Jim Jarmusch – « Paterson » (2016) : Ces petits riens qui font un grand Tout.

En ayant adopté, pour son nouveau film, un ton et un rythme résolument monotones, Jim Jarmusch prend le risque d’ennuyer le spectateur. Paterson, c’est sept jours de la vie d’un homme dénommé Paterson, qui vit en un mignon pavillon sis dans la ville de Paterson – dans le New Jersey, à moins de 30 km de New York -, avec sa femme Laura et son chien Marvin, et dont le métier est conducteur de bus. Sa vie quotidienne est réglée comme du papier à musique. Lever, petit déjeuner – des Cheerios, céréales très appréciées aux USA -, marche vers le dépôt de bus, travail à proprement parler, retour à pied, vers le domicile, discussion avec Laura et/ou repas pris avec elle, activité personnelle d’écriture, promenade de Marvin avec halte dans le débit de boissons tenu par l’ami Doc’. Ce sont pratiquement les seules choses que l’on voit des journées de Paterson, mais on les voit de façon répétitive ; pas tout à fait, mais presque systématiquement.

Paterson restera cependant, pour nous, et manifestement pour un grand nombre de critiques ou de spectateurs qui ont eu la chance de le voir avant sa sortie, comme l’un des meilleurs films du cinéaste, à placer aux côtés de Stranger Than Paradise, Down By Law, Ghost Dog ou Dead Man.
Il y a une manière jarmuschienne de raconter ou d’énoncer, de mettre en scène, de filmer, qui fait de cette nouvelle œuvre un clair enchantement. Paterson est posé, positivement dépourvu d’intrigue, de suspense. Jarmusch a déclaré que son “film se veut un antidote à la noirceur et à la lourdeur des films dramatiques et du cinéma d’action” (in Dossier de presse). La vie de Paterson est tranquille, sereine. Son tempérament est placide – sauf en cas d’extrême nécessité… et encore, c’est à son propre étonnement, et au nôtre, qu’il a recours à la force. Il forme un couple parfait avec Laura, malgré leurs différences – les deux époux sont comme le yin et le yang ; comme le noir et le blanc, ces deux teintes-valeurs complémentaires auxquelles la jeune femme est obsessionnellement attachée. Les conflits sont en arrière-plan, sur le côté. Ils concernent les autres. Des connaissances comme Doc’, comme Donny, le boss du dépôt qui croule sous les problèmes personnels, ou comme le démonstratif Everett, amoureux fou de Marie.
Le cinéaste est aidé par ses excellents acteurs : notamment l’Américain Adam Driver (Paterson), que l’on a récemment pu apprécier dans Midnight Special de Jeff Nichols, l’Iranienne Golshifteh Farahani (Laura), et la chienne Nellie – décédée peu après le tournage, et qui a beaucoup ému ceux qui l’ont vue dans la peau de Marvin au dernier Festival de Cannes (1).

Jarmusch joue et travaille donc sur l’itération. Cadrages en plongée totale du lit dans lequel dort le couple, pour introduire chaque nouvelle journée ; gros plans sur la montre qui indique à Paterson l’heure, quand il se réveille ; déplacement du conducteur du bus lorsqu’il se rend à son travail ou en revient ; attente du bouledogue anglais devant le bar où, chaque soir, le protagoniste vient boire une bière… Tout cela revient à plusieurs reprises, parfois pour tous les jours représentés. Mais à travers les répétitions, il y a constamment des petites variations qui, quand on les remarque et qu’on est de bonne composition, provoquent une forme de plaisir. Paterson et Laura ne sont pas couchés tous les matins dans la même position. Il n’y pas toujours le(s) même(s) livre(s) posé(s) sur la table de nuit – Paterson est un grand lecteur, comme Ghost Dog en son temps. La montre indique bien les six heures du matin, mais l’aiguille des minutes n’est jamais placée exactement au même endroit. Ce sont rarement les mêmes lieux qui sont filmés lorsque l’on voit Paterson marcher dans Paterson – la représentation est elliptique, on ne voit donc jamais tout du chemin parcouru, et le personnage ne prend pas forcément, tous les jours, un itinéraire identique. Marvin n’est pas toujours cadré de la même manière lorsqu’il attend son maître devant le bar… Ce sont quelques exemples.

Le film tire son charme d’une alchimie réussie entre différence et répétition. Deleuze citait Héraclite : “On ne peut pas entrer deux fois dans le même fleuve”. Everett donnera comme un écho à cette évocation de ce que d’aucuns appellent l’impermanence : “Demain est un autre jour”.

Les personnages ne se plaignent pas de leur vie uniforme, sans surprises, et celle-ci ne l’est pas forcément pour le spectateur qui découvre le film, l’univers quiet qui y est joliment représenté, et les personnages sympathiques dont on voit l’activité professionnelle. Qu’on le regrette ou pas, Paterson n’a pas pour sujet le labeur, les conditions de travail des conducteurs de bus de la société Transit, aux États-Unis, dans l’État du New Jersey, autour de 2015. Il ne s’agit pas de montrer l’ennui, la fatigue, l’inutilité de leur activité professionnelle que pourraient ressentir certains personnages dans le cadre de leur existence et de leur épanouissement personnels. On peut même dire que Paterson trouve du bonheur à faire son job et à le faire comme il le fait. Plaisir et routine sont ici parfaitement compatibles. La ville, la vie décrites ont une dimension idyllique – on évoquera, à ce propos, Ozu, pour qui Jarmusch n’a jamais caché sa grande admiration, mais aussi la surface des représentations burtoniennes, kaurismakiennes, lynchiennes – une de leurs facettes. La couleur de l’univers patersonnien est primaire. Jarmusch ne donne pas dans le réalisme social. Il se situe ailleurs…

En fait, point évidemment essentiel, Paterson compose des poèmes, les couche sur les pages blanches d’un “carnet secret” – peut-être après les avoir pensés. Une voix fait entendre ces écrits ; une voix que l’on pourrait aussi bien dire off – source extérieure à la diégèse, même si c’est Paterson qui parle – que diégétique interne – expression à voix haute des pensées du protagoniste. On peut imaginer que cette activité sort le conducteur de son quotidien, lui donne l’impression subjective que le temps de travail est plus court qu’il ne l’est réellement, le fait voyager hors de la réalité besogneuse dans laquelle il a principalement à s’adapter – mais les incidents de parcours sont rares -, à réitérer des gestes fonctionnels, de manière quasi machinique, et non à créer, innover, donner forme à son ressenti, exprimer sa subjectivité. D’ailleurs, sa poésie n’obéit pas aux règles d’origine prosodique – mètre, rime… Foin de ce carcan ! Paterson compose des “vers libres”, de la prose sensible.

Le protagoniste écrit le matin, installé au volant de son véhicule, avant de démarrer sa journée de travail. Le midi, en déjeunant, assis sur un banc faisant face à un pont et une cascade – le “Chasm Bridge”et les “Passaic Falls”. Le soir, parfois, dans sa cave.
Difficile de dire pourquoi Paterson compose des poèmes, d’expliquer le besoin qu’il a d’en écrire et de comprendre les origines, le pourquoi du talent qu’il a – au moins aux yeux de Laura. Il est poète. C’est un fait. Par contre, ce que l’on voit, c’est qu’il est réceptif à ce qui l’entoure, à ce qu’il voit et entend (2). Il y a sa femme qu’il aime, qui l’aime et qui est merveilleusement attentionnée ; sa femme qui est débordante de vie et d’activité diverses – plus variées que les siennes ; qui est, certes, hyper-connectée au monde d’aujourd’hui – elle est technophile -, mais aussi songeuse, joueuse, sensitive, et poète à sa manière – elle rêve d’éléphant persan argenté, parle de sa maison comme d’un “palace”, qualifie la montre de son mari de “magique” ; qui lui apporte une touche d’exotisme de par ses racines orientales (3). Il y a les objets qui sont à portée de main – une boite d’allumettes, par exemple. Il y a le monde environnant que Paterson parcourt à travers ses trajets au volant du ou des bus qu’il conduit et qui est aussi à penser comme étant un écran pour lui. Il y a les conversations de certains passagers qui le font quelquefois sourire. Les échanges qu’il peut avoir avec des personnes rencontrées par hasard – l’adolescente poétesse. Paterson est bien , présent à son monde. Mais il est aussi ailleurs, comme détaché, hors de son temps – comme l’était Ghost Dog -, lui qui a par exemple renoncé au téléphone portable et qui voit des films du XXe siècle, en noir et blanc, au cinéma.

La poésie de Paterson est d’ailleurs positivement simple. Elle rend compte d’expériences, de sensations, de perceptions immédiates et tangibles. Elle les transforme en les prenant comme point d’appui. L’inspiration semble avoir ses racines dans le lieu de vie du personnage – les deux se confondent, donc, on l’a compris. Le poète favori de notre driver est William Carlos Williams (1883-1963). Celui-ci a écrit un poème intitulé Paterson, mais c’est moins à ce pavé épique que Jarmusch-Paterson fait référence qu’à des poésies minimalistes comme This Is Just To Say (1934), qui est d’ailleurs présentée comme l’une des créations du héros (4). Williams revendiquait une création poétique centrée sur l’ “objet”, sur le concret : “Compose. (No ideas / But in Things)” (A Sort Of A Song, 1944) (5). Williams faisait partie du courant des “imagistes”, dont le chantre était Ezra Pound. Parmi les mouvements poétiques qui se sont réclamés et se réclament de son œuvre et de sa démarche, il y a l’École de New York. L’un de ses représentants, Franck O’Hara (1926-1966), est évoqué dans le film (6)… Mais aussi Ron Padgett (1942- …). Et pour cause : la plupart des poèmes de Paterson ont été écrits par Padgett, et certains spécialement pour le film (7).

Cela dit, la poésie proposée dans Paterson ouvre sur ces univers extra-ordinaires qu’étudient la physique et la chimie – il y est question de molécules et de particules -, et qui ne sont pas à l’échelle humaine. Il y a du lyrisme en ces textes – cf. le poème : Water Falls. Il y a peut-être même ce qui englobe et dépasse la physique – de la méta-physique… Une forme de spiritualité, voire de mysticité, guide l’auteur. Nous abondons, de ce point de vue, dans le sens de Joachim Lepastier quand il écrit que la “poésie” de Paterson n’est pas “uniquement focalisée sur les petits riens de l’existence”. Que ses compositions littéraires “décrivent méticuleusement le quotidien (…) pour mieux le prendre à rebrousse-poil et y insuffler une étincelle quasi cosmique”. Que “nombre de poèmes offrent d’étonnants débouchés sur des étendues philosophiques qu’on ne soupçonnait pas” (…) (8).

Dans Paterson, Jarmusch visualise, met en scène la “synchronicité” à laquelle se sont intéressés Carl Gustav Jung et Wolfgang Paoli, à partir des travaux de Paul Kammerer sur la loi des séries – les “hasards signifiants” -, où la causalité n’entre pas en ligne de compte. La synchronicité est constituée de ces coïncidences qui traduisent, dans la manière dont on les crée et dont on les appréhende, une forme de croyance au supranaturel, de vision unitaire du monde et de la psyché, mais qui permettent aussi à un artiste – et l’on pense, entre autres, bien sûr, à Cronenberg – de créer des rimes internes en son œuvre, de construire celle-ci à travers la mise en miroir et en écho, la correspondance d’éléments et de parties qui en sont constitutifs ; de créer des sentiments d’étrangeté plus ou moins inquiétante. Le plus bel exemple de synchronicité dans Paterson concerne la gémellité. Laura rêve qu’elle enfante de jumeaux et Paterson n’en finit pas de voir autour de lui, en ville, des jumeaux, des couples se ressemblant comme deux gouttes d’eau. La gémellité permet aussi et encore de jouer sur les notions de répétition et de différence, d’identité et d’altérité.
On voit, là, que la réceptivité n’est pas seulement ce qui caractéristise un poète comme Paterson, un cinéaste comme Jarmusch ; la projection – plus ou moins rationalisante – est à prendre en compte.

Une péripétie importante, que nous nous garderons de dévoiler ici, nous fera comprendre que, pour Paterson, la poésie n’est pas destinée à être gravée dans le marbre ; que le héros ne cherche pas la postérité, ni même un éditeur ou un large lectorat (9).
Paterson semble considérer implicitement la/sa poésie comme un flux vital insaisissable, une matière fluide susceptible de disparaître, de s’évaporer… Comme une activité non différente des autres activités qui émaillent sa journée… Un faire naturel, banal, plus que véritablement artistique, artificiel, ou revêtant une certaine sacralité. Quelque chose qui est dans la vie, de l’ordre de l’immanence, et qui ne s’ajoute pas à elle, ne la transcende pas. Et ce, malgré ce que nous avons pu dire sur l’évasion patersonienne, et l’ailleurs où le protagoniste puiserait une partie de son inspiration.
En usant un peu trivialement de termes aristotéliciens, on peut dire que l’écriture de Paterson est autant, voire plus, de l’ordre de la praxis que de la poïesis. Ce qui compte n’est pas le but, la production, l’œuvre, mais l’acte d’écrire et le bien que procure cette pratique au sujet qui écrit. François Bégaudeau, dans Transfuge : “Reste que Paterson aura appris au passage que le geste est une fin en soi. Que la poésie vaut par son faire plus que par son rendu” (10).

Un viator ex-machina un peu kitanesque, japonais d’Osaka entrant dans le cadre comme sorti de nulle part, est celui qui, à un moment délicat vécu par Paterson, va offrir à celui-ci la possibilité d’un nouvel élan poétique, l’aider à combler un vide en en repartant, justement – Masatoshi Nagase, qui avait joué dans Mystery train, en 1989… Comme nous l’indiquait notre collaborateur Olivier Rossignot lorsqu’il a vu le film avec nous, cette apparition venant du Soleil Levant justifie la référence au haïku que l’on peut faire à propos des courts textes de Paterson et du film de Jarmusch.
L’œuvre audiovisuelle Jarmuschienne est à l’image de Paterson, de son idiosyncrasie et de sa façon d’être. Elle est un poème lapidaire, mécanique sensible, observation de la vie qui est imaginée et filmée, attention aux détails du profilmique – les gros plans dans la maison, dans et autour du bus. Jarmusch s’autorise quelques figures de style, mais, au moins dans ce film, sans trop de lourdeur, de forçage… L’éponymie-métonymique : Paterson. Le name-dropping, auquel le réalisateur avait déjà largement recours dans des films comme The Limits Of Control (2009) ou Only Lovers Left Alive (2013). Sont nommés le politicien et homme d’affaires Alexander Hamilton (1757-1804) qui a contribué à la fondation de Paterson en 1791-1792, dans le but d’en faire un centre manufacturier ; l’anarchiste d’origine italienne, Gaetano Bresci (1869-1901), ayant travaillé à Paterson dans l’industrie textile, et qui a assassiné en 1900 le Roi d’Italie Humbert Ier (11) ; le peintre Jean Dubuffet ; les poètes Emilie Dickinson, Pétrarque, Allen Ginsberg – né à Newak, dans le New Jersey, mais ayant grandi et étudié à Paterson, et qui a écrit un poème titré du nom de la cité – ; le boxeur Hurricane Carter, né à Clifton, dans le New Jersey, et accusé de trois meurtres commis à Paterson en 1966 ; l’écrivain américain Paul Laurence Dunbar (1872-1906), fils d’esclaves, utilisant la langue de la communauté afro-américaine – un rappeur noir rappant dans une laverie, son “laboratoire” selon Paterson, le cite dans son rap. Albert Sabin (1906-1993), physicien et virologue polonais qui s’est installé à Paterson ; l’acteur et humoriste Uncle Floyd ; les chanteurs Samuel David Moore et David Prater – Same & Dave – et Iggy Pop ; le guitariste Esteban ; les chanteuses folk Tammy Wynnette, Patsy Cline… Mentionnons encore d’autres figures et/procédés… Les références et citations – établissements de liens verbaux ou visuels entre Paterson et d’autres œuvres – : un livre de William Carlos Williams que Paterson tient un jour entre ses mains ; une carte postale montrant Dante Alighieri ; le film L’Île du Docteur Moreau (Erle C. Kentle, 1932), dont on voit un extrait lorsque Laura et son compagnon se rendent au cinéma. L’un des ouvrages de la bibliothèque de Paterson est signé de l’important poète américain Wallace Stevens ; un autre, sur la table de nuit, est The Walk, de Robert Walser (12). La comparaison et la métaphore : Everett et Marie sont surnommés Roméo et Juliette, Antoine et Cléopâtre. L’association symbolique des images : l’eau tumultueuse de la cascade et le corps de Laura en mouvement, sa chevelure évoquant une rivière. Le contrepoint rythmique et temporel : un ralenti sur le paysage monté sur un mouvement accéléré des aiguilles de la montre que Paterson porte au poignet. Certaines de ces figures sont obtenues par des rapprochements d’images tenant à la fois du fondu et de la surimpression. Lesquels sont probablement des équivalents de ce que montrent les vitres du bus quand elles font apparaître ce qu’il y a derrière elles tout en reflétant ce qu’il y a devant elles.

Jarmusch a eu la bonne idée d’injecter du comique – notamment du comique de répétition -, dans son film. Celui-ci est l’épice finalement indispensable pour le plat filmique concocté par le réalisateur. Il est un ingrédient salvateur, un exhausteur de goût. L’élément moteur en est le duo comique Abott et Costello qui est nommé plusieurs fois et auquel il est fait référence citationnelle – des personnages récitent des répliques du célébrissime sketch “Who’s on first ?” (1938). Lou Costello (1906-1959) était natif de Paterson. Que l’on pense à l’affiche du film Abbott and Costello meet Frankenstein (Charles Barton, 1949) devant le cinéma où se rendent Paterson et Laura… À la lunch box et à la mail box du héros… Au petit molosse anglais, Marvin, à la fois touchant et moche – avec son visage ratatiné (13) -, qui joue des coups pendables à son supposé maître ; sans mots dire, et pour cause, mais avec moult grognements ou aboiements… À Everett et son agressivité de pacotille… Que l’on y pense, et ce sont les genres de la comédie et du burlesque qui viennent à l’esprit, revivent en Paterson. Jarmusch désigne d’ailleurs aussi Buster Keaton comme étant l’un de ses réalisateurs préférés. Et le souvenir de Begnini ressurgit.

Paterson est un film que nous recommandons chaudement ; que l’on savoure avec délice et qui apaise..
Mais, attention, après le calme viendra la tempête. On attend maintenant le documentaire sur les sulfureux Stooges, réalisé par Jarsmush : Gimme Danger, avec Iggy, l’agité punk qui cherche et détruit !
Tremblons… d’impatience.

 

Notes :

1) Cf. Vincent Manilève, « Il faut rendre hommage à Marvin, le bulldog si jarmuschien de «Paterson» », Slate, 17 mai 2016.
http://www.slate.fr/story/118185/hommage-marvin-chien-jarmusch-paterson
2) Jim Jarmusch : « Il est observateur, et comme la plupart des créateurs, il a des antennes, c’est une espèce de récepteur. Je pense que mon vrai boulot de cinéaste, c’est aussi d’être un récepteur » (« Je suis un dilettante », entretien avec Jim Jarmusch réalisé par Nicholas Elliott, Cahiers du Cinéma, n°726, octobre 2016, p.10)
3) Jarmusch, à travers Laura ou Donny – les parents de l’acteur Rizwan Manji sont originaires d’Inde -, évoque Paterson comme melting pot culturel et démographique, un lieu de forte immigration.
4) On peut lire This Is Just To Say sur le site Poets.org : https://www.poets.org/poetsorg/poem/just-say
5) On peut lire A Sort Of A Song sur le site Poemhunter.com : http://www.poemhunter.com/poem/a-sort-of-a-song/
6) Franck O’Hara est connu pour voir écrit moult poèmes à l’heure du déjeuner – l’un de ses ouvrages s’intitule d’ailleurs Lunch Poems (1964). On peut lire l’ouvrage ici : https://archive.org/stream/lunchpoems00oharrich/lunchpoems00oharrich_djvu.txt
(7) Trois poèmes du film sont publiés sur le site The Poetry School (« Poems from the film ‘Paterson’ ») : https://poetryschool.com/poems/poems-film-paterson/ .
Un autre à la fin d’un article sur le film, sur le site de
Variety : http://variety.com/2016/film/news/jim-jarmusch-on-boycotting-star-wars-bringing-paterson-to-cannes-1201776665/
Un autre sur le site
Poem Hunter (où l’on peut trouver d’autres textes de Padgett) : http://www.poemhunter.com/poem/poem-153/
8) Joachim Le Pastier, « Poétique des particules », Cahiers du Cinéma, n°728, décembre 2017, p.27.
9) Paterson semble destiner ses poèmes, certains d’entre eux, où ceux qu’il a entendus, à Laura, sa dulcinée… Principalement et avant tout. On pense ici à ce qu’écrivait O’Hara dans son manifeste Personim (1959) sur le destinataire de la poésie telle qu’il la concevait : une simple « personne » autre que le poète. « While I was writing it I was realizing that if I wanted to I could use the telephone instead of writing the poem, and so Personism was born ». On peut lire le texte sur le site Poethspath.com : http://www.poetspath.com/transmissions/messages/ohara.html
10) “Poésie des jours”, Transfuge, n°104, décembre 2016, page 97.
11) Nous renvoyons le lecteur à un texte qui évoque l’importance du mouvement anarchiste italien dans cette ville industrielle de Paterson : Juan Conatz, « Paterson’s Italian anarchist silk workers and the politics of race – Salvatore Salerno », Libcom, Feb 5 2011.
http://libcom.org/history/patersons-italian-anarchist-silk-workers-politics-race-salvatore-salerno
12) La promenade était, selon les dires de Walser, la condition sine qua non de sa vivacité et de sa créativité. Walser, connu pour ses « petites proses », ses esquisses prosaïques, qui lui permettaient de décrire avec politesse un monde idyllique – même si sa vie à lui fut chaotique et tourmentée. Albin Zollinger a écrit à son propos : « Je ne connais aucun autre poète (…) qui sache pareillement rendre visible la noblesse du quotidien, la beauté du présent sans aucun blasphème » (In Robert Walser, L’Âge d’homme (Lausanne) / Pro Helvetia (Zurich), 1987, p.36).
13) Le rappeur ci-dessus mentionné l’appelle Pugsley, en référence à l’un des membres de la famille Addams.

 

 

 

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A propos de Enrique SEKNADJE

2 comments

  1. Merci beaucoup, c’est une très belle critique, attentive et sensible, proche du film tel que je l’ai ressenti. Je dirais aussi, qu’il y a du feu sous cette eau tranquille, l’amour fou partout, du couple, des êtres, de la littérature, de la poésie, de la nature. La séquence finale avec l’immense Masatoshi Nagase est l’acmée bouleversante du film. Jarmush, comme Bellochio (quels que soient les niveaux de « réussites » de ses films), est dans sa plénitude absolue de cinéaste.

    • Enrique Seknadje

      Merci beaucoup Judith Abitbol. Tout à fait en accord avec votre ressenti concernant ce qui sourd en « Paterson », et qui est moins calme et « étroit » que ce que l’on peut éventuellement croire si on se contente d’effleurer distraitement le film.

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