Pénombres et flammes

 

Nous nous sommes demandé·e·s ce que les lecteur·ice·s pourraient avoir envie de lire de cet ailleurs ; comment ne pas faire passer les films en comparution immédiate, et comment ne pas gâcher l’année sur laquelle se répartiront les sorties des films. C’est par de petites touches, par rebonds ; par l’observation de nos punctum, de ce qui nous hante, que nous aborderons les actualités de la Croisette. Nous observons aussi une pensée pour les films à côté desquels nous serons passés, et qui recèlent probablement des qualités multiples.

 

 

2019|Copyright Pyramide Distribution

 

Pour ce milieu de festival qui avait commencé sur le refrain de diverses luttes — sans que celles-ci s’éclipsent totalement pour autant — on assiste à une plongée dans les limbes de la nuit et tout ce qu’elle véhicule d’inquiétant, de crasse ou de surnaturel. Le soleil se couche et les mythes se rappellent à nos sens, les morts à la vie, les vivants à leurs secrets. C’est l’heure des visons où les choses ne sont plus ce qu’elles semblaient être. Mais tous ces films porteurs d’ombres ont un point commun : l’incandescence — celle des chandelles qui éclairent une cérémonie magique, d’un phare qui allume la folie des hommes, celle d’une ville aux néons qui grésillent ; d’une robe, de maisons, voire de forêts entières qui prennent feu. Lumière sur ces pyromanes du septième art.

 

Lunaisons

 

2019 © Copyright Les films du bal

 

 

La première internationale d’Atlantique eut lieu à fleur de Méditerranée. Et rien en cela n’est absurde, car le premier partage avec le second l’abysse du danger pour les bateaux qui les traversent. Toujours du sud au nord, jamais l’inverse ; toujours des embarcations fragiles, jamais des yatchs ou des navires de croisière. La réalisatrice franco-sénégalaise Mati Diop, après l’accueil radieux de son moyen-métrage Mille Soleils en 2013, débarque sur la Croisette en compétition avec Atlantique, un film qui aborde la question de la migration du point de vue de celleux qui restent. Du Sénégal vers l’Espagne ; de l’amour vers le devoir ; du jour vers la nuit. Dans cette banlieue populaire de Dakar où des tours futuristes s’érigent dans un climat d’esclavagisme tout aussi moderne, il est question de multiples traversées qui nous mèneront dans une pénombre complète où les âmes se font justice elles-mêmes. Par le feu. Pour montrer les jours qui passent dans la vie de ces femmes du littoral, Mati Diop trouve l’idée simple et géniale de filmer les croissants de lune. Hommage aux marées, aux cycles féminins, ou ode au monde des revenants ? Ada, éprise de son bien-aimé Souleiman parti en mer sans l’avertir, doit s’unir à Omar, un jeune seigneur local et salarié en Europe la plupart des mois de l’année. La scène de leurs noces, superposant des chants traditionnels et une musique spectrale, restera probablement une des expériences les plus mystiques de notre festival 2019, de même que cette séquence de lumière laser qui rencontre une boule disco pour une danse silencieuse sur un corps immobile. Si le pouvoir magique du film est de parvenir à aborder avec une grande délicatesse des questions aussi prioritaires que l’injustice sociale et la sororité dans un milieu radicalement patriarcal, l’émotion finale ne s’incarne pas ; ne s’installe même pas dans la lenteur des plans. Peut-être au prochain quartier de lune le film aura-t-il travaillé dans nos esprits, et l’on s’apercevra que la mer d’huile précédait des vagues plus agitées…

 

Voodoo hype

 

2019 |Copyright Playtime

 

 

Avant, les zombies se traînaient lentement, bras tendus. Grognant de loin, ils étaient rarement d’une folle intelligence et l’on avait le temps de se barricader. Désormais, vous l’aurez sans doute remarqué dans nos films du samedi soir ou nos séries préférées, les zombies tracent. Comme le dit une des jeunes protagonistes de Zombi Child, film sélectionné à la Quinzaine, “Aujourd’hui tout va plus vite donc les zombies aussi”. C’est ce pari de la célérité que fait Bertrand Bonello. Imaginé il y a tout juste un an, le film a été tourné à plusieurs équipes (réduites), partagées entre la France et Haïti, en faisant l’impasse sur les vedettes. Le roc sur lequel s’accroche l’histoire, c’est cette école d’excellence presque exclusivement féminine dans laquelle quatre jeune filles montent une sororité, déjouant l’attention des professeurs avec un fantoche “cercle de lecture contemporaine” ; au lieu de ça, elles se réunissent la nuit pour chanter du Damso et décider qui fait partie — ou pas — des cool kids du lycée. Une nouvelle, Mélissa, fait face à l’arbitrage de cette sororité. Elle est Haïtienne, fille de diplomates et orpheline suite au tremblement de terre de 2010. Sa tante est une célèbre mambo, mot désignant une prêtresse haïtienne vaudou.

 

Bonello semble fasciné par cette galerie de personnages à la candeur virginale et aux dialogues insipides, mais fasciné tout autant par la spiritualité et les mythes haïtiens : alors pourquoi ne pas faire deux films en un ; un genre de Suspiria caribéen ? Sauf qu’aujourd’hui, tout va plus vite. Le zombie (orthographié sans -e pour le titre, dans un souci de fidélité au créole haïtien) est à l’origine un phénomène scientifiquement explicable : les propriétaires des plantations droguaient de pauvres hommes, les faisant passer pour morts, avant de les extraire de la tombe et de leur administrer des doses de potions à heures régulières pour les soumettre à leurs volontés, et ainsi les faire travailler dans les plantations comme esclaves. Le zombie a été introduit dans le folklore du cinéma américain lors de l’occupation d’Haïti par les Etats-Unis au début du XXème siècle, au même titre que la sorcellerie issue de la religion vaudou afin de décrédibiliser la population opprimée. Bertrand Bonello semble très bien renseigné sur la question et étudie les contours de la représentation à l’occidentale… mais déconstruit difficilement la tradition colonialiste américaine. Il faut dire qu’à l’inverse de chez Mati Diop dans Atlantique, les scènes de possession sont véritablement horrifiques ; et que celles de cérémonies du Vaudou, probablement bien réelles, sont tronquées pour être mieux insérées dans ce qui se rapprochera à la fin d’un teen movie fantastique. Élusion pudique ? Non ; dans son cinéma cérébral, Bonello devance tout ce qu’on pourrait lui reprocher, notamment la question de l’appropriation culturelle ou de l’exotisme, en faisant du caprice de l’une de ses protagonistes blanches et aisées le point de bascule vers l’horreur. En nous détournant du véritable sujet fasciné (lui-même), Bonello nous éloigne aussi de la sincérité et de l’exégèse d’un cinéaste extérieur à sa matière. Alors que d’autres filment l’inconnu avec amour et patience, comme peut le faire Roberto Minervini lorsqu’il va filmer des communautés minoritaires aux États-Unis ou Jean-Charles Hue dans les camps roms. Entre 1947 et 1954, la réalisatrice de films d’avant-garde Maya Deren avait effectué un plongeon dans le monde des esprits avec le documentaire Divine Horsemen, The Living Gods of Haïti. Elle y avait rapporté de précieuses images empreintes d’une vérité. Ici dans Zombi Child, le générique se ferme sur une chanson américaine. Aujourd’hui tout va plus vite, donc Bonello aussi.

 

Le gris du feu

 

En quittant les prairies et les forêts de son premier long métrage The Witch pour une île dangereuse et rocheuse — située également en Nouvelle-Angleterre — le réalisateur américain Robert Eggers continue son exploration des mythes et des légendes avec son film présenté à la Quinzaine des réalisateurs : The Lighthouse.

Il place sur cette île un vieux gardien de phare acariâtre (Willem Dafoe) et un apprenti volontaire mais maladroit (Robert Pattinson). Leur mission est simple : entretenir le phare et le garder en état de marche. Comme dans son fabuleux film précédent, la nature, hostile, encercle et isole les humains. Grâce à une maîtrise parfaite de l’image (en noir et blanc et en format de ratio quasi carré), du cadrage, de la lumière et de la réalisation, le jeune cinéaste nous installe immédiatement dans un huis clos angoissant dans lequel les éléments, les chimères et (peut-être) les dieux vont se déchaîner contre les deux occupants du phare.

 

2019 |Copyright Droits réservés

 

Dans ce monde coupé du monde, seul des titans peuvent survivre. Il faut être plus fort que sophistiqué, plus sauvage que courtois, plus agressif que patient. Alors les deux hommes parlent mal, se parlent mal, fument beaucoup, boivent, tentent de dominer l’autre, s’épuisent, souffrent, pètent, se masturbent et s’ennuient. L’horreur, si nous devions placer ce film dans cette catégorie, vient avant tout de la solitude qui nous traverse au fur et à mesure que le film avance. Cette solide solitude qui pousse lentement les hommes — surtout les plus prétendument costauds — dans la folie. Une folie qui s’installe doucement en eux parce qu’ils sont obligés de réfléchir à ce qu’il se passe sous, au-dessus et autour d’eux, de penser à ce qui les a amenés ici. Bien sûr, il y a les légendes marines qui se font plus fortes quand les tempêtes et l’obscurité arrivent. Les sirènes et les monstres marins dont les contes parlent si intensément qu’ils ne peuvent qu’exister lorsque la nuit tombe et que les vagues se fracassent sur les récifs. Quand la frustration sexuelle arrive, les belles sirènes s’échouent sur les rochers, hurlent comme elles hurlent dans L’Odyssée d’Homère. Quand le feu inaccessible vire à l’obsession et inflige à celui qui tente de l’approcher le châtiment de Zeus.

Dans ce petit univers trempé, seul compte le maintien en vie de la flamme du phare qui grise les deux hommes, les transforme mentalement et physiquement. Leur tâche devient un sacerdoce sans but, les change en bêtes de somme, en mauvais humains, en idiots utiles. Il n’y a de tendresse entre les deux hommes que lorsqu’ils sont ivres morts ou à bout de force. Les personnages — comme les comédiens — sont malmenés et acculés dans les recoins de leur humanité. Ces deux titans abandonnés doivent-ils continuer à protéger les hommes ou sauver leur peau ? Qu’est-ce qui les pousse à se sacrifier pour les autres humains alors qu’ils se transforment peu à peu, tel Prométhée et Epiméthée, en frères ennemis ? L’altruisme, nous répondrait la mythologie. La folie, nous répond Robert Eggers.

The Lighthouse est un film audacieux, rendu puissant par la radicalité de sa mise en scène, son ambiance macabre et la psyché de ses personnages. Un roc aux contours acérés, quelque part entre Nosferatu et les films muets de Guy Maddin (on pense bien entendu au phare de Des Trous dans la tête) Le résultat formel est maintenu à un très haut niveau jusqu’à l’ultime scène du film qui nous laisse sur les rétines les contours d’un tableau de Gustave Moreau et l’eau salée de l’océan.   

 

 

Dans la vase de Chine

2019 © Memento Films

 

Au titre imperturbable qui sonne comme une oasis d’Orient, le film de Diao Yinan nous plonge surtout dans les ténèbres sur lesquelles règnent les gangs d’une ville non identifiée. Le Lac aux oies sauvages s’ouvre sur ce qui semble être un grand congrès de la pègre, où l’on répartit les rues au mérite et à l’ancienneté pour faire disparaître motos et scooters dans l’obscurité. Ici comme en politique, ce n’est pas parce qu’on est de la même famille qu’il n’y a pas de compétition, et les tensions entre factions aboutissent à de véritables « Jeux Olympiques du vol » pour sacrer le vainqueur. Le gang qui réussi à dérober le plus de véhicules en une seule nuit se verra attribuer l’avenue la plus prestigieuse. Non loin de là, une autre organisation : celle des « baigneuses », des femmes coiffées d’un large chapeau blanc qui accompagnent les messieurs en barque au milieu du lac, là où l’acuité visuelle ne distingue plus les corps. Dans cette humide nuit chinoise qui ne termine jamais, Diao Yinan allume d’étranges lanternes que sont les néons des devantures de commerce, une lampe en fibre optique ou même des semelles lumineuses qui piétinent le Maddison. Le regard des animaux s’allume aussi pour observer le carnage des humains. Les liquides coulent et s’entremêlent ; le sang, la pluie, le foutre ; les ombres passent. On apprend que concevoir un bandage pour soi-même peut quasiment se transformer en solo de danse contemporaine. Lorsqu’elle déambule dans les silences suspects, le dos de Tang Wei n’a rien à envier à celui de Kim Novak dans Vertigo. Et si le film n’était pas régulièrement éclaboussé d’ultra violence, il pourrait nous faire penser à Bi Gan et son Long voyage vers la nuit par ses compositions de cadre, ses couleurs et son onirisme. Si tout est surprise esthétique dans ce film de la Sélection officielle, on en sort également surpris de s’être si peu attaché aux âmes des personnages que l’impressionnisme finit, à la longue, par effacer.

 

La muse de ma muse

 

« Sans connaissance de l’anatomie masculine, toute la gamme des grands sujets nous échappe ».

 

Glissés à l’oreille d’une modèle, ces mots ardents d’ironie dans la bouche d’une femme peintre à la fin du XVIIIe siècle nous livrent toute les clefs de la pensée féministe de Céline Sciamma. Car les femmes, à l’époque, n’avaient pas le droit de peindre des modèles nus masculins et se contentaient donc de tenter leur chance dans l’art du portrait de cour. Qu’à cela ne tienne. Avec Portrait de la jeune fille en feu, Céline Sciamma prouve son talent pour le traitement d’un grand sujet en l’absence remarquable des hommes ; sans la palette viriliste, par exemple, des personnages de n’importe quel film de Tarantino ou du dernier Jacques Audiard. Notons aussi le talent pictural de la cheffe opératrice Claire Mathon, autre portraitiste de ce film, qui avait aussi signé l’image d’Atlantique

 

2019 © Pyramide Distribution

 

L’idée de « film en costume », d’autant plus surprenante après le très urbain et contemporain Bande de filles, est pris au pied de la lettre. Pour être mariée à un Milanais de lignée respectable, Héloïse (Adèle Haenel) doit, selon les conventions aristocrates, poser dans sa plus belle robe pour être peinte. Souci : le portraitiste précédent s’y est cassé les dents, car craignant de faciliter l’opération de mariage forcé en coopérant, Héloïse avait refusé de se prêter à l’observation du peintre. C’est dans un contexte de ruse maternelle que Marianne (Noémie Merlant) est chargée de lui tirer le portrait, en se mettant dans la peau d’une baby-sitter le jour, la scrutant du mieux qu’elle peut pendant leurs longues promenades le long des falaises ; peignant la nuit. Nous retiendrons les dialogues savoureux sur les interprétations du mythe d’Orphée et Eurydice, Vivaldi massacré au clavecin, et qu’il faut être deux pour être drôle.

Le Portrait de la jeune fille en feu est probablement le plus bel hommage que n’importe qui puisse rendre à l’actrice que Céline Sciamma avait révélé dans son premier long-métrage La Naissance des pieuvres, mais dont la réciprocité est aussi vraie : c’est Adèle Haenel qui a fait naître Céline Sciamma en tant que cinéaste. Et de réciprocité du regard, il est beaucoup question dans le film. Lorsqu’un artiste peint sa muse jour après jour, il est capable d’en dessiner les contours les yeux fermés. Mais que voit la muse, assise en face ? N’est-elle pas elle aussi capable d’apprécier les gestes du peintre, ses mimiques, ses respirations ? Sciamma déconstruit brillamment ces schémas de domination trop souvent passés sous silence au cinéma lorsqu’on aborde la thématique de la muse et redonne au modèle la chaleur d’un tempérament. Elle tend un miroir à l’artiste, qui n’est plus tout-puissant.

Le film, aux abords préromantiques un peu douçâtres, et dont on peine au début à trouver la verve, met le feu aux poudres lorsque se déclare la première flamme (vous la reconnaîtrez). La réalisatrice fait alors bourgeonner son film et nous emmène très loin, loin dans la réflexion sur la sororité, dans l’évocation de la maternité non désirée des femmes comme dans des rondes de sorcières aux chants époustouflants, mais aussi sur le départ, sur l’amour sempiternel. Sur le portrait que l’on choisit finalement de garder de quelqu’un.  

 

Pleuvent les cendres

 

Il y a plusieurs manières de se reconnecter à celle qui nous a mis·e au monde. La première serait de rejoindre sa star de mère en phase terminale dans une résidence de luxe quelque part en Europe (Sintra, au Portugal — mais on aurait tout aussi bien pu opter pour Disneyland ou Ibiza), dans une atmosphère de marivaudage qui agonise, et de mettre sur le tapis toutes les questions d’argent avant qu’il ne soit trop tard. Une autre serait de se glisser auprès d’elle et de son jardin potager, après bien des années à l’ombre, en sachant que l’amour et la miséricorde essuient l’ardoise de nos erreurs. Du premier film, Frankie, réalisé par Ira Sachs et présenté dans la compétition en sélection officielle, nous ne nous converserons pas beaucoup plus. Isabelle Huppert ayant cessé de jouer, Ira Sachs ayant cessé de penser, tout ce qu’il nous reste de cette épopée statique grande bourgeoise est le prix du bracelet de cette fameuse Frankie : 40 000€.

2019 ©Pyramide Distribution

Il avait remporté en 2016 le Grand Prix Nespresso de la Semaine de la Critique avec  Mimosas, la voie de l’Atlas ; le cinéaste Oliver Laxe, avec son dernier film O que arde (Viendra le feu dans son titre français) présenté à Un Certain Regard, développe au contraire à l’écran tout ce qui n’a pas de prix. L’année dernière, Le Chant de la forêt de João Salaviza et Renée Nader Messora, présenté aussi vers la fin du festival, nous avait déconnecté·e·s des viles passions cannoises en nous enveloppant d’âmes et d’arbres. Ici, Viendra le feu, tout premier film en langue galicienne jamais montré à Cannes, nous téléporte encore dans une autre sphère de priorités, un autre rythme de visionnage. Le film démarre sur l’hécatombe des géants : tous les arbres d’une forêt de pins s’effondrent les uns sur les autres, comme un jeu de dominos. En quelques secondes, les machines des humains tronçonnent, ébranchent et disposent les troncs en masse. Après avoir purgé sa peine de prison pour incendie criminel, c’est dans une Galice plongée dans la brume qu’Amador revient habiter avec sa vieille mère. Elle ne pose aucune question. La réponse réside dans les paysages mousseux que Laxe filme comme personne, dans le tintement des cloches des vaches qui répondent au clocher, dans le crépitement d’un tison, dans une chanson mélancolique de Léonard Cohen. Au sein du duo taciturne mère-fils qui fait parfois penser à des tableaux de Rembrandt, les résidus de haine des gens du village ne sont qu’un détail. À propos des eucalyptus dont les racines pompent l’eau des sols est pudiquement lancée cette parabole : “S’ils font souffrir, c’est parce qu’ils souffrent”. Puis le titre, prophétique, rompt le calme et prend toute son ampleur dans le cadre et les couleurs. Les cuivres saturent les tympans, les pompiers tentent de détricoter l’irréversible. La stupéfaction de l’instant au-delà du cinéma quand les cendres se déposent en même temps que nos larmes.

 

2019 ©Pyramide Distribution

 

Nos papiers sur le festival de Cannes sont à suivre ces prochains jours sur Culturopoing.com

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A propos de Antoine HERALY

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