De l’autre côté du "miroir obscur" – Une rencontre avec S. du Mesnildot et le cinéma des vampires.

 

« Le cinéma m’offrit ses maisons où jamais le soleil ne perce. Il m’offrit ses pouvoirs d’hypnose et l’adoration des enfants de la nuit qui, depuis, célèbrent chacune de mes métamorphoses. J’étais, et je suis toujours, la déraison, la panique et le blasphème. Sachez-le, jamais je n’aurais pu entrer dans vos rêves sans y avoir été invité. Plus encore que de votre sang, je tire ma force de la passion que je vous inspire. »

En quelques 125 pages et presque une quinzaine d’oeuvres clés – un choix forcément exhaustif mais qui trouve sa force dans l’histoire qu’il dessine -, Stéphane du Mesnildot énumère de belle manière la rencontre entre une ancestrale figure du fantastique et l’art cinématographique , celle d’un “enfant de la nuit” avec un lieu qui lui semblait prédestiné et qui lui dessinera son plus bel avenir : la salle obscure.
C’est donc l’histoire d’ un amour presque fusionnel, chacun se nourrissant de l’autre : celle d’une figure invoquée sous différents aspects, à jamais régénérée par un cinéma qui y puisera sa force expressionniste et sa puissance érotique et chromatique, forcément rouge.
De Nosferatu à Twixt, le  texte de Stéphane du Mesnildot est aussi un beau portrait de cinéphiles, presque intime, de ceux qui osent le grand saut dans le pays des rêves, qui s’oublient, exsangues mais ravis, entre l’amour et la mort – finalement, l’essentiel -, dans un cinéma fait de puissances, de fantasmes, d’imaginaire et donc de possibles. Un bel avenir, en somme, pour ceux qui ont le cinéma dans le sang.
Un entretien avec Stéphane de Mesnildot :
 
“Le miroir obscur”. Stéphane du Mesnildot.
Edition Rouge Profond. 125 pages. 21x16cm.
Prix de vente : 15 €.

A propos de Benjamin Cocquenet

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