Interview-présentation de Misty Call, nouveau virage de la fusion acoustique.


Ils jouent de la guitare, composent et improvisent, parlent anglais, français ou indonésien… A un an tout juste, Misty Call a déjà fait du chemin.
Rencontre avec trois musiciens qui ont plus d’une corde à leur arc…
Qu’est-ce-que la fusion acoustique, chez Misty Call ?
Laurent Creff : Misty Call, c’est de la musique acoustique, où se mêlent nos diverses influences et expériences musicales. Nous souhaitons nous laisser toutes les libertés en terme de notes et de rythmes, sans nous imposer de limites pour coller à un style précis… d’où le terme de fusion.
Pierre-Marc Quintric : En effet, il s’agit dans ce premier album de fusionner nos différentes influences : folk, world, celtique, métal…
Comment est-ce-que vous articulez vos expériences musicales respectives, vous qui avez chacun des parcours différents ?
PMQ : Pour moi le challenge est de lier ce projet acoustique intimiste à mes expériences passées de musiques plus sombres et indus, “mécaniques”, dont je suis ressorti avec une vraie rigueur de travail.
LC : Nous avons des fonctionnements complémentaires. De manière un peu caricaturale, Pierre-Marc apporte sa touche métronomique et des arrangements harmoniques, Annabelle amène sa sensibilité et une profondeur dans ses textes, tandis que j’ai un jeu plus intuitif et spontané axé sur les mélodies, qui vient de mes expériences des sessions jam et de l’impro.
Anabelle Garnier : Pour ma part, je crois que ce sont vraiment toutes mes expériences musicales précédentes (pratique du piano classique, de la guitare, du chant choral) alliées à un amour de l’écriture, des voyages, puis ma rencontre avec Pierre-Marc et Laurent, guitaristes exceptionnels, qui me permettent aujourd’hui d’avoir véritablement trouvé ma voix… et ma voie !
Votre anglais est parfait, Annabelle Garnier. Est-ce-que vous chantez uniquement en anglais ? Pourquoi pas le français, l’indonésien, maintenant, plus tard ?…
AG : Merci pour le compliment, ma maman qui est professeur d’anglais appréciera (rires !). Plus sérieusement, j’ai passé une grande partie de mon enfance à l’étranger, notamment aux Etats-Unis, ce qui explique mes affinités avec la langue anglaise. J’écris et je chante en anglais, car c’est une langue qui a une musicalité incroyable, immédiate. Je trouve le français beaucoup plus difficile à faire sonner, mais pourquoi pas ? Je ne ferme la porte à aucune éventualité, je suis une grande adepte du multilinguisme !
Les spectateurs sont particulièrement touchés par votre voix, à la fois chaude, enveloppante et sensuelle… vous réussissez en plus l’exploit de ne pas voler la vedette à vos guitaristes…
AG : La volonté assumée dans cet album, Hundred Miles, était de mettre nos trois instruments (les 2 guitares et ma voix) à égalité, afin qu’ils se mêlent, s’harmonisent, et fusionnent pour créer un son propre. Nous avons fait le choix de ne pas mixer la voix comme dans les chansons de variétés actuelles où elle est le plus souvent devant les instruments, mais de l’envisager plutôt comme un troisième instrument, dialoguant avec les deux guitares.
PMQ : Ce CD a été mixé comme un album de musique classique, avec peu d’effets, sans “éditing” et en respectant le plus possible les dynamiques des différents instruments afin de restituer le côté chaleureux et intimiste du live acoustique.
Entrons avec vous dans les coulisses de Misty Call : comment travaillez-vous ?
LC : Pierre-Marc et moi, nous aimons jouer sur les harmonies, les mélodies puis construire dessus. En général, soit nous “tappons un boeuf” et l’essentiel du morceau sort de suite, soit l’un de nous deux apporte un thème de guitare ou un morceau complet et l’autre pose ses arrangements dessus. On le propose ensuite à Annabelle, qui apporte (ou non) des suggestions, puis compose sa mélodie et ses paroles, et nous finalisons le tout ensemble.
PMQ : D’ailleurs certaines de nos compos guitares ont évolué durant dix – quinze ans, avant de prendre leur forme définitive, fixée sur cet opus. Le chant est venu les enrichir naturellement. Entre nous trois, les choses se passent toujours simplement!
Pourquoi Misty Call, un nom à la fois poétique, évocateur de mille et une choses… Racontez-nous.
AG : Nous sommes d’origine bretonne, alors la référence à la brume nous plaisait ! Et puis il plane dans notre musique des sonorités parfois un peu mystiques qui invitent à l’introspection, nous n’allions pas bouder le jeu de mots (rires) !
Dans quel registre est-ce-que vous vous situez ? Quelles influences revendiquez-vous et enfin, qu’avez-vous envie de faire ?
AG : On fait partie de la famille de la folk, mais avec des arrangements, des arpèges et des harmonies plus complexes issues d’autres univers. Je m’inspire personnellement de chanteuses telles que Lhasa, Tracy Chapman, ou encore Katie Melua.
PMQ : Nous aimons les arrangements à la In Flames, des mesures composées à la Soilwork, ainsi qu’un mélange des modes mineur-majeur à la Erik Satie.
LC : On a envie de faire évoluer notre musique, avec des sonorités, des textures, des invités et des thèmes différents, tout en conservant notre identité. Morcheeba est pour moi une source d’inspiration. Et on pense déjà sérieusement au deuxième opus !
Parlez-nous de votre public, manifestement toujours plus nombreux et plus enthousiaste. Comment concevez-vous les concerts ? Comme une rencontre à chaque fois réinventée ?
 
LC : Chaque concert est un vrai moment de bonheur. C’est l’occasion de partager notre univers musical avec le public, d’être témoin de leurs réactions aux morceaux… Nous remercions sincèrement les personnes qui nous soutiennent, nous donnent leur point de vue et nous encouragent pour évoluer.
AG : On travaille d’ailleurs en ce moment sur notre décor de scène et la théâtralisation de nos prestations.
PMQ : On conçoit les concerts comme un spectacle à part entière, et on développe le côté graphique avec Josselin Paris (illustrateur, coloriste, graphiste) qui a élaboré la pochette et le livret de notre album.

Revenons à Annabelle Garnier, femme moderne : comment arrivez-vous à tout faire ?
AG : Je crois que dans la société actuelle, on est toutes un peu obligées d’être multicartes ! Même si j’avoue être particulièrement hyperactive dans mon genre… Mêler vie professionnelle, carrière artistique et désormais vie de mère est un défi de tous les jours. J’enchaîne cet été pouponnage, concerts avec Misty Call, tournage d’un film, rénovation de maison et préparation de cours pour la rentrée… Pas de quoi s’ennuyer ! Je tiens à préciser que sans l’aide précieuse de mon compagnon, je ne pourrai absolument pas mener de front toutes ces activités.
Mais mes deux complices ne sont pas en reste : Pierre-Marc passe ses journées (et parfois ses nuits) à fabriquer de magnifiques guitares ou autres instruments à cordes dans son atelier de lutherie, et Laurent allie en ce moment sa carrière professionnelle à des interventions d’enseignement et une formation universitaire complémentaire. Nous étions faits pour nous entendre ! Heureusement, malgré ces emplois du temps de ministres, nous avons quand même trouvé le temps cette année d’enregistrer notre premier album, Hundred Miles !
Misty Call sur le net c’est :

(Crédits photos – (c) Julie Lefèvre)

 

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