Interview de Bertrand Grimault – Programmateur (in) Situ

©-Mélanie-Gribinski.

En ces temps où la culture n’est  manifestement pas essentielle et les salles de cinéma tristement fermées depuis plus d’un an (exception de la trêve estivale de réouverture), il nous a paru vital de donner la parole à ces activistes de l’ombre, les programmateurs, ceux qui font vivre des salles, voire des lieux plus insolites (comme c’est le cas dans l’entretien, que vous découvrirez ici) et surtout des gens, créant des espaces de diffusion et de rencontres indispensables. Après m’être entretenue avec Maxime Lachaud, c’est au tour de Bertrand Grimault ; juste retour des choses car c’est grâce à l’érudit Bertrand que j’ai rencontré le non moins épatant Maxime. Deux têtes chercheuses dont les pépites réjouissent leurs adeptes, qu’ils soient cinéastes, musiciens, diffuseurs, chercheurs, exploitants ; tous pointus, en tout cas. Bertrand Grimault est l’homme-orchestre qui se cache derrière son association Monoquini . Rembobinage : Nous avions déjà fait un sujet sur une expo dont il était un des deux commissaires :  Moteur !

                                             

Pour démarrer, je veux bien que tu me parles à nouveau de la métaphore de la souris et du tigre que tu as évoquée, tantôt …

Dans une émission sur France Culture, David Lynch avait comparé l’ordinateur à une souris et le cinéma sur grand écran, à un tigre. Voilà une image très bien trouvée sur ce rapport de puissance. Évidemment, le cinéma dans sa dimension immersive, est absolument incomparable avec une expérience domestique. On ne domestique pas le cinéma et Godard disait que le cinéma est un art et la télévision est un meuble. On peut même dire que c’est un meuble idiot. C’est mon pote Wilhelm Hein qui parlait de « the idiot box ». Je ne comprenais pas. « Tu ne sais pas ce que c’est ? C’est la télévision ». Avec son ex-femme Birgit, ils sont vraiment les représentants d’un cinéma structurel pur et dur en Allemagne, à la fin des années 60, à l’époque de la vague américaine underground. Ils ont réalisé en 1968, un film pré-punk Rohfilm qu’ils ont collé avec de la boue sur de la pelloche. Wilhelm Hein, David Lynch, quelque part, même combat.

Avant de nous évoquer ton activité de programmateur, peux-tu nous parler de la situation préoccupante de MTK et, d’abord, nous dire qui ils sont ?

MTK est un laboratoire historique pour la pratique argentique, créé au 102 à Grenoble en 1991, implanté dans un local plus vaste en 1998 à Saint-Martin-le-Vinoux et aujourd’hui menacé d’expulsion. MTK a inspiré ensuite – entre autres – l’atelier l’Abominable à Asnières, aujourd’hui installé à la Courneuve. C’est grave, d’autant plus en plein Coronavirus. Manifestement, il est condamné à disparaître sans expertise de la part de la Direction des Affaires Culturelles de la ville de Grenoble. Etienne Caire, Xavier Querel et les autres seront virés comme des malpropres. Ça va de pair avec ce qui se passe depuis maintenant plus d’un an, avec la situation du cinéma La Clef occupée depuis septembre 2019. Ça bataille à Paris, ça bataille à Grenoble. J’imagine que l’hécatombe va se poursuivre dans un contexte d’extinction de ces flammes-là. Déjà, que ce n’était pas considéré comme “essentiel”, mais là, ça s’apparente à de l’élimination pure et simple. On voit l’énergie de l’équipe de la Clef et à côté, l’inertie, l’impéritie des politiques. Tu te dis que, là, franchement, il y a une volonté de nuisance, une volonté de réduction de l’offre culturelle à ce qu’elle a de plus visible. En tout cas, cette exception culturelle qui est présente, vivante sous nos yeux, est menacée d’être dispersée. Pas éliminée, car ces gens-là continuent de produire, mais ils sont fragilisés car il n’y a plus de lieux d’expression, de production. Le projet de La Clé est vachement intéressant : c’est non seulement un lieu de diffusion, mais aussi un lieu de formation à la programmation ; un lieu d’ateliers d’écriture de scénario. Faire des espaces non aménagés de la Clef un laboratoire expérimental de production, de pensée, de transmission de cette parole-là. C’est important que des gens attachés au support pellicule, subsistent en 2021. Ce qui est marquant c’est de voir que ce sont des jeunes gens qui s’intéressent à ça. Ils ont compris qu’il n’y a pas à opposer le tout-numérique et l’argentique, mais qu’il y a une cohabitation possible et que surtout, il faut préserver ce savoir-là. S’il y a une perte de ce savoir lié aux arts photochimiques, il y a toute une écologie du regard qui se perd. Il reste les films, certes. C’est intéressant de voir que les films de Bertrand Mandico sont réalisés en pellicule, de voir ce que ça produit comme expérience esthétique. Qu’une nouvelle génération revisite et revitalise cette esthétique, c’est quand même très encourageant et ça devrait être soutenu.

© Marion Birard

Tu as plusieurs casquettes. Il y a la programmation et aussi la projection…

En fait, c’est la même casquette, mais avec plusieurs cornes dessus. Tout est lié, c’est organique. La programmation, c’est un peu une petite famille. Mes enfants, c’est les films, les programmes. C’est réunir un corpus d’œuvres que j’aime relier à différentes disciplines – artistiques ou pas, d’ailleurs. Que ça soit littérature, sciences sociales, philosophie… Du coup, amener le cinéma comme un élément parmi un tas d’influences qui nous traversent tous. Le cinéma n’est pas séparé de notre expérience quotidienne. J’aime beaucoup une phrase de Jean Eustache qui dit « Le cinéma nous aide à faire notre lit ». J’en ai fait une sorte de devise, c’est comme ça que je conçois les choses. Une expérience du cinéma au quotidien. Les programmations sont inspirées d’une rencontre avec quelqu’un, avec un bouquin que j’ai lu… Tout un tas d’expériences sensibles qui vont générer une envie de partage de films.

As-tu eu un déclic pour la programmation ? Y a-t-il une raison particulière ?

Oui. J’ai toujours été un cinéphage. Quand j’étais adolescent à Paris, je faisais l’école buissonnière pour aller dans les salles de boulevard et leur fameux double-programme : pour 20 francs, tu voyais deux films. C’est comme ça que j’ai découvert Rage de Cronenberg avec un film de bikers allemands en première partie. J’ai fréquenté le Brady, mais, timidement, je dois l’avouer, parce que j’avais 15-16 ans et c’était un lieu inquiétant pour un jeune homme. J’étais porté sur les mauvais genres et ces espaces interlopes. Quittant Paris encore adolescent, c’est à Bordeaux que je me fais dépuceler culturellement puisque mine de rien, plein de choses se passent. Bordeaux n’a jamais été une belle endormie. En 1986, c’est une ville totalement dark et crasseuse et ça me convient totalement. Encore très industrielle, avec la présence du port. Il y avait une vie underground très riche, avec uns scène musicale punk, plein de lieux, de cinémas. Il faut savoir que, après Paris, Bordeaux était la ville de province la mieux dotée en écrans. Dans les années 80, la crise du cinéma a touché Bordeaux,  mais il y avait encore pas mal de salles d’art et d’essai, voire des salles underground. Il y avait par exemple, le Salon jaune qui était un club. Un peu comme le Sound dans Christiane F. Il y avait de la musique branchée, un bar à cocktails et une salle de ciné où était diffusé Lonesome cowboys d’Andy Warhol, Element of Crime, le premier Lars Von Trier,  les films de John Waters et de Russ Meyer… C’était quand même assez orienté et riche. Ainsi, j’ai découvert Eraserhead lors d’une séance de minuit, organisée par Jean-Pierre Bouyxou, excellent porteur de projets au sein de Sigma, festival mirifique, un peu l’équivalent du Festival d’automne de Paris. Selon Bouyxou, Bordeaux était devenue la capitale underground en 1968 grâce à Sigma parce que c’est dans ce cadre que le cinéma underground américain a été montré pour la première fois publiquement en France. Avant Paris. La légende veut que Taylor Mead soit venu à Paris avec des bobines sous le bras et ait organisé une séance privée chez Jean-Jacques Lebel. Cette séance sera un moment déclencheur : Bouyxou, Etienne O’Leary, Pierre Clémenti sont là. Bouyxou va ramener des films à Bordeaux Bordeaux et les présenter à Sigma avec son complice Philipe Bordier. Fasciné par Eraserhead, je découvre lors d’un séjour à Paris un livre de Jim Hoberman, Midnight movies qui parle du film de Lynch et de tout le cinéma underground dès les années 50. A l’époque où je suis étudiant aux beaux-Arts à Bordeaux, je me dis qu’il n’y a rien de tel. Comment voit-on ces films ? C’est là que je m’improvise programmateur. Pour voir ces films, il va falloir que je les programme. Je ne sais pas comment faire. De voyage en voyage, je rencontre cl’équipe de la Cellule Metamkine*, j’entends parler de Light Cone**. A l’époque, pour environ 25 francs, on pouvait louer un film d’Oskar Fischinger. Je me suis dit : bingo ! je veux voir ces films. Pour les voir, je m’improvise projectionniste-programmateur. Évidemment, je n’avais pas le matos, ni le savoir-faire. La chance c’est que j’ai rencontré un projectionniste à Bordeaux qui avait un vieux coucou 16mm des années 40. On a commencé à faire des projections en 16mm dans des bars tenus par des copains. C’est assez rock’n’roll. J‘amène des copains, je fais une projection et c’est un succès. Faut dire que c’est l’ère pré-YouTube. Le virus de la programmation m’atteint vraiment en 1991 où j’organise une séance pour le coup, underground : dans ma cave, sur des sièges de Simca défoncés que j’avais récupérés. J’y passe des films de Richard Kern avec Lydia Lunch. Là, c’est camembert et haschich dans des fauteuils de Simca. Il y a 15 personnes. Je me dis : c’est ça que je veux faire. Je veux montrer des films underground dans des caves à Bordeaux ! Parce que, à Bordeaux, il y a des caves ! Et surtout, à l’époque, il y avait encore des lieux ouverts à ce genre de proposition. Je rappelle que c’est l’ère pré-YouTube, donc il y a une gourmandise, les films circulent peu. Surtout, les films underground. Tout ça m’amène à tisser un réseau de personnalités. A ce moment-là, il y a peu de visibilité de ce cinéma underground historique ou récent, même en France. Si je me souviens bien, il y avait un festival à Nancy, les projections Scratch à Paris. Et les assos dont on ignorait à peu près tout du travail avant l’avènement d’Internet, mais dont les infos nous parvenaient parfois : Mire à Nantes, XHX à Marseille… Beaucoup d’autres bien sûr, dont nombre d’expériences éphémères et fugaces.

Si je comprends bien : pour résumer, tu es inspiré par un pur cinéma underground qui n’existe pas en France sur les écrans et tu te dis le meilleur moyen, c’est le D.I.Y, je le montre moi-même, je vais l’inventer, je vais le faire ?

Oui, tu viens de résumer en deux phrases ce que je dis depuis un quart d’heure !

En faisant ces projos flibustières et au contact de ce copain projectionniste, tu vas aussi apprendre à être projectionniste ?

Forcément. J’achète mon premier projecteur des années 50 sur un marché de collectionneurs sans trop savoir de quoi il s’agit. Mais je vois qu’il marche avec sa lampe. Je suis autodidacte à ce niveau-là. Progressivement, je suis mordu par la machine elle-même, le dispositif, ce qui m’amène à monter des programmes en fonction des lieux spécifiques. Ce qui m’intéresse, c’est presque une démarche situationniste. C’est-à-dire : le lieu va définir le film. Au début, je montre des films expérimentaux, assez catchy***, souvent les classiques. Des films où il y a une forte présence de la musique. Surtout, dans des clubs ou bars musicaux ; c’est là où ça marche le mieux. Progressivement, considérer que l’architecture, l’art premier, va définir la place du spectateur. Ce n’est pas tant des dispositifs ou une installation, qu’un film qui va créer une troisième dimension vis-à-vis d’un lieu. Là, il y a eu des expériences à Bordeaux, ultra kiffantes. Il y a tout un tas d’espaces qui sont invisibles aux yeux du piéton, parce que Bordeaux est une ville de façades, mais il y a des arrière-cours assez riches et bien sûr, des sous-sols…Une termitière incroyable ! Un camarade avait monté un salon de coiffure-galerie ; un type branché expériences artistiques variées. Son petit salon avait des escaliers qui descendaient dans une impasse, l’impasse de la Fontaine Bouquière, fermée depuis 1913, parce que réputée être un sacré coupe-gorge. Fermée au public, mais néanmoins accessible par les différents immeubles qui cernaient cette impasse qui atteint les anciens remparts de Bordeaux. Donc, j’ai proposé une projection de L’Ange de Patrick Bokanowski que j’avais très envie de montrer en 16mm. On avait un grand écran, un bon projecteur, emprunté à l’école des Beaux-Arts. Il y avait peut-être 30-40 personnes assises sur des chaises qui avaient payé l’entrée 3-4 francs. Ce qui était génial c’est que, rapidement, c’est devenu une sorte de théâtre à l’italienne. Entendant du son et de la musique et voyant de la lumière, les voisins se sont mis à leurs fenêtres. Ce qui était marrant, c’est qu’il y avait des gens qui étaient derrière l’écran qui voyaient des gens assis en train de regarder une image, sans savoir ce qui se passait et des gens derrière, qui profitaient du spectacle depuis leur fenêtre. Il y avait des commentaires. C’était une séance en trois dimensions. Cet événement a été, pour moi, assez fondateur d’un souhait de poursuivre ce type de démarche exploratoire. Trouver des lieux en ville et stimuler des envies de programmation, liées à ces espaces.

Par rapport à cette démarche situationniste, tu as d’autres exemples de lieux ?

Oui. C’est souvent des concours de circonstance un peu bandits. On récupère une alimentation quelque part et on fait une projection sauvage dans un immeuble en rénovation. On y accède par des échafaudages. Là, évidemment, le nombre de spectateurs est limité. Il faut grimper, certains ont peur de tomber. Donc, on se retrouve à 5 ou 6 personnes à faire une projection sur un mur lépreux. C’était du « hit and run » cette projo. Le film montré était Bang Bang de Jeffrey Scher ; un film qui repose sur des tests de Rorschach, animés image par image, avec une musique  indienne au tabla. 5 minutes trippantes. On mettait plus de temps à préparer et à organiser ; la projection, en soi, était une sorte de précipité. Un flash qui a marqué les gens qui étaient là.

J’imagine que tu choisissais les formats des films suivant les lieux, en t’adaptant à eux ? Oui, Des formes courtes qui permettent une circulation, de faire des entractes. Dans un bar, tu ne peux pas passer un long-métrage. Même si au Zoo Bizarre****, il y a eu des projections ciné au sous-sol, les Zookino, une fois par mois. Avant moi, d’autres y avaient organisé des soirées avec des films de série Z. Ensuite, j’ai instauré un cycle de projections où là, il y avait des longs-métrages expérimentaux. On aménageait la salle, il y avait un sofa, de la moquette. On pouvait fumer. Une amie m’a même offert un Zookino miniature.

Quand est-ce que tes projections pirates deviennent, si je puis dire, plus cadrées ? Je pense à Lune Noire.

C’est beaucoup plus tard. Il y a plusieurs séquences. Il y a une première bordelaise en 91, puis une grosse parenthèse parce que je voyage pas mal et j’ai plus de projets éditoriaux (je fais de la sérigraphie, j’édite des livres d’artistes et je m’auto-édite). Vers 98, je suis tracassé par le fait qu’il n’y ait que dalle à Bordeaux pour la musique expérimentale. J’oriente ma programmation pour métisser films et concerts. Début 2000, il y a un phénomène d’essoufflement : mes séances de cinéma expérimental n’attirent plus grand monde. C’était beaucoup de travail, de recherche de lieux. Et puis, d’un point de vue économique, je n’étais pas du tout soutenu. Je faisais tout, tout seul, du flyer à l’organisation d‘une séance. Ça demandait une énergie folle-que j’avais à 30 ans et quelques. Vers 2004, ce qui m’énerve c’est que je considère que mon travail devrait être un peu soutenu. A l’époque, je suis le seul dans ce domaine en région Aquitaine et ne suis aidé par aucune institution. Mais j’ai une grande gueule et je ne rentre pas dans les cases. J’ai cette approche situationniste, mes choix de programmation sont parfois assez abrasifs… Donc, ça dérange. Vers 2003, je suis sollicité par un ancien des Beaux-Arts de Bordeaux qui est maintenant à Montpellier. Il a entendu parler de ma prog à Bordeaux et me propose de venir faire la même chose à Montpellier, dans un cadre institué. Là, je vais avoir le confort d’un salaire, d’un budget de programmation et, surtout, un espace. Car l’itinérance forcée à Bordeaux m’avait fatigué. Il y avait une curiosité à l’égard d’un programmateur-projectionniste, mais à un moment, un épuisement des lieux. Le lieu de Montpellier s’appelle Monoquini, a été fondé par 3 structures : le Club des 5, Bande-Annonce et Panoplie. Cette salle est un ancien théâtre de marionnettes, super cosy,une bonne acoustique. Les soirées y étaient auparavant très ponctuelles : environ 3 par an. Le groupe Étant Donné y avait notamment fait une installation de Dream Machines. J’ai eu l’opportunité de faire de Monoquini un vrai espace de projection alternatif et modulable. On achète rapidement des sièges de camping escamotables. Il y a des expos, quelques concerts ; la capacité d’accueil de la salle est de 100 personnes. Il y a eu des soirées qui ont très bien marché, comme « Berlin Underground ». Globalement, la moyenne d’accueil était de 50 personnes par événement. Monoquini était le lieu où voir du cinéma underground, du cinéma indépendant à Montpellier. Cette aventure a duré 1 an et demi. Et puis, je suis revenu à Bordeaux, ne m’épanouissant plus à Montpellier. J’avais rechargé mes batteries, pu mieux articuler mon discours sur mon rapport au cinéma, être moins dans le « one shot ». Là, c’est l’âge d’or de Monoquini. En 2007, changement de direction au CAPC Musée d’art contemporain de Bordeaux, et la nouvelle directrice, Charlotte Laubard, m’ouvre les portes du musée. Il y a le basculement d’une expérience un peu sauvage à quelque chose qui s’inscrit dans un cadre institué. C’est aussi le moment où je fais un putsch à Montpellier car j’étais à peu près le seul à faire vivre ce lieu avec 2 à 3 projos par semaine. Donc, je ramène la structure Monoquini à Bordeaux. Ça claque bien. Monoquini, c’est plein de sous-entendus : mini kino, etc. C’est aussi parce que j’aime bien regarder les filles qui marchent sur la plage ! (rires). Lors d’une expo dans le cadre de l’éphémère biennale Evento, Alain Juppé demande d’où vient ce nom, Monoquini ? Je lui réponds : « comme vous le savez, monsieur le maire, Bordeaux est la ville des 3 M : Montesquieu, Montaigne et Monoquini ! ». Bien sûr, en virant Mauriac au passage. En tout cas, Monoquini était un nom qui faisait parler et j’avais toujours une réponse un peu décalée, même si ça peut faire ricaner. « Mono » aussi, parce que je suis seul, même si j’ai régulièrement travaillé avec des collaborateurs talentueux, comme l’artiste Nicolas Maigret. Ceci dit, je travaille avec un graphiste, Antoine Calafat, qui apporte un soin attentif à l’activité de programmation depuis les Chercheurs d’ombres (intitulé des projos itinérantes dans les années 90). Il a cette intelligence d’un graphisme adapté au projet et à l’esprit Monoquini.

Tu vas ensuite programmer à l’étranger ? Il me semble à Copenhague…

Oui, mais ça n’est pas tout de suite. Ce qui me parait important, c’est que l’argent institutionnel me permet de continuer la programmation underground. L’espace de 2-3 ans, je m’épanouis au CAPC qui devient épisodiquement un lieu de monstration d’un certain cinéma expérimental. Néanmoins, je reste attaché à des formes transgressives et c’est difficile de les porter dans ce type de lieu. On peut encore défricher des lieux à la fin des années 2000. Une opportunité s’offre à moi : un garage mécanique mitoyen d’un lieu artistique nommé À Suivre se libère. Les animateurs de la galerie me proposent de les rejoindre pour faire une salle de projection dans ce garage. Là, on a 450 mètres carré, on est en 2009. Et Monoquini devient un espace. Il faut aménager le lieu, l’isoler, nettoyer 40 ans d’huile de vidange. L’argent gagné via la programmation au CAPC me permet de sous-louer ce lieu et d’y faire des projos. Je récupère 80 sièges d’une salle de cinéma abandonnée à Bordeaux. Donc, j’aménage la grande salle, haute de plafond : environ 6 mètres. Inchauffable l’hiver ! Du coup, ça limite les possibilités, mais le lieu permet de faire de belles programmations. La salle de ciné fait 100 m2, les salles adjacentes environ 350. Ça permet de réaliser des expositions et de mener une collaboration jusqu’en 2011. On vit 3 années passionnantes, mais on n’a toujours pas de soutien municipal. Tout repose sur l’argent des prestations réalisées à droite, à gauche. En plus, il faut louer les copies de films. Tout ça a un coût. Je fais tout ça en bénévole, donc à un moment donné, il y a un épuisement qui est réel. Une énergie phénoménale a été déployée pour retaper un lieu, faire de la programmation, mais à côté de ça, je suis au RMI, puis au RSA. Aucune structure ne me donne un salaire régulier qui me permettrait de vivre de la programmation.

J’ai l’impression que dans le milieu de la programmation, soit tu es lié à une institution et elle te paye, soit c’est le nomadisme et la dèche ?

Oui, c’est du cinéma comme art forain. C’est plutôt une approche situationniste avec tout le caractère aléatoire car il faut amener un public dans des lieux atypiques. Le fait de rompre avec les habitudes de consommation liées au cinéma, complexifie la donne. De plus, la programmation pointue attire un public déjà informé et animé par une certaine curiosité.

Tu flyais où : chez les disquaires ?

Oui, les clubs, les disquaires, les cinémas, les lieux de nuit…. Parfois, par voie d’affichage avec des affiches en sérigraphie. Il faut préciser que l’itinérance devient une valeur ajoutée. Le public ne vient plus seulement voir un film, mais il vient faire une expérience de cinéma, la séance étant un moment particulier. Il y a des gens attachés à ça. On parlait tout à l’heure du cinéma comme espace social. L’idée c’est de créer un lieu où se produisent des choses qui sont au-delà de l’espace. Pour citer Maurice Lemaître, « le film est déjà commencé », à partir du moment où tu franchis le seuil de cet espace incongru, parfois clandé, plus ou moins licite. Malgré le plus du lieu, il faut reconnaître que l’avènement de YouTube a porté un frein à ce type de démarche. Pas mal de gens me disaient « Je ne suis pas venu à ta séance, je l’ai déjà vu sur YouTube ». Ce à quoi je répondant, en faisant ma Marguerite Duras : « Non, tu n’as rien vu sur YouTube ». Défendre l’idée de la projection avec le support pellicule, ça devient très compliqué car il y a un confort de consommation de l’image qui s’est instauré. Aujourd’hui, on peut voir un film au creux de sa main sur un smartphone. Il y a une accessibilité, une immédiateté telle que c’est de plus en plus difficile de motiver les gens à se déplacer dans un lieu, avec aussi, ce que ça implique d’inconfort relatif. Dans cette démarche situationniste, l’aventure de voir un film peut être un atout … Il y a une dimension qui est de l’ordre du processus. C’est presque une narration qui se produit, depuis la conception graphique d’Antoine qui est déjà un récit -comment il organise l’information sur la page, le choix des visuels. Déjà, le fait de déplacer le cinéma dans un espace non dédié, permet de se faire un film- qui peut être déceptif, d’ailleurs. Parfois, le processus d’un point A à un point B a une dimension romanesque.

C’est presque de l’urbex, non ?

Oui, tout à fait. Du reste, j’ai un projet, Cinex, amener des films dans des interstices urbains, peu identifiés. Bordeaux recèle de pas mal de recoins. Faire découvrir ces lieux avec des films in situ.

Je crois que tes soirées Lune noire sont ton hit ?      

En fait, quand tu combines sexe, violence, mort, tu attires toujours du public ! (rires). C’est la trinité magique ! J’ai un attachement à l’égard du cinéma de genre. Comme je disais tout à l’heure, ado, j’ai été biberonné aux cinémas de quartier à Paris. Films d’horreur, vidéo clubs. Avant d’être un cinéphile, j’étais un bisseux et quelque part Lune Noire ressuscite ce péché de jeunesse. Pas le côté potache ou ironique « on-va-vous-montrer-un-gros-nanar-qui-tâche ». Ce sont parfois des films qui frayent avec l’expérimentation. L’idée de Lune Noire, avec mon camarade Matthieu Mégemont – et durant un temps avec Julien Rousset qui est parti vers d’autres aventures – c’est de revisiter les films en abordant le contexte et les conditions de production, accompagnés d’un texte de présentation, d’invités (critiques, spécialistes, programmateurs…). Citons Maxime Lachaud et Sébastien Gayraud qui sont venus présenter leur livre sur les Mondo Movies, le tout suivi d’une projection en 35mm de L’Amérique Interdite. J’ai invité également Loïc Diaz Ronda, directeur de Cinespaña, très bon festival qui se tient à Toulouse chaque année. Loïc est un spécialiste du cinéma de genre ibérique, notamment ce qu’on appelle le fantaterror. Il a accompagné certaines de nos séances. On passe aussi des films plus classiques, d‘auteurs qui flirtent avec le fantastique, comme Black Moon de Louis Malle. Vu le nom, on était obligés de le passer ! Lune Noire, parce que, à chaque nouvelle lune, nos projecteurs s’allument. C’est un rendez-vous calendaire – à ne pas confondre avec la pleine lune – c’est un moment d’obscurité totale, d’intériorisation de nos instincts les plus sombres… Je parlais de la programmation comme quelque chose d’organique et là aussi, il y a un lien psychique très fort ; la programmation doit nous raconter une histoire au travers de tous ses constituants. Donc, Lune Noire, séance mensuelle de nouvelle lune. L’idée c’est d’être dans un état particulier, celui de la lune noire, et d’y plonger le public aussi…

Dans les cycles, c’est le moment de nos propres projections…

Oui ! La lune noire est associée à ce blason de la sexualité féminine qu’est Lilith. Au départ, en 1998, mon projet Lune Noire était d’explorer le cinéma fait par des femmes. D’autres séances de cinéma expérimental, réalisé par des femmes, ont repris en 2008 pour 4 séances. Ça a un peu dérivé, mais j’avoue que, dans ma programmation, ce qui m’intéresse souvent c’est l’angle féminin. La femme est souvent au centre de la programmation, qu’elle soit victime ou meurtrière. Ce nouveau cycle Lune Noire dure depuis 2015, interrompu par le Corona, mais voué à se poursuivre parce qu’on y est attaché et on a vraiment fédéré un public.

De ce que tu m’as raconté et qui donne envie d’y être, il y a toute une mise en scène chiadée autour ?

Effectivement, il y des séances qui font l’objet de mises en scène, de dispositifs, voire même d’interventions performatives. L’idée, c’était de faire une fin de saison, en juin 2017, avec une double programmation de films cannibales et un entracte Vegan Holocaust. Je précise que Monoquini collectionne les copies originales de films, dont certains bien salés ! Notamment, des copies 35mm de Virus Cannibale de Bruno Mattei et de Cannibal Holocaust. Un ami plasticien talentueux, Simon Girault-Têtevide (sic, c’est son vrai nom !) a fait une proposition parfaitement ad hoc pour cet entracte. Il est la matière première de ses performances, entre les métamorphoses d’Ovide et une forme de burlesque. Il a moulé son corps en agar agar, un gélifiant alimentaire. C’était ultra réaliste, ses deux mains sortaient de sa veste, les deux pieds du pantalon, tout cela était comestible. Il avait fabriqué une espèce de table de prestidigitateur, d’où ressortait sa tête. Donc, durant l’entracte, les spectateurs, munis d’une petite cuillère, étaient invités à dévorer cet homme vivant ! Son buste était également comestible…

(une -petite-partie de la collection de films de B.Grimault)

 

 

Il me semble que quand on s’était vus à Bordeaux en 2019, tu venais de faire une séance spéciale assez corsée ?

Oui, c’était La Lune de tous les mystères, un double programme secret parce que j’avais récupéré 2 copies 35 dont je n’avais pas les droits, donc je ne pouvais pas annoncer. Donc, c’était une charade : « Mon premier est l’œuvre d’un grand cinéaste italien, qui, après une période de foisonnement baroque, revient à ses inspirations premières, offrant au giallo, une de ses ultimes réussites…. » Ténèbres de Dario Argento. « Mon second a les traits du comte Dracula qui voyage en cercueil à la recherche d’une jeune fille vierge dans la haute société qui l’épousera et a du mal à trouver une jouvencelle pas décadente… » Du sang pour Dracula de Paul Morrissey ! ll y a eu des intermèdes, des bandes annonces : Assaut de Carpenter, La Motocyclette, 4 Mouches de velours gris…. On avait un faux journaliste de La Croix qui interrogeait les spectateurs après cette séance.

Ce qui est drôle c’est que toutes les personnes interviewées, l’ont vraiment pris pour un journaliste, c’était un bon comédien. On avait deux belles ouvreuses : un petit chaperon rouge et une drag queen, Miss Heineken qui vendait des bières.

Au fait, vous avez été les seuls à diffuser à Bordeaux In Fabric de Peter Strickland ?

Oui et ça n’était pas évident d’imposer ce genre de film déconsidéré. C’est l’idée de Lune Noire de montrer des films malades, décadents qui méritent une diffusion sur grand écran. Malheureusement, ça a été un flop : à peine 45 personnes. Je suis partant pour une forme de théâtralisation des séances et que ça déborde l’écran. Comme notre partenariat avec le fanzine Trash TImes qui nous propose La Pluie du Diable de Robert Fuest en lien avec leur numéro consacré au satanisme au cinéma. Après la séance, on a proposé une messe noire aux 66 premiers détendeurs d’un billet. Je suis le maître de cérémonie, avec capuche et flambeau, et Simon Girault-Têtevide est costumé dans une véritable peau de bouc. Pour l’occasion, j’ai fait un tapis en forme de pentacle au milieu duquel fut donné un cérémoniel musical pour viole de gambe et orgue à soufflet.

Je crois que tu as eu une carte Blanche à Copenhague…

Oui, c’est un hasard très chanceux. C’est par le biais de Jack Stevenson, critique, collectionneur et programmateur américain spécialiste de la culture underground anglo-saxonne. Depuis qu’il est installé au Danemark, il anime le cinéma Husset Biograf. C’est un ancien squat monté par des hippies dans les années 60, qui est devenu un centre culturel. Jack a hérité d’un cinéma sous les combles, très cosy et bien aménagé, avec projecteurs 16 et 35mm. Je lui ai fait une proposition de programmes autour de mai 68, ce qui est un fantasme pour plein de gens du nord : c’est la révolution, un imaginaire de barricades qui convie tout un folklore. Jack accepte et me fait rencontrer le directeur de la programmation au Danish Film Institute (la Cinémathèque de Copenhague). Il est emballé à l’idée de ce cycle qui était mené parallèlement à Bordeaux sous le titre de Désordre. Notamment avec des œuvres produites par l’ORTF et le Service de la Recherche à la fin des années 60, comme Je tu, elles… du génial Peter Foldes que j’avais déjà montré lors d’une exposition au CAPC, IAO – Psychédélisme en France. Cette pépite a été montrée pour la première fois à Copenhague, dans ce cadre. Par amitié, j’ai invité Bertrand Mandico à montrer Les Garçons Sauvages pour la première danoise. Ça a tellement bien marché que le film a été reprogrammé 6 mois après. Ce sont de bonnes rencontres car le directeur de la programmation à la Cinémathèque Danoise est ouvert d’esprit et a les moyens.

Je, tu, elles… de Peter Foldès

Tu dis qu’il y aurait peut-être une confrérie de programmateurs, hors des sentiers battus, mais que vous n’êtes pas tant que ça en contact ?

J’ai organisé par le passé des tournées françaises pour Wilhelm Hein, Martha Colburn et Jack Stevenson qui m’a ensuite invité à Copenhague. Ce qui nous dissocie ce sont les conditions matérielles. Nos diversités de conditions de travail font qu’on n’arrive pas toujours à se retrouver sur un terrain commun. C’est ce qu’a révélé Kino Climates, en 2019. En gros, il y a plein de programmateurs qui viennent de salles de cinéma indépendants. Certains ont un budget phénoménal ; ce sont des équipes de 20-30 personnes. Et puis, il y a Monoquini, où je suis tout seul. Gran Lux, un cinéma alternatif à Saint-Etienne, c’est seulement deux personnes, mais avec autour une solidarité énorme. C’est dans l’ADN de la ville alors qu’à Bordeaux, en gros, c’est : chacun sa merde ! C’est ce qui sépare un peu les gens. Les rencontres à Kino Climates sont très bien, mais il n’y a pas trop  de suivi. Tu passes un très bon moment, tu ne revois pas les gens, car ils sont dans une autre dynamique. Même s’ils ont une prog indépendante, The Cube Cinema à Bristol ou Star & Shadow à Newcastle sont des immenses lieux, dignes de multiplexes : restaurant, salle de ciné, espace clubbing…. Ils ont une vraie communauté de gens qui s’investissent, avec des bénévoles, des salariés (dont j’ignore le nombre exact). Ils sont au moins 6 ou 7.

C’est un état des lieux de la programmation indépendante européenne ?

Kino Climates, c’est un rendez-vous régulier pour réfléchir à la manière d’être plus visible au niveau des institutions européennes ou même locales en fédérant des lieux. Monoquini n’est pas un lieu et j’y étais parce que je voulais souligner le fait que c’est important de faire apparaitre les programmateurs itinérants, les animateurs de « ciné-club » comme étant contributeurs de cette dimension de transmission et de sauvegarde d’un cinéma indépendant. Ce qui réunit les personnes à Kino Climates, c’est un goût pour la pelloche.

Ce rendez-vous Kino Climates existe depuis combien de temps ?

Ces rencontres inter-cinémas ont été initiées à Rotterdam en 2010 par Katia Rossini, du cinéma Nova à Bruxelles et par  le festival de Rotterdam. C’est vraiment elle la porte-parole ; elle a rédigé le manifeste de Kino Climates. Mais il faut reconnaître que les distances géographiques et culturelles sont telles entre Bruxelles, Saint-Etienne, Newcastle, Bordeaux, Hambourg, etc….que ça marche difficilement. Quand vers 2013, Gran Lux organise les rencontres Kinética, ils font le tour de force d’inviter tous les représentants des structures avec une carte blanche. à la clé. Chaque lieu invité a une programmation d’1 ou 2 heures avec les films de leurs choix. Donc Gran Lux arrive à organiser ce genre de rendez-vous. Pour le reste, c’est très compliqué. Par exemple, Kino Climates à Belgrade, en 2019, était axé sur la question : « comment être plus visible ? ». Or, pour le moment, il existe une page unique, pas mise à jour, sur le site internet ! Et cela depuis bientôt deux ans.

Ce qui est déprimant actuellement c’est que les exploitants touchant de coquettes subventions, ils ne sont pas prêts à les perdre en rouvrant leurs salles…

Là, il est évident que la punition est intégrale. Il y a une chape de plomb et, bien sûr, l’argument économique va surgir dès que les salles vont rouvrir. Donc, ça va réduire l’espace des possibles pour montrer des choses différentes. Sachant qu’ici, à Bordeaux, j’ai la chance d’avoir un vrai partenaire qui est le cinéma Utopia et qui est très clairement engagé à mes côtés, avec une forme de reconnaissance du travail réalisé par Monoquini. A ce niveau-là, je ne suis pas trop inquiet pour la poursuite de Lune Noire. Je suis plus inquiet en ce qui concerne le défrichage de lieux et aussi pour ce qui est d’amener des programmations atypiques dans des lieux qui vont se refermer parce qu’il va falloir réchauffer les salles, reprendre tout ce qui a été annulé. Il y aura un embouteillage. Je ne sais pas comment me projeter dans l’avenir, mais il est évident que ce repli domestique va certainement obliger les exploitants à se mettre au diapason. S’il y a un monde « d’après l’après », est-ce que le public va être plus désireux de se plonger dans des expériences multiples – des expériences réellement augmentées ? Ça, le numérique ne l’offre pas. Au contraire, ça réduit. Mais, il y a un discours ambiant qui nous fait croire le contraire. En tout cas, il y a un désir de faire différemment. Je pense que si on a l’opportunité dans quelques semaines, quelques mois de rouvrir les salles, il est évident que des propositions décalées ou véritablement augmentées avec des rencontres, des mises en scène, etc…peuvent exploser. Une mise en valeur de la salle de cinéma en tant qu’espace des possibles ne peut qu’être bien acceptée.

© Florian Aimard-Desplanques

*Metamkine : groupe d’artistes français dont les performances associent musique électro-acoustique et projection cinématographique

** Light Cone : association à but non lucratif dont l’objectif est la distribution, la connaissance et la sauvegarde du cinéma expérimental dont elle s’attache à assurer la promotion en France et dans le monde

*** catchy (en français : entraînant, accrocheur)

**** Zoo Bizarre : club bordelais, lieu de concert couvrant un large spectre de musiques électroniques et centre névralgique de la nuit bordelaise de 1997 à 2005. Le lieu a eu plusieurs vies sous divers noms : le Plug, l’Heretic et le Voïd. La pandémie couplée aux tracas administratifs a (définitivement ?) eu raison de ce lieu underground historique.

 

Légendes photos

1 / Projection performative de « Inauguration of the Pleasure Dome » de Kenneth Anger, Chapelle des Carmélites, Fifigrot 2017.

2 / Simon Girault-Têtevide

3 / Dernière photo : Performance Peau Transparente (2020)

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