Avec plus de quinze ans d’existence et une discographie aussi pléthorique qu’éparse, entre albums longue durée, Ep. et singles, les américains de Chromatics sont parvenus à construire une œuvre assez magistrale, entre épure minimaliste et froide élégance, sourde mélancolie et paradis artificiels. L’alliage de la délicieuse voix de Ruth Radelet et des ambiances synthétiques de Johnny Jewel touche le plus souvent en cœur en effet, que cela soit à travers des relectures désossées de standards passés (hier « Into the Black » de Neil Young, « I’m on Fire » du Boss, « Ceremony » de New Order et « Running Up That Hill » de Kate Bush, plus récemment « Girls Just Want To Have Fun » de Cindy Lauper) comme avec nombre de compos personnelles (« Lady », « Night Drive », “I Want your Love” ou bien encore ce « Shadow » que David Lynch a su magnifier dans l’un des premiers épisodes de Twin Peaks The Return).

Six ans après Kill For Love, dernier album longue durée en date, une petite année après que Johnny Jewel ait finalement mis au placard pour un temps son successeur, le groupe américain publie un single « Black Walls » qui illustre à merveille l’idée même de « beauté froide » et qui s’inscrit dés la première écoute parmi les plus beaux de leur répertoire. Cette publication annonce en fanfare de ce fameux Dear Tommy (dans les cartons depuis près de quatre ans), album longue durée annoncé dans le courant de l’année.

A noter que Johnny Jewel multiplie les projets musicaux de qualité en marge des Chromatics, son bébé de toujours, projets réunis sous la bannière d’une synthpop plus ou moins atmosphérique, des bandes-originales de films qu’il compose et signe de son nom (Lost River de Ryan Gosling par exemple) au groupe Glass Candy emmené par une autre talentueuse chanteuse et qui plonge plus volontiers pour sa part dans la légèreté (mais aussi la nostalgie) de la pop synthétique typiquement 80’s.

A propos de Bruno Piszorowicz

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