Maria élève seule ses deux fils, Rayan et Dario, près de la fête foraine dans laquelle elle tient un stand de tir. Un jour, Dario est enlevé par des pédocriminels et refait surface, à jamais traumatisé. Dix ans plus tard, de retour dans la région où il a grandi – et que Rayan n’a jamais quittée – à l’occasion des funérailles de Maria, Dario retrouve par hasard l’un de ses bourreaux et se lance avec son frère dans une impitoyable vendetta…

Copyright Moonlight Distribution

Évoquant aussi bien, par son atmosphère stylisée, le cinéma de James Gray ou Sergio Leone – auxquels il rend ouvertement hommage – que la série B pour un résultat entre thriller et western, Sans pitié achève de séduire par son sens du rythme et son intensité dramatique. Plongée au coeur d’un microcosme au style volontairement rétro – les personnages gravitent sans marqueur temporel précis entre des docks décrépis et une fête foraine souvent anxiogène, le tout dans une campagne aux airs de no man’s land – ce premier long-métrage de Julien Hosmalin met en effet sa richesse visuelle (le travail fourni sur la photographie, des lumières au cadre, s’avère palpable à chaque plan) au service d’un récit poignant. 

Copyright Moonlight Distribution

Portrait de deux frères amenés à s’unir malgré leurs différences après avoir été nettement séparés par la vie, ledit récit embarque en effet le spectateur dans une inévitable tragédie (initiée par le retour de Dario, désormais vu comme un outsider par un monde que sa présence va faire voler en éclats) où le non-dit initial cède la place au traumatisme refaisant surface et bien sûr, à travers lui, à la culpabilité la plus destructrice qui soit. 

Copyright Moonlight Distribution

Poussant les protagonistes à une vengeance présentée certes sous un angle certes cathartique mais sans aucune ambiguïté quant à l’engrenage mortifère qu’elle constitue, cette explosion incontrôlable de colère et de douleur causera en effet la perte de la quasi-totalité des personnages dont les failles et surtout les échecs se trouveront révélés au grand jour, le plus souvent sans possibilité de rédemption, pour un résultat aussi désenchanté que spectaculaire, à la hauteur du drame annoncé. 

Avec sa mise en scène implacable et sa tension croissante, Sans pitié porte bien son nom et offre un spectacle radical, sans concession mais d’une maîtrise exceptionnelle. Une vraie révélation. 

Copyright Moonlight Distribution

© Tous droits réservés. Culturopoing.com est un site intégralement bénévole (Association de loi 1901) et respecte les droits d’auteur, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos visibles sur le site ne sont là qu’à titre illustratif, non dans un but d’exploitation commerciale et ne sont pas la propriété de Culturopoing. Néanmoins, si une photographie avait malgré tout échappé à notre contrôle, elle sera de fait enlevée immédiatement. Nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur – anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe.
Merci de contacter Bruno Piszczorowicz (lebornu@hotmail.com) ou Olivier Rossignot (culturopoingcinema@gmail.com).

A propos de Alexandre LEBRAC

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.