[Cinémathèque de Toulouse] Les films qu’il faut avoir vus, 13 septembre au 3 octobre 2018

Et on commence cette nouvelle saison à La Cinémathèque de Toulouse dont la présentation aura lieu le mardi , avec le cycle “Les films qu’il faut avoir vus“, avec l’édito de Franck Lubet, responsable de la programmation :

Comme la rentrée de la saison dernière, et comme pour toute nouvelle saison dorénavant, une courte programmation d’incontournables pour reprendre la saison en se remettant les idées en place au sortir de la coupure estivale. Une programmation, faut-il le rappeler, qui ne vise pas à l’exhaustivité, mais à reposer quelques repères sur la carte du cinéma. Des films jalons, qui ont marqué leur époque, qui appartiennent à un tournant de l’histoire du cinéma, esthétique, technique… Des films qui font le cinéma et la cinéphilie. Des films qui appartiennent tout simplement à la culture générale.
Des films, enfin, pour reposer les fondations d’une base cinéphilique à partir de laquelle commencer une nouvelle saison. Une nouvelle expédition, avons-nous envie de dire, comme on parle d’exploration. Celle, pour reprendre une formule de Serge Daney, d’un pays, le cinéma, qui ne figure sur aucune carte de géographie – parce qu’il les englobe tous – et qu’il est encore temps d’explorer de l’intérieur.
Cette exploration de l’intérieur est un travail de tous les instants et de toute la saison, de toutes les saisons. Et débuter de la sorte, par une programmation de films-clés, est après tout naturel. Une manière de constituer un trousseau de clés, de passes, pour forcer toutes les serrures du cinéma.
Pour cette présente saison, et malgré le côté patchwork de la proposition à première vue, un axe principal se dégage : le passage du cinéma à la modernité. Modernité de l’écriture qui bascule, avec les années atomiques, dans son rapport au monde et à la communicabilité, et qui touche, dans un réalisme renouvelé, à l’abstraction des idées. Ce sont Hiroshima mon amour et L’Avventura, Anita G et Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles… Et nous irons de la sorte du Mouchard de John Ford, film sonore qui s’écrit comme un muet, à Elephant de Gus Van Sant, film quasi-expérimental qui trouve sa musicalité dans son propre mouvement répété. Et de la répétition à l’écho, du bégaiement à l’écriture cyclique de l’histoire, nous rencontrerons des effets miroirs, scintillements de cette même modernité. Des films où le cinéma intervient directement comme le prisme à travers lequel se lit l’histoire : Crépuscule de gloire ou Au fil du temps. Ou des films qui se lient étrangement comme des perles disparates qui, enfilées au même fil, finissent par donner un collier. La peine de mort : de La Dame du vendredi à Tu ne tueras point. La pulsion de mort et le fétichisme des armes à feu : Gun Crazy et Elephant. La métaphysique du voyage : Stalker et Sorcerer… De quoi se demander si, comme l’écrivait Flaubert, bien que les perles composent le collier, ce n’est pas au final le fil qui le fait. Le point de départ de la cinéphilie en fait : ne pas simplement regarder des films pour eux-mêmes, mais les mettre en regard les uns des autres. La saison peut commencer.

Franck Lubet, Responsable de la programmation

Les films du cycle, par ordre chronologique de réalisation.
Retrouvez le détail des films et les horaires en cliquant sur les titres ou sur www.lacinemathequedetoulouse.com

CRÉPUSCULE DE GLOIRE
Josef von Sternberg (The Last Command, 1928) en ciné-concert
Accompagnement au piano par Frédéric Bézian

LE MOUCHARD
Jonh Ford (The Informer, 1935)

LA DAME DU VENDREDI
Howard Hawks (His Girl Friday, 1940)

BANANA SPLIT
Busby Berkeley (The Gang’s All Here, 1943)

LUMIÈRE D’ÉTÉ
Jean Grémillon (1943)

LE DÉMON DES ARMES
Joseph H. Lewis (Gun Crazy, 1950)
présenté par Alain Joubert et précédé d’une rencontre à la librairie Ombres Blanches

LE SALON DE MUSIQUE
Satyajit Ray (Jalsaghar, 1958)

HIROSHIMA MON AMOUR
Alain Resnais (1959)

L’AVVENTURA
Michelangelo Antonioni (1960)

UNE FEMME DANS LA TOURMENTE
Mikio Naruse (Midareru, 1964)
présenté par Jean Narboni et précédé d’une rencontre à la librairie Ombres Blanches

ANITA G
Alexander Kluge (Abschied von gestern, 1966)
en lien avec la Quinzaine franco-allemande en Occitanie en partenariat avec le Goethe Institut

EL TOPO
Alejandro Jodorowsky (1970)

AU FIL DU TEMPS
Wim Wenders (Im lauf der zeit, 1975)
en lien avec la Quinzaine franco-allemande en Occitanie en partenariat avec le Goethe Institut

JEANNE DIELMAN, 23 QUAI DU COMMERCE, 1080 BRUXELLES
Chantal Akerman (1975)
présenté par Mireille Brangé et précédé d’une rencontre à la librairie Ombres Blanches

LE CONVOI DE LA PEUR
William Friedkin (Sorcerer, 1977)

STALKER
Andreï Tarkovski (1979)

TU NE TUERAS POINT
Krzysztof Kieslowski (Krotki film o zabijaniu, 1988)

LE PIANISTE
Roman Polanski (The Pianist, 2002)
dans le cadre de la Semaine polonaise

ELEPHANT
Gus Van Sant (2003)

Photos de haut en bas et de gauche à droite : “Banana Split”, “L’Avventura”, “Hiroshima mon amour”, “Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, Bruxelles”, espace presse de La Cinémathèque de Toulouse

Attention, nouveaux tarifs à compter du 1er septembre 2018
Plein tarif : 7,50 €
Tarif réduit : 6,50 €
Tarif jeune (- de 18 ans) : 4 €
Carte CinéFolie : 150 €
Carte CinéFolie Étudiant : 100 €
Carte 10 séances : 55 €

La Cinémathèque de Toulouse
69 rue du Taur – Toulouse
05 62 30 30 10
www.lacinemathequedetoulouse.com

A propos de Carine TRENTEUN

Laisser un commentaire