Entretien avec Cécile Herreman- présentation de la cinquième édition du festival Les Docs de Noirmoutier (du 3 au 6 avril 2026).

 

 

Le Festival international les Docs de Noirmoutier a été créé en 2021 Pour nous présenter sa nouvelle édition Cécile Herreman, une de ses programmatrices, nous a accordé une interview.

La cinquième édition du Festival se déroule du 3 au 6 avril. Pouvez-vous revenir sur la genèse de ce projet ? Pour quelles raisons l’île de Noirmoutier a –t-elle fait le choix de mettre en avant le Documentaire ?

Il y a six ans, constatant qu’il y avait peu de festivals dans la région qui mettaient en valeur le documentaire Sylvain Maugens et Jean-Baptiste Clapeau – originaire de l’île – ont décidé de créer ce festival. De par sa configuration, sa taille humaine, Noirmoutier est un lieu idéal pour mettre en valeur un genre cinématographique dont les vocations sont de nous rapprocher de la réalité, de nous faire partager des moments de vie et de nous ouvrir à d’autres cultures. En ce qui me concerne, j’ai rejoint avec beaucoup de plaisir et d’envie l’équipe organisatrice il y a deux ans.

Pendant longtemps le documentaire semblait plutôt associé à la télévision. Depuis quelques années il trouve de plus en plus son public en salle. Comment expliquez-vous cela ?

Même si le média télé convient bien au documentaire ; il y a toujours eu des documentaristes qui se sont démarqués très fortement par leur esthétique, leur point de vue. Je pense notamment aux films de Chris Marker, Frederick Wiseman et tant d’autres. Cette recherche de la singularité est au cœur de notre programmation. Notre volonté est de mettre en avant la diversité de ce genre cinématographique, tant au niveau des thématiques abordées que des approches visuelles. Les formes sont très variées : des films à partir d’archives ou de photos, des films avec ou sans voix-off, avec ou sans musique… Dans notre programmation on a notamment un  film sans aucun entretien ni voix off : High School de Frederick Wiseman.

En ce qui concerne l’intérêt grandissant du public, il repose forcement sur des grands succès en salle, comme Sugar Man (Malik Bendjelloul), La panthère des neiges (Vincent Munier), qui donnent envie aux spectateurs de découvrir d’autres documentaires. Les producteurs et les distributeurs hésitent beaucoup moins à produire et diffuser de nouveaux projets. Ces succès contribuent à ouvrir l’horizon du spectateur qui découvre que, contrairement à ce que l’on peut penser de prime abord, le documentaire c’est du cinéma, au même titre que les films de fiction.

Le programme du Festival est très riche : 21 séances, 30 films, la sélection est internationale : Quels sont les critères qui ont guidé vos choix ?

La pluralité, montrez toutes les formes qui peuvent exister. On programme par exemple des films photographiques, où l’image est composée uniquement de photos, c’est la voix off et la musique et parfois des cartons avec des écritures qui font la narration. C’était déjà le cas l’an passé avec I Am Not Everything I Want To Be, cette année on diffuse Twilight Ladies. On veut également faire résonner les époques entre-elles, raison pour laquelle on propose aussi bien des films de patrimoine que des films actuels. Ce dialogue entre les époques permet de montrer que certaines problématiques sont toujours présentes dans nos sociétés, même si le monde évolue. A ce titre Appelez-moi Madame, qui a maintenant quarante ans, dialoguera sur le même thème, des personnes transsexuelles, avec Twilight Ladies. Il y est également très important de faire découvrir de jeunes cinéastes, pour les aider à se lancer. La dimension internationale du festival, a pour objectif d’élargir les points de vue, les thématiques. Evidemment on colle également à l’actualité, c’est notamment le cas pour la guerre en Iran, avec le film Fifi hurle de joie de Mitra Farahani. Car l’art sert à ne pas oublier ce qui se passe dans le monde.

Au niveau de la programmation cela nécessite un long travail en amont.

Effectivement, c’est un très gros travail. Nous sommes un comité qui, en fait, travaille toute l’année. A chaque fois qu’on voit ou que l’on nous parle d’un film on le note. Notre esprit et notre curiosité sont toujours en éveil. Car, comme l’écrivait André Malraux : « Les films sont un musée imaginaire », ils se forgent dans notre esprit par rapport à tout ce que l’on entend et voit pendant la journée. On découvre les documentaires en salle, sur les plateformes, par liens vidéo.  Il faut voir beaucoup de films et pas seulement des documentaires.

En ce qui concerne le public, il y a la volonté de réunir tous les publics, toutes les générations avec une ouverture vers les plus jeunes.

Oui, notre public est très large. Pendant l’année, l’association organise des ateliers avec les jeunes. En ce qui concerne la programmation du festival, elle est plus orientée vers les adultes, au niveau de la façon dont les sujets sont traités. Mais il y a également des films dans lesquels les adolescents vont pouvoir se retrouver, soit par ce qu’il ils traitent de l’adolescence soit par ce qu’ils sont réalisés par de jeunes metteur en scène.

Quels sont les lieux d’accueil du Festival ?

Cette année, pour la première fois, certains films seront diffusés au Mimosas, le cinéma de Noirmoutier. Mais la majorité des séances se déroulera à l’espace culturel des Salorges, dans une salle de trois cents-cinquante places, aménagée pour l’occasion. L’espace culturel constitue en quelque sorte le Q.G du festival, c’est là que l’on pourra échanger avec les artistes présents (réalisateurs, photographes), autour d’un verre. On va y également faire des captations pour développer des liens avec le public. Comme le thème de cette année est la photographie, on va mettre en place un photomaton. Nous avons aussi des expositions photo dont Wanted : avis de recherche photographique : Portraits d’archives de l’Ile de Noirmoutier. Exposée dans toute la ville, ce sont des archives de portraits de personnes non identifiées, que les habitants sont invités à venir reconnaître.

La France est un vivier reconnu pour le film documentaire. Quels liens le Festival entretient-il avec les réalisateurs, les producteurs ?

Oui, car cette année on va avoir beaucoup de réalisateurs présents. Notamment Nicolas Peduzzi (Ghost Song, Etat Limite, Southern Belle), parrain de cette édition, présent tout au long de l’événement et qui proposera une rétrospective de ses trois longs métrages. Seront présentes également : Françoise Romand pour Appelez-moi Madame, Emilie Brisavoine pour Pauline S’arrache. Laïs Decaster, cinéaste autour de laquelle nous ferons un focus avec 3 de ses films (La peau dure, Soirée mousse et Car wash) Par ailleurs, on a des liens avec la production et la distribution ; Sylvain est producteur, Jean-Baptiste a beaucoup de contacts avec cet univers, quant à moi je travaille pour le cinéma Le Louxor, à Paris.

Au-delà de la réussite de cette nouvelle édition, quelles sont vos envies, vos motivations pour la suite de ce beau projet ?

La satisfaction du public, de belles rencontres. On a déjà choisi comme thème la musique pour l’édition de l’année prochaine.

Entretien réalisé par téléphone le mardi 17 mars. Merci à Cécile Herreman pour sa gentillesse et sa disponibilité. Un grand merci également à Estelle Lacaud, l’attachée de presse du festival qui a organisé cette interview.

Rendez-vous sur le site du festival pour le  programme complet de cette nouvelle  édition du Festival.

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A propos de Jean-Michel PIGNOL

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