Christian Garcin – "Aux bords du lac Baïkal" (10-13 ans)

“Aux bords du lac Baïkal” est un peu comme une sieste prolongée dans un parc où les pépiements d’oiseaux viennent se mêler aux bribes de conversation et au clapotis d’une fontaine. D’un assoupissement à l’autre, on ne sait plus bien qui, de la mouette égarée ou du passant, a pris la parole. En plein soleil, quelques minutes en noir et blanc précèdent les couleurs franches, le temps d’un bref coup d’œil, et dans l’herbe, de nombreux insectes s’activent à vue de nez. C’est un de ces moments rares où l’on se sent partie d’un tout qui s’appelle Nature.Le lac Baïkal existe réellement, au sud de la Sibérie, et c’est l’endroit au monde qui a le plus marqué Christian Garcin, grand voyageur : “les Bouriates disent que le village de Khoujir, où je logeais, est un des cinq pôles mondiaux du chamanisme, un point de passage privilégié entre la terre et le ciel, le monde des vivants et celui des morts”. Ce lieu lui a inspiré ce premier livre jeunesse, recueil de contes animaliers usant de la personnification pour décrire la tranche de vie d’une étrange faune. Bambi et Microcosmos n’ont qu’à bien se tenir : sous couvert des lois de la chaîne alimentaire, “Aux bords du lac Baïkal” parle du monde des hommes avec amusement, onirisme et franchise. Il est en effet question ici de caractères, de différence et de complémentarité, mais aussi de vie et de mort.

Portant de très jolis noms aux sonorités venues de l’Est, les personnages de Christian Garcin ont chacun leur étiquette : Lioubova Pistil, pâquerette fine et spirituelle, Nastiouchka Pilipili, pie borgne, médium et fataliste, Malmousque Gourbi, glouton raté, rêveur et timide, Filochka Barrell, crapaud désagréable et bougon… Héros ou anti-héros de courtes péripéties symboliques, ils permettent d’aborder de grands thèmes universels comme le souvenir, la vengeance, l’indépendance, la solidarité, la famille ou la responsabilité. Au cœur de cet apprentissage mouvementé, la poésie éclate avec l’histoire d’Opatija Domoul, quatorze fois une mouette, et l’humour subsiste entre autres grâce au personnage Dwayne Dodo, l’escargot qui se raconte des histoires qui le font rire lentement jusqu’à l’intérieur de sa coquille.

“Aux bords du lac Baïkal” souffle un vent d’air frais sur la littérature jeunesse et pourra plaire aux passionnés de biologie, aux fins observateurs de la nature et des gens, autant qu’aux doux rêveurs, petits et grands, pour une lecture-évasion avant tout.

Paru à l’Ecole des loisirs, collection Medium.

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A propos de Sarah DESPOISSE

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