Greg Iles – “L’Arbre aux morts”

Brasier noir, le premier tome de la trilogie de Greg Iles, avait laissé le lecteur impatient tant ce roman, aussi dense que saisissant, était une réjouissante surprise. Depuis, Greg Iles se fait un nom dans le panthéon des auteurs de polars et, surtout, le deuxième opus, L’Arbre aux morts est sorti en France…

Entre fantasme sordide et réalité, L’Arbre aux morts désigne un lieu maléfique au cœur des marécages du Mississippi. Depuis des années, l’endroit sert de lieu sacrificiel et mémoriel pour les Aigles bicéphales, organisation ségrégationniste aux commandes de tous les leviers du pouvoir sur ce territoire du Sud des États-Unis. Lieu mystérieux dont l’endroit n’est connu que des initiés. Pourtant, Caitlin Masters, journaliste et compagne de Penn Cage, s’obstine à vouloir le découvrir, persuadée qu’il permettra d’élucider les meurtres commis dans les années 1960. Consciente des dangers qu’elle encourt dans cette aventure, elle décide de n’informer personne de ses intentions…

A la fin du premier tome, la disparation de Brody Royal laissait espérer la fin des Aigles bicéphales, privés de leur chef. Il n’en est rien. Au contraire, le véritable leader, Forrest Knox, sort de l’ombre. A la tête du bureau des enquêtes criminelles de la police d’État, son pouvoir de nuisance est immense. Depuis des années, il veille à ne pas rompre la loi du silence sur les exactions des Aigles. Il organise la traque du père de Penn Cage, accusé d’avoir tué deux policiers. Penn Cage, maire de Natchez, est acculé dans ses choix. En effet, Forrest Knox lui propose de pactiser pour sauver la vie de son père. Pour Penn, cela reviendrait à trahir son engagement auprès des siens. Mais, pour autant, peut-il se résoudre à abandonner son père ?

N’hésitant pas à mêler la grande Histoire à la petite, les personnages de Greg Iles croisent la route de Fidel Castro et se retrouvent témoins de l’assassinat de Kennedy. Les intrigues sont multiples et traversent les époques dans une cohérence magistrale. Les renversements sont multiples, souvent inattendus et parfois dramatiques, confirmant la noirceur du style de Greg Iles.

Les personnages abondent dans ce nouvel opus, comme par exemple Harold, dont la seule erreur aura été de croiser la route des Aigles :

« – Laisse-moi t’aider à sortir de là, proposa Ozan en tendant sa main gauche.
– Je suis bien là, répliqua Harold. Vous devez avoir des choses importantes à faire, je sais. […]
– Non, pas de problème, insista Ozan, la main toujours tendue.
Harold hésita, puis avança sur la proue de la pirogue et saisit la main d’Ozan.
En un seul geste, Ozan sortit la lame et l’enfonça dans le sternum d’Harold Wallis.
Personne ne paraît aussi étonné que quelqu’un qui se fait poignarder par surprise. Ce n’est pas  comme le choc d’une balle, qui embrouille le cerveau en un millième de seconde. Une lame donne le temps aux gens de comprendre ce qui leur arrive. La force du couteau d’Ozan avait sûrement coupé le souffle de Wallis, et le couteau avait certainement transpercé son cœur, mais ses yeux étaient écarquillés et toujours pleins de vie.»

 Greg Iles réussit le tour de force de maintenir un suspense durant les 1000 pages de ce nouveau tome. Il emporte le lecteur grâce à une puissance narrative saisissante ; la tension est à son comble et ne se relâche pas au fil des pages. Son polar est grandiose et rien ne laisse supposer son dénouement…

 

L’Arbre aux morts

Greg Iles

Actes Sud

 

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A propos de Julien CASSEFIERES

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