C’est James Stewart qui nous invite cette année à célébrer le cinéma pendant les dix jours que dure le Arras Film Festival. Facétieux sur l’affiche de la manifestation nordiste qui se déroulera du 2 au 11 novembre, il nous incite à entrer dans la danse d’un festival vivant, festif, curieux de nombreuses cinématographies, et ouvert à tous les publics, une constante à laquelle Eric Miot et Nadia Paschetto, les organisateurs du festival, tiennent beaucoup. C’est avec un grand plaisir que nous participerons nous aussi à cette 19ème édition dont la programmation est carrément emballante.

On sait que depuis la magnifique Grand Place d’Arras, on pourra s’envoler vers de nombreux pays d’Europe, le festival étant dédié en priorité au cinéma européen, avec une majorité d’inédits et d’avant-premières. La section « Découvertes européennes » partira de la France, avec le nouveau film de Mikhaël Hers, Amanda, pour aboutir en Norvège avec le supposé glaçant Utøya, 22 juillet, de Erik Poppe, reconstitution en temps réel de l’attentat d’Utoya en 2011. On y trouvera également deux focus, l’un sur le cinéma d’animation, l’autre sur le cinéma flamand.

La section « Visions de l’Est » naviguera entre chronique familiale, polar, comédie, propositions romanesques, politiques, et en ce qui nous concerne une curiosité toute particulière envers Fugue, l’histoire d’une femme en quête d’identité, nouveau long-métrage de la polonaise Agnieszka Smoczynska, qui nous avait épatés avec The Lure en 2015.

La Compétition Européenne, quant à elle, verra neuf films très récents encore inédits en France  rivaliser pour l’Atlas d’Or (Grand prix du jury) et l’Atlas d’Argent (Prix de la mise en scène), face à un jury présidé par Emmanuel Finkiel, mais aussi le Prix du Public, le Prix Regards Jeunes et le Prix de la Critique. Au travers de pages de l’Histoire ou en plongée dans le monde contemporain, de la Finlande à la Russie, en passant par la Roumanie ou la République tchèque, les sujets forts se succèdent et les personnages riches nous tendent déjà les bras. On attend notamment Genesis du hongrois Arpad Bogdan ou The most beautiful couple de l’allemand Sven Taddicken, mais l’on sait que les surprises seront nombreuses, compte tenu de la qualité toujours observée dans cette compétition.

Dans une volonté de réunir tous les publics et d’alterner œuvres pointues et propositions plus accessibles, le festival proposera de nombreuses avant-premières, accompagnées par moult invités, avec les projections des films d’Isabel Coixet (The Bookshop avec Emily Mortimer), Wash Westmoreland, (Colette avec Keira Knightley), Thomas Vinterberg (Kursk avec Matthias Schoenaerts) ou encore Yorgos Lanthimos, dont La Favorite, réunissant Olivia Colman, Emma Stone et Rachel Weisz, est très attendu.

D’autres événements viendront rythmer le festival : l’hommage à Pascale Ferran, en sa présence, avec les projections notamment de Petits arrangements avec les morts et son formidable Lady Chatterley ; la carte blanche à Michel Ciment, pilier de la revue Positif, qui célébrera le lien fort qui l’unit au festival en présentant une sélection de films de cinéastes apparus ces dernières années comme Lynne Ramsay (We need to talk about Kevin), Pawel Pawlikowski (Ida), ou Laszlo Nemes (Le fils de Saul), qu’il souhaitait mettre en avant. Sans oublier Le festival des enfants, toujours présent afin de réunir toutes les générations.

Les rétrospectives de cette édition s’intitulent « Conflits dans les Balkans » et « Good cop, bad cop ». Tout un programme, avec une sélection toujours pertinente et invitant à l’exploration des genres, des périodes, des pays. Car si le Arras Film Festival nous fait voyager, c’est surtout pour nous offrir un regard sur le monde, celui qui nous précéda, celui dans lequel nous évoluons, celui dont nous faisons tous partie.

Que la 19ème édition du Arras Film Festival commence !

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