Nous avons rencontré William Friedkin en juin dernier, pour la sortie en DCP restauré, du director’cut de “Sorcerer” (1977). Hormis tous les aléas qu’a connus le film (un tournage mouvementé en République dominicaine et au Mexique, des dépassements de budget répétés, une sortie éclipsée par “La Guerre des étoiles”, une recette déficitaire..), il semble que cette relecture du “Salaire de la peur” ait longtemps souffert d’un énorme préjugé : celui de n’être qu’un remake du film d’Henri-Georges Clouzot ; un malentendu accentué par la promotion malheureuse du film à l’étranger (en France, il fût présenté sous le titre ambigu du “Convoi de la peur”, qui imitait délibérément le nom du premier film).

En sus de la longue bataille que Friedkin engagea vis-à-vis des studios, pour pouvoir récupérer son film et le restaurer, il en mena une seconde, pour le réhabiliter en tant qu’œuvre originale.  Et c’est bien son “Sorcerer” que l’on découvre aujourd’hui : une épopée à la croisée des genres, allégorie sur les affres de la destinée humaine et le pouvoir (auto)destructeur de la Nature. Une nature “surnaturelle”, tapie dans les profondeurs de “l’âme” humaine, mais qui se déchaîne, également, à travers les éléments : la pluie battante, bleue comme une attaque acide ; le feu et la poisse équatoriale ; les amas de branches et de troncs, autant de pals et de crucifix sardoniques…

William Friedkin nous raconte, avec toute la truculence de “storyteller” qu’on lui connaît (nombreux sont ceux qui gardent en mémoire sa “leçon de cinéma”, une véritable performance de stand-up, à la cinémathèque française en 2013), comment il a fini par dompter les poignées de fauves, que son sorcier de film lui a jetés au visage, des années durant.

Alors Bill, “The Lady or the Tiger ?”

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Sorcerer” (1977) de William Friedkin – sortie au cinéma le 15 juillet 2015 (La Rabbia – Bach Films).
Culturopoing est partenaire de l’évènement.

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