Alors que le dernier festival de Cannes l’a mis à l’honneur avec la présence en sélection officielle de son dernier opus, The Dead Don’t Die, Jim Jarmusch va de nouveau marquer l’année cinématographique 2019 avec la ressortie en salles le 03 juillet 2019 de ses six premiers longs-métrages en versions restaurées, au travers d’une rétrospective signée Les Acacias et Le Pacte.

Permanent Vacation © Copyright 1980 Cinesthesia Inc

Coup d’essai et coup de maître dans lequel le cinéaste témoigne déjà d’un amour immodéré pour les marginaux et les laissés-pour-compte, Permanent Vacation (1980) secoue avec une énergie punk, un cinéma américain que les années 80 entraîneront vers une mode de blockbusters plus « testostéronés ». En 1984, Jarmusch retrouve son chef op Tom DiCillo et tourne, dans un superbe noir et blanc, Stranger Than Pardise, ou l’errance de trois jeunes américains à travers le Pays de la Liberté, dénotant d’un désenchantement certain vis-à-vis de ce dernier.

Stranger Than Paradise © Copyright 1984 Cinesthesia Inc.

Culte et plus léger que les deux premiers films du réalisateur Down By Law (1986) enferme trois personnages hauts en couleurs (dont un exceptionnel Robero Benigni) au sein d’une cellule pour un huis clos dans lequel « eveybody scream for an ice ceam ». Première collaboration avec le fidèle Tom Waits et sorte de relecture yankee des Pieds nickelés formidablement dialoguée.

Down By Law © Copyright 1986 Black Snake Inc.

Chassé-croisé dans la ville du King, Memphis, Mystery Train (1989) brasse tous les thèmes chers à Jarmusch (importance de la musique, mélancolie, galerie d’outcasts…) tout en l’entraînant sur les terres du film choral, genre avec lequel il renouera, notamment, à l’occasion de son suivant Night On Earth (1991). Sorte de patchwork filmique tourné dans cinq villes différentes, le long-métrage réunit l’un des plus prestigieux castings de toute la filmographie du cinéaste (Roberto Benigni, Gena Rowlands, Winona Ryder, Béatrice Dalle…).

Night On Earth © Copyright 1991 Locus Solus Inc.

Western métaphysique rythmé par la musique lancinante de Neil Younget et magnifié par la photo de Robbie Müller, Dead Man (1995) s’impose comme le chef-d’œuvre de son auteur en mettant en vedette un formidable Johnny Depp, alors au sommet de sa carrière. Un long-métrage définitivement crépusculaire car il marque également la dernière apparition à l’écran de l’immense Robert Mitchum, monstre sacré venu marquer cet ultime film de sa présence magnétique.

Dead Man © Copyright 1995 12 Gauge Inc

En attendant de pouvoir (re)découvrir ces six films sur grand écran, voici le teaser concocté pour l’occasion :

 

 

 

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A propos de Jean-François DICKELI

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