Souvenirs en accès aléatoire de la troisième et dernière journée du Hellfest 2013
 (Toutes photos sauf mention : Cyril Lafeuille)
 
 
1          Give Life Back to Music
Let the music in tonight (just turn on the music)
Let the music of your life (give life back to music)
 
Après le Gang des Seigneurs d’Attentat Rock le samedi c’était le jour de seigneur à Clisson comme ailleurs en ce dimanche, troisième et dernier jour des festivités Hellfestiennes. Après la foule compacte de la veille il était plaisant en cette belle journée d’été de savourer une affluence moindre (trente-mille annoncés contre quarante-mille environ le samedi) et de pouvoir ainsi profiter d’un site bien mieux mis en valeur. L’occasion de dire tout le bien que l’on pense de son aménagement et de sa décoration, chaque année plus impressionnant encore et concourant à donner une plus-value certaine voire essentielle à ce qui reste au final tout de même un festival de musique. Cette journée était sans doute la moins intéressante côté programmation pour l’essentiel de nos ouailles mais elle s’avéra au final la plus agréable, la plus riche en découvertes, une sorte de meilleur des deux mondes en fait après les têtes de gondoles des deux premières journées.
 
Festival de musiques vivantes, oh combien vivantes et oh combien plurielles même si réunies sous l’appellation de musiques extrêmes, le Hellfest 2013 aura une fois de plus régalé une assistance fournie et positivement heureuse de ces trois belles journées. Vivement (et oui déjà) l’année prochaine.
 
 
 
Photo : Benoit Platton
 
2          The Game of Love
And it was you
I just wanted you to stay
 
« Midi sonne, on danse le madison » chantait Michel Jonasz. Tandis que midi sonne du côté des mainstage c’estt Prong qui entre dans la danse un backdrop Beg to Differ tour dans le dos. Les souvenirs affluent à cette occasion, celui du concert donné en ouverture de Faith no More du côté de l’Elysée-Montmartre il y a plus de vingt années de cela. Le trident n’est sans doute pas fait pour une scène ouverte comme cela en plein air mais il y a quelque chose de grand et de beau à savourer les bombes fatales que sont « Whose fist is this anyway » et « Snap your finger, Snap your neck », une parfaite mise en bouche en fait pour un beau dimanche.
 
Dans des veines différentes, Volbeat, Stone Sour et Gojira ont fait le job et dépoté bien comme il faut chacun dans leur registre. Tout juste dira-t-on que Volbeat est certes un excellent groupe mais qu’il lui manque peut-être quelque chose encore pour assurer de manière optimale la tête d’affiche d’un festival open air, un show en adéquation avec l’événement peut-être. Stone Sour pour sa part et en particulier son charismatique chanteur Corey Taylor fait belle impression de même que nos français de Gojira plus que jamais terrifiants de précision et d’efficacité, eux qui d’ailleurs déclenchèrent le plus beau wall of death de la journée.
 
 
3          Glenn by Danzig
My name is Glenn Danzig but everybody calls me Danzig
 
On retrouva Tommy Victor de Prong bien plus tardivement côté Warzone (après un échange à vue logistique d’heure et de lieu avec Ghost) en qualité de fine lame guitaristique de Glenn Danzig. L’ex Mifists foule enfin une scène française et déroule une série de titres de folie interprétés avec hargne et à-propos. Le concert passe bien trop vite entre titres de son répertoire solo (bien lourd « Dirty black summer », épique « Mother » en guise de presque final) et titres des Misfits joués en compagnie de son ancien acolyte le volumineux Doyle. Une prestation au final digne de son culte statut et qui chauffa à blanc un public dense et extatique.
 
 
4          Within
Many doors to explore
But the doors look the same
 
Au beau milieu de l’après-midi Mass Hysteria montre une fois de plus de quel bois il est fait en prodiguant la bonne parole (« positive hardcore ») à une foule compacte et très vite conquise. Ce rock bien lourd et qui swingue, cette fusion furieuse, cette saine énergie, ce Mouss omniprésent au micro et aux quatre coins de la scène et qui n’en finit pas de communier avec la foule, simplement heureux d’être là comme nous tous à cet instant, Mass Hysteria a une fois de plus fait preuve de toute sa classe avec en prime le joli clin d’œil à feu Jeff Hanneman de Slayer en toute fin de set. Parfait.
Après la nu-fusion voici l’ancienne avec le groupe Senser, l’heureux propriétaire du strident « Age of panic », groupe presque star des années 90 et fraichement reformé. Le groupe semble heureux comme au premier jour de jouer ces morceaux usés jusqu’à l’os, au final un concert puissant, énergique et brutalement pulsé et une excellente prestation. Autre vestige des lointaines années, les français de Treponem Pal avaient en début de journée œuvré dans un style peut-être aujourd’hui plus rock qu’indus mais toujours agréable.
 
 
 
 
5          Instant Crush
And we will never be alone again
Cause it doesn’t happen everyday
 
Il fallait arriver tôt en ce dimanche pour découvrir avec plaisir plusieurs formations propres à ravir le festivalier tout juste arrivé dans l’enceinte sacrée. Du breton pour commencer avec The Decline et leur punk rock teinté de « douceurs » celte et country qui inaugura pour cette dernière journée à la warzone, bon esprit et bon son pour, devinez quoi, un bon concert. Bien plus radicaux les parisiens de The Arrs tâtèrent du réveil matin en mode marteau-piqueur sur les mainstages, un set en mode grosse claque et pétarades inspirées. Un poil plus tard, les suédois de Mustach jouaient parfaitement leur rôle d’apéro-band tant leur musique s’avère idéale à écouter un verre de muscadet à la main. Du rock’n’roll graisseux en mode grands espaces, des refrains entrainants, des guitares énergiques et au final un concert en forme de coup de cœur du jour.
 
 
 
 
6          Lose Yourself to Dance
Everybody’s dancing on the floor
Getting ready for more
 
Avec en final un imparable ticket « Antisocial » de Trust et « Vive le feu » des Berurier Noir, avec surtout au milieu du très bon Marylin Manson (« Beautiful people ») ou encore du Sham 69 (« If the kids are united », le tout avec le sourire et un goût de trop peu, le Bal des Enragés déroula un pan de notre mémoire collective et nous apporta surtout à l’heure du déjeuner le repas finalement idéal avec de la patate et de la banane tout du long. Autre grand moment les trublions finlandais de Korpiklaani qui jouèrent devant un Temple plein à craquer, tout sauf une surprise tant le folk metal festif en général et les odes à la boisson en général sont prompts à plaire à un public de festival en général et de metal en particulier. Le groupe fît danser et bouger son public et ce jusqu’aux derniers rangs, grand moment. And now for something completely brutally differt les gourgandins de Pig Destroyer firent dans le carré, l’efficace et le brutal (un parfait résumé de ces trois journées), notamment avec un chanteur/hurleur on va dire « impliqué » (ou possédé ? ) dans son chant ou encore ces savoureux cris de cochons qui apparaissent régulièrement entre les morceaux.
 
 
 
 
7          Touch
Ghost
Suddenly alive
Happiness arive
 
Finalement placés sur la mainstage 2 en clôture de festival et en lieu et place de Danzig, les Ghost s’avérent une parfaite conclusion de ces trois journées entre musique déroutante (des accents presque pop par moment, un son globalement très heavy rock 70’s) et une scénographie, une esthétique en général, en mode occulte sophistiqué. Groupe fascinant et parmi les révélations lors de leur premier passage de 2011, Ghost était très attendu tant par les déjà aficionados que par les curieux. Exactement fidèle à leur déjà solide réputation, la formation suédoise emmenée par Papa Emeritus nous fit encore une fois passer un grand moment tant pour les oreilles que pour les yeux avec un set hautement rodé et ne laissant que de place à l’improvisation (sauf en cas d’incident technique comme ce fut le cas à un moment ici). Projet hyper réfléchi et savamment organisé, Ghost n’en est encore semble-t-il qu’aux prémices d’une histoire qu’on devineet espère inoubliable.
 
 
8          Get Lucky
Like the legend of the phoenix
Alle ends with beginnings
What keeps the planet spinning
 
Moonspell, le groupe portugais de dark metal, parfois très black et parfois gothique, a fait parler sa classe et sa puissance, alternant intelligemment morceaux mythiques plus anciens et nouvelles compositions. On n’en attendait pas moins d’un groupe que précède une excellent réputation scénique, mais son concert fut une vraie réussite malgré la fatigue accumulée au fil des jours et des concerts, fatigue qui n’existait plus de toute façon lorsque l’énorme « Full moon madness » clôtura le set joué sous un Altar rempli jusqu’au toit et de nombreuses personnes à l’affut au-dehors. Chapeau bas !
 
 
 
9          Beyond
The perfect song is frame with silence
 
Seul membre du prestigieux Rock’n’roll hall of fame à jouer à Clisson en ce dimanche (ou alors Reuno peut-être ?), Jason Newsted présentait son nouveau projet éponyme (un premier album sobrement intitulé Heavy Metal Music à paraître à la rentrée) où il tient le micro en plus de la basse. S’il attire bien évidemment la curiosité force est de constater que le concert ne décolle jamais entre répertoire décevant et énergie en dedans, une déception, une vraie. Même constat pour le hard rock’n’roll de Danko Jones joué sans fioritures et interprété par de très sympathiques musiciens même si la sauce cette fois aura eu du mal à prendre.
Plus tard sur l’autre mainstage les finlandais de Lordi tâtent du grand barnum scénique et costumier sur plus d’une heure positivement accueillie par le public. Pour notre part disons que le capital sympathie n’aura pas suffi et que l’ensemble parut bien léger et ce malgré les déguisements certes remarquables.
 
  
10        Motherboard
Carte mere
 
Le festival des musiques extrêmes n’accueillait pas loin de là que Europe ou ZZ Top. Ainsi Cryptosy au petit déjeuner, du death metal certes brutal mais technique renforcé qui plus est par la voix très « grind » (technique comme chronique hein ?) du chanteur. Les riffs efficaces du groupe firent parler la poudre comme entendre raison aux oreilles. En mode black metal cette fois les français de Seth firent honneur à leur programmation en ce dimanche en savourant chaque seconde de leur set et en effectuant même juste avant le soundcheck déjà maquillé, grand moment. Un mot enfin sur Ishahn et leur prestation presque atmosphérique pas désagréable et même bienvenue en cette milieu de journée.
 
 
11        Fragments of Time
Everywhere I go
These moments will shine
 
Voivod n’en finit pas d’être célébré à chacun de ses passages au Hellfest (comme ailleurs) et se retrouve désormais, à l’instar d’Exodus ou Twisted Sister dans une veine différente, en position enviée et surtout maintes fois recherchée au cours de leur carrière, celle de valeur sure alliant talent et reconnaissance, enfin. Une fois encore les canadiens (québécois pardon) donnèrent au public une belle démonstration de leurs aptitudes et survolèrent tant bien que mal (même pas une heure de concert pour plus de trente année de carrière ou presque) leur discographie sans oublier de laisser un peu de place à leur petit dernier. Dans une ambiance parfaite et une belle communion (Snake s’adressant évidemment en français au public) Phil Anselmo (qui d’autre ? ce dimanche fut en grande partie le Phil Anselmo’s day) rejoignit la troupe pour « Astronomy Domine » alors que Jason Newsted lui-même, en qualité d’ancien bassiste du groupe quelques années après son départ de Metallica, participa au « Voivod » final, un joli tee-shirt à l’effigie des légendes canadiennes sur le paletot. Un vrai beau moment, encore une fois, que ce set de Voivod.
 
Anselmo’s day disais-je puisqu’après une conférence de presse détonante (concours de défonce juste avant semble-t-il, le batteur grand gagnant, Anselmo étonnant dernier mais tout de même déjà bien imbibé) les Down investissaient la scène de la Valley devant un chapiteau comble et nombre de spectateurs encore à prendre le soleil au-dehors. Down avait en effet accepté de faire un second set pour remplacer les infortunés Clutch dans l’impossibilité de participer aux festivités de la journée. Au programme un set « surprise » un peu décousu mais l’essentiel n’était pas là. L’essentiel était plutôt dans le plaisir total des musiciens comme du public à écouter ainsi nombre de reprises de la scène Nola (du Down mais aussi du EyehateGod, Crowbar ou encore Corrosion of Conformity) avec moult invités allant et venant (hop Jason Newsted) dont la petite amie du sieur Phil qui ne fut pas loin de lui voler la vedette avec son timbre de voix écorché et marquant. On gardera longtemps en mémoire ce « Walk » (Pantera) en guise de final. Un concert tout en roue libre et improvisation de total fun même si l’ambiance musicale lorgnait grassement vers le brutal et le lourd.
 
 
 
12        Doin’It Right
When we’re feeling allright
Everybody will be dancing tonight
 
La Warzone offrait en ce dimanche une fripotée de valeurs sures du punk rock originel dirions-nous avec des noms sentant bon l’histoire, Buzzcocks, Cockney Rejects et Toy Dolls. Les premiers nommés déboulèrent en mode turbo, 1-2-3-go et à peine deux à trois mots échangés le long de leur set avec le public, les chansons s’additionnent et lorsque « Have you ever fall in love » raisonne au final les bras se lèvent pour de bon et chacun savoure ce bel instant. Autre groupe aux racines du punk anglais, les Cockney Rejects eux-aussi offrirent à un public blindé un set imparable et puissant. Dans une veine sensiblement plus light musicalement les Toy Dolls enfin comblèrent la foule d’une prestation presque oxygénante entre fun et musique légère (pas lourde pour un sou, enfin à l’échelle du Hellfest) malgré un bassiste assis pour cause de blessure au genou. Une superbe ambiance que des confettis viendront clore en beauté, grand moment là-encore.
 
 

 

13        Contact
There’s something up there
 
Une petite sélection de photos prises en ce dimanche 23 juin par Cyril Lafeuille, plusieurs centaines de clichés vous attendent sur son remarquable site ou directement côté Hellfest sur sa page picasa


 
 

 

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