Diving with Andy – "Sugar sugar"

La trentaine en technicolor
La recette de ce trio de trentenaires français qui chante en anglais n’est pas sans rappeler les saveurs de Room Eleven, précédemment chroniqué. Le visuel est bien choisi : la pomme d’amour, recette d’antan, réunit l’acidité du fruit frais et une douceur caramélisée. Cette vague de revisitation vintage pourrait lasser si elle ne croisait pas là encore le chemin d’une grande qualité musicale et de paroles bien tournées. Au profit d’un croisement d’influences sans prétention.
Découverts grâce à leur premier album éponyme, dont on aura retenu deux forts bons singles Andrew et October in May, les Diving with Andy reviennent avec ce deuxième album nettement plus intéressant et abouti. La base pop-folk décolle vers dix ballades douces-amères de qualité, bien arrangées aux cordes et aux cuivres, et finement portées par la voix délicate de Juliette Paquereau, joli minois et pieds sur terre.
En fredonnant rapidement, on croit avoir affaire à l’alternance classique chanson gaie puis chanson triste et on se retrouve vite face aux contradictions claires-obscures de notre génération trentenaire. La toile de fond, vieille comme le monde : toi-moi-le couple, est revue et corrigée par une plume aussi tendre que fantaisiste, sans oublier les mots d’esprit ni les jeux de langage in english, donc. L’évaporation des contes de fées, les lendemains d’aventure et les films en demi-teintes y sont décortiqués avec bienveillance.
Diving with Andy dans le monde réel ou comment se fabriquer une robe de princesse avec la nappe à carreaux de sa grand-mère ?

 

A propos de Sarah DESPOISSE

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