Paul Kalkbrenner – "Berlin Calling soundtrack" (Eté Electro sur Culturopoing)

La bande-son du film « Berlin Calling », film du cinéaste allemand Hannes Stoehr, dans lequel le musicien tient le premier rôle, celui d’un DJ aux prises avec les démons de sa passion musicale (et ceux opiacés qui l’accompagnent) qui font vaciller sa vie de couple. Sélectionné pour les festivals de Locarno et Hambourg l’an passé, le film n’est toujours pas sorti en salles française pour l’heure.

Du film il ne sera pas ici question, c’est la musique qui prime d’autant que celle-ci nous emballe dés les premières mesures discrètes du « Aaron » inaugural, 6 minutes répétitives où la mélancolie sourde cajole et vient comme nous étrangler armée d’une étoffe de soie.

Avant la découverte de cet album le nom de Paul Kalkbrenner était quasi-inconnu, de nos oreilles c’est à peine si le nom évoquait la scène berlinoise et une jeunesse passée de l’autre côté du mur du temps des deux Allemagnes.

La découverte est de taille.

Sa musique oscille entre un penchant mélancolique (« Aaron », « Azure » et d’autres)  et un aspect plus purement techno (l’épatant « Bengang », l’acéré «Torted» ou encore le « Gebrunn Gebrunn » final). Lustré par un son froid et sec (minimaliste quoi) le grain sonore vient se coller à nous comme le premier coup de soleil (noir) venu. Superbe de bout en bout, ce disque est comme une révélation.

« Sky and Sand », la piste 4, éblouit par un apport vocal qui emporte la musique au plus haut et au plus loin (sans compter sur la belle symbolique d’un château de sable construit dans le ciel). Ce morceau est de ceux qu’on a envie d’envoyer à la figure des détracteurs de cette musique « pas jouée », ces assemblages de sons réalisés soi-disant par des geeks collés à leur ordinateur un casque XXXL sur les oreilles, une merveille parmi les merveilles.

Sorti sur le label d’Ellen Allien, voilà la musique idéale pour accompagner vos before et vos after, un disque à écouter aussi dans le silence solitaire de la nuit, là où un petit est-allemand chauve éblouit le commun des mélomanes de ses mélodies synthétiques et tire encore un peu plus loin le moindre de nos rêves.

Le trailer du film

A propos de Bruno Piszorowicz

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