Le Mois de l’Imaginaire 2021 : Rêvez !

A vos marques, prêts, imaginez !

Manifestation unique et française, le venteux mois d’Octobre, si vous l’ignoriez, est depuis 2017 un mois dédié, non seulement à l’Automne (ça c’est ce un marronnier), mais à tout ce qui de près ou loin touche à cette littérature trop longtemps boudée et qui souffre aujourd’hui encore, d’un improbable et stupide déficit d’image : à part ouvrir Le Tellier dans le métro, quel intellectuel broussailleux ose affirmer son amour de la SFFF ? Quel prix se targue d’inclure, au milieu des livres généralistes, un roman Fantasy ? quel professeur s’ouvre à un fantastique qui excèderait Maupassant ?

Longtemps ostracisée, littérature de geek, de boutonneux, de (brrrrr) non-lecteur trop débile pour lire de la LITTERATURE, l’Imaginaire a essaimé, l’air de rien, par son unique force, tous les pans de notre culture : des contre-cultures du début aux succès planétaires de Tolkien et Orwell (placés, excusez du peu, romans préférés du XXe siècle dans un sondage chez nos amis brexiteurs de l’Angleterre), des explosions de GOT à la dystopie de la Servante Ecarlate, de Dune (qui explose aujourd’hui même le box office et les médias) à Avatar, leader incontesté du box office mondial depuis 2009 (et talonné de près par Avengers, Star Wars, Harry Potter etc.).

Les exemples sont légions, et tenter de démontrer par la liste ce qu’il suffit de constater chaque jour est au mieux vain, au pire contre-productif.

Et pourtant, avec un irrémédiable cervelet bloqué, médias, décideurs, prescripteurs, amoureux de la littérature « générale » (excluante déjà rien que par le terme) se pincent invariablement ou presque le nez face à cette éclatante réussite de fiction, créant des mondes, bâtissant des réels, retournant vers nos existences présentes, passées ou futures un regard révélateur et douloureux, offrant refuge à nos craintes comme nos espoirs, transportant lecteurs et humanité à des millions de kilomètres ou les ramenant à leur propre finitude sur des terres ravagées.

Chez Culturopoing, amoureux du genre et défenseurs des genres, cinématographiques, littéraires, artistiques, et qui relayons et traitons de nombre des éditeurs ci-dessous, nous savons prêcher des convaincus.

Mais ce Mois, incroyable réunion des plus stimulants éditeurs de l’imaginaire (35 au total parmi lesquels La volte, Le Bélial, Folio SF, Bragelonne, Castelmore, L’Atalante, Pocket, J’ai Lu, Aux forges de Vulcain, Calmann Levy, Mnémos, Actusf, etc etc, la liste complète et sans désordre est sur le site de l’évènement), se veut avant tout, au-delà d’une célébration, une superbe invitation, partout sur le territoire, à la découverte : rencontres en librairies ou en médiathèques, débats, discussions avec des traducteurs et des professionnels du milieu, corner aménagés en librairie, signatures, etc.

Partout en France, en cette drôle d’année 2021 où on n’a jamais eu autant besoin de la SFFF (qui bizarrement, tiens, tiens, a eu droit de citer au moment où une pandémie qu’elle avait cent fois écrite s’emparait de notre planète), venez, rêvez, imaginez !

Quelques chiffres issus d’un sondage GFK/Observatoire de l’imaginaire :

-La SFFF c’est 1500 livres par an, dont 900 à 1000 inédits (soit 2.5% des 60000 livres paraissant chaque année)

-Un Chiffre d’affaires de près de 4100000 euros, avec des tirages parfois supérieurs à 100000 exemplaires (qu’on songe à Stephen King et consorts, ou au succès incroyable de Damasio)

-Un équilibre à 40 % de traduction, contre 60 % de littérature française, et dont les ouvrages paraissent tout de même à 25% chez des éditeurs non spécialisés

-2 livres SFFF sur 3 sont des poches (versus 24% pour la litt. Générale)

-Si 60% des lecteurs d’imaginaire sont bien des lectrices, il faut aussi constater que sur le segment des jeunes (jusqu’à 29 ans), elle est la littérature la plus populaire. L’avenir s’écrit maintenant.

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A propos de Jean-Nicolas Schoeser

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