Marc, jeune artiste talentueux et à succès, apprend qu’il n’a plus qu’un an à vire. Face à la mort, il décide de se faire cryogéniser. Lorsqu’il se réveille, le monde à changé et va influer sur son désir de vivre. « Mateo Gil avait envie depuis longtemps de raconter cette histoire », raconte Jérôme Vidal, le producteur français du film. « Un jour, il a lu un article sur l’histoire d’une souris ressuscitée par des scientifiques. Il s’est dit que son histoire est bien et s’est remis à l’écriture du scénario qu’il avait mis un peu de côté. » Certes Mateo Gil n’égale pas Ingmar Bergman, et Realive peut paraître comme le parent pauvre du Septième sceau mêlé à L’Age de cristal, le film de science-fiction de Michael Anderson. Le troisième long-métrage du complice de Alejandro Amenabar fait une description presque identique du futur : un monde froid, aseptisé où tout le monde est en quête d’une jeunesse éternelle, où tout le monde se ressemble. À première vue, ce point de vue peut paraître cliché après plusieurs décennies de romans et films d’anticipation décrivant un monde totalitaire qui exclut les sentiments, la laideur et la différence. Pourtant, Realive reflète une réalité de plus en plus prégnante et peut se voir comme un film sur le cinéma, industrie qui oublie d’être un art et s’uniformise pour plaire au plus grand nombre afin de faire toujours plus de bénéfices.

 

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Dans le monde décrit par Mateo Gil, faire l’amour devient un acte de consommation comme un autre, où l’humain et ses défauts n’ont plus leur place. L’influence d’Alejandro Amenabar, et notamment de Ouvre les yeux, se fait sentir dans la façon dont le jeune réalisateur gère récit et son montage. Dans la façon dont Mateo Gil aime répéter les plans, de les agencer, de leur donner une autre signification, la quête de sens de son héros peut faire écho au Je t’aime Je t’aime d’Alain Resnais, mais dans une version plus accessible. Mateo Gil signe une oeuvre sensible, quelque peu maladroite sur l’amour, la mort et le sens que l’on donne à sa vie. La naïveté de la démarche peut agacer, peut paraître prétentieuse, mais est finalement toujours emprunte de sincérité. 

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A propos de Thomas Roland

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