Berwanger Kansas Rocker : entretien avec Josh Berwanger pour la sortie de Strange Stains

Drôle de parcours que celui de Josh Berwanger… Cet enfant du Kansas forme avec son meilleur ami Justin Roelofs The Anniversary en 1997. Le groupe signe rapidement chez Vagrant, label alors en pleine expansion grâce à la vague emo qui envahit les Etats-Unis. Supporté par The Get Up Kids, les chefs de file de ce mouvement, The Anniversary enregistre un premier album en 2000 : Designing a nervous breakdown. Le groupe apporte une attention particulière aux harmonies vocales, donne une place importante au clavier et essaie parfois de sortir de la rythmique typique du pop punk alors à la mode. Mais sur le plan artistique, ni la production ni les chansons ne leur permettent de sortir du lot. Peu importe, Designing a nervous breakdown est un succès commercial tout comme la tournée qui suit. Malgré cela, Justin Roelofs et Josh Berwanger se sentent à l’étroit dans l’emo, un courant qui visiblement les concerne peu. En 2002, The Anniversary accouche alors de Your Majesty qui démontre une évolution incontestable avec un son plus rock et des compositions moins évidentes. De son côté, Vagrant ignore comment vendre ce disque qu’une bonne partie des « fans » finit par bouder. Sur scène, The Anniversary persiste et réinterprète ses premières chansons en y injectant diverses influences : blues, rock ou reggae. Au final, le groupe est lâché par sa maison de disques qui efface toute trace de leur collaboration sur son site et refuse de voir d’autres groupes avec qui elle a signé jouer avec eux. Mais le pire est à venir puisque les deux co-leaders s’éloignent l’un de l’autre jusqu’au point de non-retour : The Anniversary annonce brutalement sa séparation en 2004. Justin Roelofs poursuit sa quête mystique entamée depuis quelques temps et lance son projet White Flight.
Josh Berwanger crée, lui, The Only Children qui comprend notamment la section rythmique de The Anniversary. En 2004 sort Change of Living, un album aux accents coutry/folk qui, malgré un single éponyme très accrocheur, rencontre moins de succès. La tournée se passe très mal et Josh Berwanger doit se séparer de ses camarades de The Anniversary. Trois ans plus tard, il sort un nouveau The Only Children intitulé Keeper of Youth. Le disque, excellent, trouve un étrange mais bel équilibre entre le rock, le blues, la pop, le folk et le reggae. C’est pourtant un nouvel échec commercial. Lassé, l’enfant du Kansas quitte alors l’industrie du disque pendant 5 ans.
En 2012, il réapparaît avec la ferme intention de revenir sur le devant de la scène. Il signe sous son propre nom son nouvel album, Strange Stains. En attendant sa sortie prévue pour le 1ier octobre 2013 chez Good Land Records, rollingstone.com propose en téléchargement Baby Loses Her Mind. Le disque s’annonce résolument pop rock avec des chansons simples, courtes et accrocheuses. L’heure de Josh Berwanger est-elle enfin arrivée ?

En 1997, vous avez formé The Anniversary avec votre ami Justin Roelofs. En 7 ans, vous avez enregistré deux albums et plusieurs maxis. Quelle est la chose la plus importante que vous ayez apprise avec ce groupe ?
Principalement ce que les mères apprennent à leurs enfants. Traiter les gens comme on veut être traité, être gentil même si les autres sont des cons, être impeccable avec tout le monde et… S’ECLATER MEC !

Après la séparation de The Anniversay, vous avez déclaré que c’était pire que n’importe quelle rupture amoureuse. Comment ressentez-vous la chose aujourd’hui ?
Être dans un groupe c’est être dans une relation. Nous travaillions très dur pour obtenir le statut que nous avions et nous avions de nouvelles chansons assez intéressantes ainsi qu’un nouveau management et des propositions de labels. Puis, tout a implosé et c’était fini. J’y pense de temps en temps. Je ne peux rien y faire, c’est ainsi. Je suis très fier de ce groupe. J’ai eu de la chance de faire de la musique avec Janko, Justin, Jim et Adrianne. La plupart des gamins vont à la fac, obtiennent des diplômes ; moi, j’ai fait le tour du monde avec mes meilleurs amis en jouant de la musique avec eux. Je n’échangerais cela pour rien au monde.

Il y a eu des rumeurs de reformation en 2008 et cette année. Qu’en est-il exactement ?
En 2008 ?


Oui, à la sortie de Devil on our Side
Je n’étais pas au courant. Mais oui, il y a eu des pourparlers cette année. On ne sait jamais mais c’est quasiment certain que nous ne jouerons plus jamais ensemble.

Vous avez aussi enregistré deux albums sous le nom de The Only Children : Change of Living et l’excellent Keeper of Youth. Musicalement, ce sont des disques beaucoup plus variés qui rendent la classification de The Only Children assez difficile. Est-ce pour cela, selon vous, qu’ils ont moins bien marché que The Anniversary ?
Je pense que si ces albums sortaient aujourd’hui, ce serait un peu différent. J’ai le sentiment que la musique de Change of Living est un peu ce qui est populaire actuellement aux États-Unis. The Only Children n’ont tourné qu’une seule fois pour Change of Living et juste un peu pour Keeper of Youth. Il faut tourner pour rendre les choses possibles et avoir aussi beaucoup d’argent, ou alors avoir un beau gosse dans son groupe. Être toujours au bon endroit et bon moment, ça aide mais je ne suis visiblement pas bon pour cela.

Après la sortie de Keeper of Youth, vous aviez déjà des chansons pour un nouvel album. Mais vous avez quitté l’industrie du disque pendant 5 ans, alors que sont-elles devenues ?
Certaines sont sur mon ordinateur et d’autres sont incluses dans un album sorti sur iTunes intitulé B-sides & Demos – Because No One Wants to Hear A-Sides.
Qu’est-ce qui vous a motivé pour revenir ?

J’écris des chansons, c’est ce que j’aime, c’est ce que je fais. Si je suis le seul que ça intéresse, super, si ça plait à d’autres, c’est encore mieux. Aussi difficile que ce soit, il faut persévérer et croire en ce qu’on fait.

Mais pourquoi avoir signé sous votre propre nom cette fois-ci ? Est-ce un nouveau départ pour vous ?

Non, c’est juste que je trouve ça très difficile de venir avec un nom de groupe assez cool aujourd’hui. Et si tu en trouves un, il y en a forcément 12 autres qui portent déjà ce nom. Et j’ai le sentiment que si tu as un nom de groupe, alors, tu dois être dans un vrai groupe, c’est-à-dire avec des gens avec qui tu as commencé sous ce nom. J’en ai vu quelques uns jouer plusieurs fois en ayant à chaque fois un nouveau membre à la guitare ou à la basse ou à la batterie.
Qui sont les musiciens présents sur ce nouvel album, Strange Stains ?
Le groupe principal, c’est Michael Hutcherson (le premier batteur de The Anniversary) et moi. Ensuite, il y a Jim Macpherson (the Breeders & Guided By Voices), Ricky Salthouse (Only Children), Heidi Gluck (Only Children/Julianna Hatfield), T.K. Webb (The Visions/Only Children), Brandon Phillips (The Architects), Marc Benning, Carly Gwinn, Deanda & Tim Frost, ma nièce Lily Garrison, et un chimpanzé qui nous aide à vendre du marchandising en tournée.

Josh Berwanger et Michael Hutcherson. (c) Rebecca Armstrong

Où a été produit l’album ?
Au Colorado, dans le Maine et à Nilbog dans le Kansas.

Mais combien de temps a duré l’enregistrement ?
Cela a pris un moment pour enregistrer l’album. Un an et demi, mais c’est surtout parce que Michael et moi nous en occupions nous même pendant qu’on faisait des petits boulots. Nous voulions aussi faire tout comme il faut et ne pas nous précipiter pour rien.

Le premier titre de votre nouveau disque était All You Can Eat, il me semble. Pourquoi l’avoir changé pour Strange Stains ?
A la base, je voulais l’appeler Strange Stains. All You Can Eat, c’est venue d’une photo qu’on pensait alors utiliser pour la pochette. Finalement, on ne l’a pas gardée et All You Can Eat ne convenait pas au sujet de l’album.

Justement, quel est-il ?
La vie et toute son étrangeté. Pour moi, les taches (“stains” en anglais, NDT) sont comme des souvenirs : certaines s’effacent, d’autres restent pour toujours…

 

Strange Stains le 1ier octobre chez Good Land Records
berwangermusic.com

A propos de Lionel Grenier

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