The Whitest Boy Alive – Rules (archives)

(article préalablement publié en mai 2009)

Mellow en mai ?

L’heure du second album pour le projet groovy d’Erlend Øye des Kings of Convenience, l’heure surtout de la confirmation on le souhaite après un premier essai qui, sur la foi du single « Burning », avait fait de ce collectif norvégio-allemand l’équivalent en danse molle du « Young Folks » des non moins excellents Peter, Bjorn & John (les spécialistes de la bonne pop molle) : un single attachant et mettant en lumière une musique qui allie simplicité et méthodisme, une symbolique possible du « cool » peut-être.

On retrouve ici sans l’ombre d’une surprise un univers musical en tout point semblable au premier album, peut-être avec un côté « mellow pop » ou « pop west coast » un peu plus prononcé (des petits airs à la Steely Dan dans leur versant grand public par moment) mais toujours ramené à hauteur de gars-gentil-et-escogriffe-et-cool-en-basket-et-tee-shirt.

On s’arrêtera par contre un peu plus sur un constat, à savoir combien tout ce que touche de près ou de loin la voix d’Erlend peut se ramollir de facto (ou s’adoucir selon votre degré de résistance au lymphatisme). Comme sur l’acoustique altière des Kings of Convenience (ou encore sur ses chansons solos comme celles qu’on trouve sur son Dj Kicks) la voix ici fluidifie l’ensemble et mène la barque à sa mesure et à son rythme. L’ensemble des morceaux laisse à penser que si The Whitest Boy Alive était un corps vivant alors cette voix de traîne serait le fromage fondu qui en irrigue les veines en lieu et place de notre bon vieux sang. Ne vous méprenez pas, c’est ici une fois encore formidable !

Alors le disque s’étire sur une grosse dizaine de pistes, un rythme quasi-égal de bon aloi qui fait instantanément du bien aux oreilles et au corps, car ce « Chewing groove » est pétri de bonnes ondes et nous rend joyeux avec des morceaux comme « 1517 » (où l’orgue et la guitare rivalisent de paresse et laissent à entendre un improbable remix unplugged du « Harder Better Faster Stronger » des Daft Punk), « Island » ou encore les emblématiques « Courage » et « Intentions ». Il est cependant injuste et inutile d’extraire ainsi tel ou tel titre de l’ensemble tant celui-ci est qualitativement homogène.

L’autre point en avant du disque ce sont les petits motifs de basse, rarement plus de 4 notes, qui servent d’ossature aux morceaux, ce groove tranquille et pépère sur lequel un orgue espiègle peint quelques motifs naïfs à son tour et par-dessus lesquels un guitariste (sans doute de formation scientifique et à lunettes) tripatouille lui-aussi en cadence sur ce tempo de diesel. La musique de ce groupe est sans nul doute une preuve de plus que la simplicité fait souvent tout en pop.

Du côté du bémol, on dira que le disque fait peut-être un peu trop dans la discrétion et que la modestie du contenu peut éventuellement affadir l’impact pour des oreilles distraites ou velléitaires. Pour notre part on ne boudera pas notre plaisir et on applaudira des deux mains à ce groupe et cet artiste tous deux si attachants.

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