L’oeuvre d’art ne sauve pas de la folie, au contraire (sur Dario Argento)

J’aime beaucoup le cinéma d’Argento. Ainsi, ce que j’aime dans certains films d’Argento, notamment L’Oiseau au plumage de Cristal, Opera, ou Profondo Rosso, c’est l’image. Très léchée, très travaillée, très esthétique, voire graphique. L’image d’ouverture de Profondo Rosso est ainsi surprenante, par son cadrage décalé. Je pourrais parler de plein d’autres choses, encore, notamment la musique, mais là j’ai décidé, puisque c’est le lieu, de me pencher plutôt sur l’oeuvre d’art dans les films d’Argento.

Capture image DVD Wild Side

Hopper résonne….

Une partie de l’intrigue de L’Oiseau au plumage de Cristal se déroule dans des environnements saturés d’oeuvres, galerie d’art ou d’antiquités. C’est aussi le cas d’Opera, bien qu’il s’agisse d’art lyrique. Je pense aussi bien évidemment à La sindrome di Stendhal, avec une fantastique scène d’ouverture, montrant Asia Argento se promenant dans les Offices. Mais ce qui m’a étonnée, en regardant ces films, c’est le rôle paradoxal de l’art. Les oeuvres sont parfois des éléments permettant de faire avancer l’intrigue, en ce qu’elles livrent des indices. De plus, les assassins sont généralement de grands amateurs, voire des spécialistes ; surtout, l’oeuvre est souvent utilisée comme arme du crime. Ainsi dans L’Oiseau au plumage de Cristal, l’assassin tente de liquider le témoin en l’écrasant sous une chappe ornée de pics, une oeuvre sur l’origine du monde, je crois. Ainsi dans Ténèbres, un des protagonistes se fait massacrer avec une sculpture. L’art est dangereux, a dit Argento, à propos du Syndrome de Stendhal. Comme si la puissance de l’art ne pouvait être, ontologiquement, que néfaste, comme si les pulsions n’étaient forcément que mauvaises. Comme si l’oeuvre, vecteur de pulsions négatives, ne menait paradoxalement qu’au désir de destruction radicale.

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