu’appuyer la dimension années 80 de ce délicieux voyage dans le temps cinéphile. Comme des gamins, le sourire béat nous voudrions nous aussi être éclaboussés de rouge, séduits par la folle trivialité d’une horreur que résume parfaitement le rire sardonique de l’incroyable Kate Moran. L’actrice fétiche de Gonzalez se jette la tête la première dans l’aventure, et avec une jubilation non dissimulée offre ses lèvres carnassières et son regard-vampire (et complice) à la caméra. La femme fatale se fait ange de la vengeance. Elle ne fait qu’une bouchée des hommes et s’enduit de leur sang, telle une Comtesse Báthory des bas fonds. Nous, on redemande, on applaudit, on jouit… et c’est notre vidéo de la semaine.

A propos de Olivier ROSSIGNOT

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