Au décès de son oncle, un homme reprend le chemin écossais de la maison familiale et y séjourne en compagnie des proches du défunt, le temps de l’enterrement et de l’ouverture du testament. Liens du sang et alliances du cœur cohabitent avec intensité sous le toit de la vieille bicoque, lieu de rassemblement pour certains, prétexte d’éloignement pour d’autres, pièce-maîtresse du récit et de sa symbolique.Moins d’une centaine de pages, trois jours d’action, et pourtant les thèmes convoqués sont vastes et imbriqués : fratrie, cousins, couples légitimes, illégitimes ou contrariés, pièces rapportées et complexité des rapports familiaux, émigration et différences de mentalités, dialogues ouverts ou implicites… Autant de prétextes à de micro-intrigues pour composer cette fresque sur l’appartenance à un lieu et à une famille, et s’interroger sur la nature des racines.

Publiée à l’origine au sein d’un recueil, cette nouvelle happe et surprend par la force de l’univers qui s’en dégage, au même titre qu’un roman. Avec ses grands paysages, ses domestiques, ses vestibules, son apparat déchu, Vita Sackville-West (1892-1962) se place en digne héritière de la veine romantique anglaise de Jane Austen ou des sœurs Brontë, dont elle se distingue par un style ouvragé mais incisif et une psychologie des personnages très avant-gardiste. Contemporaine de Virginia Woolf et de Daphné du Maurier, on retrouve dans son écriture une véritable profondeur romanesque confrontée à une remise en question de l’ordre établi.
Avec Paola, l’écrivaine a gravé dans le marbre sa revanche personnelle. Du fait de sa condition féminine, elle s’est vue refuser par la loi anglaise l’héritage du château familial et cette injustice l’a meurtrie durant toute son existence. Sous les traits de Paola, la mystérieuse étrangère au charme impétueux, Vita Sackville-West reprit les rênes de sa destinée en brandissant l’arme du libre-arbitre. Affranchie du passé, elle put alors emprunter le pas libéré de son narrateur…

 

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