Nouvelle collection "Plein Feu" – Editions JC Lattès

Les Editions JC Lattès ont lancé en octobre dernier une nouvelle collection qui vaut le détour. Cette collection s’appelle “Plein Feu”, s’édite en petit format et entend rassembler des textes courts autour des critères suivants : engagement, tribune d’expression, accessibilité, curiosité et ouverture sur le monde. “Le regard de la fiction reste le plus juste, le plus féroce, pour révéler les folies du monde” lit-on dans le communiqué de presse. “Plein Feu” compte pour l’instant deux volumes d’une soixantaine de pages, dont la qualité et l’intérêt retiennent l’attention.
une vie de petits-fours sébastien marnier“Une vie de petits-fours”, Sébastien Marnier
On découvre le personnage de Théophane Tolbiac le jour du résultat des éléctions municipales de la ville de Gueux, où il se présente en candidat sans étiquette face à l’indétrônable Cocheteux, le maire actuel. Théophane Tolbiac incarne l’espoir du changement tout en diagnostiquant un immobilisme profond chez nos compatriotes : “Nous ne savons plus regarder, nous ne regardons plus, et c’est ainsi que la propagande se diffuse comme un nuage radioactif” / “En silence, ils fixent la télévision, ils n’écoutent pas, pourtant le volume est presque au maximum.” Aiguisée sans être cynique, l’écriture de Sébastien Marnier implique, amuse et traite davantage de la prise de parole ou du genre humain que de politique, ce qui est un bon point.
argentique salomé berlemont-gilles“Argentique”, Salomé Berlemont-Gilles
Direction le Mexique, vers un bidonville dont Juan décide de s’évader après quinze ans de misère, un quotidien devenu l’attraction des touristes en mal de réalité : “Ils lèvent la tête, ils cadrent et ils déclenchent l’objectif. Comme un couperet, il tombe et il nous viole tous”. Salomé Berlemont-Gilles a choisi le thème de la photographie pour mettre en relief ce qu’on ne voit plus, ce que l’on sait déjà. Elle parvient ainsi à revisiter la thématique des inégalités sociales, son texte n’en reste pas moins ciselé et sincèrement poétique : “Le bus nous a débarqués au coeur d’un quartier que je ne connaissais pas, mais ce n’était pas grave, je ne connaissais rien. / “On se faisait beau pour un Dieu en lequel on ne croyait pas mais qu’on craignait quand même : il peut toujours arriver pire quand on est déjà maudit”.
Deux fictions de qualité pour maintenir le monde en éveil…

 

A propos de Sarah DESPOISSE

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