Moonage Daydream sort sur les écrans ce mercredi 21 septembre.
(Il a été précédé de plusieurs avant-premières en salles Imax à partir du 14 septembre).

Comme on peut le comprendre, le présent article, parce qu’il est analytique autant que critique, dévoile la façon dont ce film singulier se présente.

***

Brett Morgen est un documentariste américain de 53 ans, auteur de quatre séries télévisées et de onze longs métrages. Il a notamment réalisé un film sur le chanteur de Nirvana : Kurt Cobain : Montage of Hake (2015), mais aussi un autre sur les Rolling Stones : Crossfire Hurricane (2012).

Concernant Bowie, dont il est un admirateur et un connaisseur, Brett Morgen a raconté l’avoir approché en 2007 pour lui proposer de réaliser un portrait documentaire hors-norme. Bowie a répondu en critiquant avec une rude franchise une production précédente de son interlocuteur, et il n’y a pas eu de suite.

Le cinéaste a pris contact avec Bill Zysblat, le gestionnaire en chef du patrimoine de Bowie, après la mort de celui-ci en janvier 2016. Zysblat s’est montré favorable et a donné accès aux Archives de la Star – celles qui avaient par exemple servi à monter l’exposition Bowie Is (2013). Il est question d’un ensemble de cinq millions d’éléments. Morgen les aurait consultés – ou une partie d’entre eux -, en aurait sélectionné quelques-uns, et ce sur une période de deux ans. Globalement, il aurait mis quatre ans pour construire son film. Puis dix-huit mois pour travailler spécifiquement sur « le son, l’animation et la couleur » (1).

Les personnes qui apprécient Bowie et connaissent bien son œuvre et les documents audiovisuels tirés de ses créations et de ses performances, mais qui n’ont pas encore vu Moonage Daydream, imagineront peut-être découvrir de l’inédit. Difficile d’identifier toutes les images et tous les sons, tellement le film est foisonnant, mais, globalement, il y a assez peu de surprises. Beaucoup de choses sont connues, trouvables sur internet, déjà vues dans le cadre de l’exposition susmentionnée, ou dans d’autres documentaires. Ceux qui attendent de voir de nouveaux documents sur les tournées américaines de 1974-1975 (époque Diamond Dogs et Young Americans) et sur la tournée Isolar (1976, époque Station To Station et Thin White Duke) en seront pour leurs frais. Ces prestations semblent malheureusement avoir été peu couvertes filmiquement, au grand dam de Bowie lui-même ; à moins que des éléments soient toujours gardés dans les tiroirs pour diverses raisons difficiles à connaître.
Pour ce qui nous concerne, le grand et beau cadeau est l’apparition à l’écran des images des concerts donnés à Earl’s Court, à Londres en 1978, après la sortie de Heroes. Elles ont été réalisées par le cinéaste David Hemmings et elles sont magiques. Morgen parle de ce document comme du « Saint Graal » (2).

Mettre en avant un accès privilégié aux Archives-Bowie, et une sélection minutieuse d’éléments s’y trouvant est évidemment un bon argument pour les promoteurs du film, mais il faut comprendre qu’il s’agit aussi d’une question de droits. Tout ce que l’on trouve sur YouTube, ou sur d’autres sites comparables, est souvent difficilement exploitable, du point de vue technique et esthétique – surtout quand le très grand écran est visé -, mais est également et souvent publié illégalement et ne devrait théoriquement pas être visible. D’où le concept, étrange, mais compréhensible, de rareté.

Morgen ne se contente pas de montrer des documents. Il les a travaillés, transformés, triturés, détournés parfois. Il les a montés les uns avec les autres, créant des associations singulières, productrices de sens originaux. Il les a mélangés avec moult extraits de films tirés du patrimoine cinématographique – Metropolis de Fritz Lang (1927), Un Chien andalou de Luis Bunuel et Salvador Dali (1929), qui furent des références explicites pour Bowie ; mais aussi, entre autres, Le Voyage dans la lune (George Méliès, 1902), Nosferatu le vampire (F.W. Murnau, 1922), Le Magicien d’Oz (Victor Fleming, 1939), Les Chaussons rouges (Michael Powell et Emeric Pressburger, 1948). Il les a aussi combinés avec des images d’actualité, et avec d’autres images créées numériquement. Avec des photos – représentant Bowie ou pas -, avec des représentations de tableaux peints par le chanteur. Il a créé par ailleurs des images composites – montage interne aux plans pris individuellement.
On sent la volonté du cinéaste de recourir à sa façon à la méthode du cut-up, mise au point par Brion Gysin, utilisée aussi par William Burroughs, et reprise par Bowie lui-même.

Moonage Daydream est un documentaire subjectif, confinant parfois au trip psychédélique. Il traduit la vision morgenienne de l’univers Bowie – il est un point de vue documenté, pour reprendre une formule du cinéaste français Jean Vigo utilisée à une tout autre une époque, dans un autre contexte. Brett Morgen a d’ailleurs déclaré : «  Ce que le public expérimente durant le film est basé sur mon ressenti lorsque j’ai passé en revue tous les médias connus de l’artiste qu’il fut » (3). Et il est une tentative de restitution de ce que pourrait avoir été le mental de Bowie, constamment ou à certains moments de son existence : un chaudron bouillonnant, un vaisseau conduit parfois sous influence – pas besoin de mentionner les produits consommés, le spectateur devine s’il ne sait déjà -, une énergie hautement créative.

Le montage est souvent extrêmement rapide, heurté, kaléidoscopique. Les images s’entrechoquent, se superposent. Il en va de même pour le son. Les sources sonores, différents types de sons sont associés dans le but de créer un maelstrom artistique, un patchwork flashant, une polyphonie tonitruante. Des morceaux ont été complètement remixés pour gonfler, élargir la musique ; pour bien faire entendre, rendre mieux présent le public quand ils sont interprétés sur scène. Le travail a été effectué par le producteur Tony Visconti qui a produit moult disques du chanteur. Il est possible que des enregistrements additionnels aient été réalisés pour conférer plus d’épaisseur à certaines de ces chansons, plus de force aux réactions dudit public.

Morgen a voulu jouer la carte de l’hyper-spectaculaire à tout prix et du rythme clippesque, par probable peur que le spectateur d’aujourd’hui – ou celui qui connaît Bowie – s’ennuie, et/ou pour répondre à un supposé goût du jour. Mais en cherchant à surdimensionner le réel et les œuvres diffusées jusqu’à saturation, il omet de s’interroger sur l’utilité même de ces procédés, techniquement et esthétiquement parlant.
Pourquoi rajouter un arrière-fond de musique orientale sur l’interprétation live de Warszawa (la version studio est sur l’album Low, 1977) ? Le spectateur/auditeur ne préférerait-il pas entendre simplement ce magnifique morceau, interprété magnifiquement par les musiciens, en regardant les prises de vues magnifiques de David Hemmings ?

Moonage Daydream a été conçu en vue de projections en Imax, avec donc des images de très grande dimension et définies de façon optimale. Au niveau du son, mis à part le travail de mixage et remixage de Tony Visconti sur les chansons de Bowie, il y a eu un traitement sur l’ensemble du film. Ce traitement a été réalisé, dirigé par Paul Massey, qui a mixé le son de Bohemian Rhapsody (2018) et a été primé pour cela (Oscar 2019 du meilleur mixage de son). Massey a notamment utilisé une technique appelée le Dolby Atmos, créant un environnement sonore enveloppant et dynamique, et permettant une immersion forte du spectateur/auditeur.
Le problème est qu’à force de saturer l’espace sonore, il y a souvent a une perte de relief, de profondeur. De temps en temps, des effets intéressants sont quand même obtenus et le son donne l’impression de tourner, de circuler dans l’espace. Un exemple : le moment du morceau DJ (album Lodger, 1979) où Bowie évoque les « believers » (les « croyants » qui suivent le disc-jockey).

En même temps, ces partis pris ne sont pas inintéressants et se comprennent. Ils sont un écho aux déclarations de Bowie concernant la façon dont il conçoit son travail, dont il se perçoit et se vit lui-même. Besoins de changements et d’expérimentations nouvelles. Conscience d’avoir une « existence labyrinthique ». Auto-définition comme « collectionneur de personnalités », comme artiste « éclectique », comme « généraliste », comme adepte d’une « philosophie hétéroclite ». Intérêt revendiqué pour le chaos et la fragmentation, le mélange des genres, l’utilisation abondante des références et des influences.
Une scène de The Man Who Fell To Earth, le film réalisé par Nicolas Roeg en 1975, est de ce point de vue emblématique et ne manque pas d’être intégrée par Morgen. C’est celle où l’extra-terrestre Thomas Jerome Newton, incarné par Bowie, regarde fasciné, excité, plusieurs écrans de télévision, et est capable de saisir simultanément tout ce qui est diffusé (4).

Mais la figure-Bowie, ce que l’artiste anglais a créé ne se réduisent pas au tumulte et à l’excès. Il y a – il y a eu – aussi chez lui une capacité, une propension à la contemplation, au repli intérieur. Au dépouillement quasi mystique. Il n’est pas anodin que Bowie se soit intéressé au Bouddhisme et à Nietzsche.
L’auteur de Silly, Boy Blue, de Space Oddity, de Supermen en parle dans certaines déclarations que l’on entend dans le film. Il évoque la question de la solitude. Morgen réussit à suggérer celle-ci, à la représenter. Nous l’avons ressentie dans les plans où le chanteur est filmé de dos, plans qui reviennent souvent et qui concernent différentes époques. Dans des passages de The Man Who Fell To Earth, au moment où Thomas Jerome Newton est retenu prisonnier dans un local dont il va finalement réussir à s’échapper. Grâce au montage vertical, ce passage est accompagné avec simplicité par Subterraneans, pièce musicale à l’ambiance étrange et plutôt triste (album Low, 1977). Mentionnons aussi les extraits, nombreux, de Ricochet – film de Gerry Troyna, diffusé en 1984, et dans lequel on voit Bowie se promener, se recueillir, seul, à Singapour, à Bangkok, à Hong Kong.
Mais tout cela nous semble pourtant trop rare dans Moonage Daydream, et ne pas réussir à suffisamment contrebalancer les nombreuses scènes construites sur un rythme effréné.

Le film n’est constitué que de propos tenus par Bowie. Aucun témoignage de collaborateurs de l’artiste, de personnes ayant travaillé avec lui – musiciens, producteurs, metteurs en scène, stylistes, photographes… Peu d’informations factuelles, de points de repère qui pourraient constituer une biographie, une discographie, une vidéo-filmographie. Aucun commentaire sur le chanteur, aucune analyse effectuée par un tiers. C’est un choix discutable, problématique, mais que le cinéaste assume. Ceux qui ne connaissent pas Bowie pourront se sentir perdus, mais le cinéaste voit les choses différemment, car le chanteur présente sa philosophie de la vie dans Moonage Daydream. Morgen déclare : « (…) ceux qui ne connaissent pas du tout le personnage pourront recevoir ce message universel : c’est important de partir à la recherche de soi-même et de vivre intensément le moment présent. Ce film est une sorte de rappel utile » (5).
On lira ici ou là que Moonage Daydream ne présente pas de chronologie linéaire, ne rend pas compte de la façon dont la carrière de Bowie s’est déroulée dans le temps. C’est vrai. Les allées et venues entre les époques, entre les périodes sont débridées quoique pas forcément arbitraires. Cela dit, il serait erroné de penser que le film ne respecte pas quelque chose du parcours concret du chanteur et de son évolution, qu’il n’a aucun sens global. Chaque étape est composée d’une pléiade d’éléments plus ou moins hétéroclites – qui permettent par exemple de faire ressortir les contradictions nombreuses de l’artiste anglais -, mais Morgen nous fait passer assez logiquement de la période Ziggy Stardust à la période américaine ; puis à la période berlinoise, à la période des années quatre-vingt, à la période de la vie avec Iman Mohamed Abdulmajid – la dernière compagne. Il s’est agi de montrer l’accomplissement et l’explosion du jeune rocker subversif, fougueux ; provocateur et distant. Puis, son besoin d’isolement et son projet de création d’un nouveau langage. Puis, son changement d’état d’esprit dans les golden eighties, avec le revers de la médaille : davantage de positivité et de sérénité, et une volonté de faire une musique plus simple et accessible, en allant à la rencontre d’un très large public ; mais, liée à cela, une difficulté à être aussi créatif et inventif qu’auparavant (6). Puis, enfin, la découverte de l’amour, l’installation dans un « foyer » après tant d’années de fantastiques voyages (7), la sage autocritique de la Star prenant de l’âge concernant les idées et les comportements de sa jeunesse.

Parmi les reproches qui sont adressés à Brett Morgen et à son film, il y a donc le fait que beaucoup d’aspects et de périodes de la carrière de Bowie sont passés sous silence : les débuts, avant la période Space Oddity, par exemple. Le fait que des personnalités d’importance, parfois essentielles, sont comme éliminées – mis à part Brian Eno – : le guitariste et arrangeur Mick Ronson ; le pianiste de formation jazz Mike Garson ; les producteurs Ken Scott et Tony Visconti -même si ce dernier est crédité au générique puisqu’il a (re)mixé des morceaux – ; Angela Barnett, la première épouse, qui a beaucoup compté dans la construction et le succès de Ziggy Stardust ; le manager Tony Defries…
Quand un journaliste écrit : « (…) exit les phases les plus sombres de sa carrière » (8), nous imaginons qu’il pense, entre autres, aux prises de position idéologiques douteuses de Bowie. D’aucuns se rappelleront en effet les déclarations provocatrices du chanteur sur Hitler ou Goebbels à l’époque du Thin White Duke (album Station To Station, 1975). Et penseront que ceux qui sont aujourd’hui chargés de l’héritage du chanteur n’ont évidemment pas eu envie de revenir sur ces excès délirants. Mais ce n’est pas tout à fait juste. Morgen a trouvé un compromis en diffusant dans son film des remarques de Bowie qui trahissaient sa fascination pour le Pouvoir de nature dictatoriale. Des remarques proches de celles faites dans une interview parue dans la presse écrite en 1975 et citée par David Buckley dans la monographie qu’il a consacrée au chanteur : « Il y aura une figure politique dans un avenir pas trop lointain qui balaiera cette partie du monde comme le rock’n’roll l’a fait. Vous espérez sûrement que je me trompe, mais j’ai raison… Il faut qu’il y ait une extrême droite qui arrive et qui emporte tout sur son passage et qui nettoie tout. Après, on pourra avoir une nouvelle forme de libéralisme » (9).

Concernant toujours les manques dont souffre Moonage Daydream, il y a évidemment les problèmes de santé qu’a connus Bowie autour de 2004, la distance alors prise avec le public et les médias, la mort qui trouve une expression artistique dans le terrible dernier disque Blackstar (2016). Il s’agit, là aussi, d’un moment que l’entourage de Bowie ne souhaitait probablement pas évoquer. Et puis peu de choses sont connues de cette période.
Mais il y a peut-être une autre explication, venant du vécu et du regard personnels de Brett Morgen. Celui-ci a raconté avoir eu une crise cardiaque vers 47 ans et y avoir survécu. Son film est clairement un hymne à la Vie, à l’Éternité cyclique – « Il n’y a ni début ni fin » entendons-nous dire Bowie. Le cinéaste ne retient pas, ou plutôt ne fait pas ressortir ce qui dans les chansons de l’auteur de Everyone Say Hi a trait à la Mort.
Il y a des moments mémorables qui sont utilisés par Morgen, de ce point de vue. À l’animateur de télévision Russell Harty qui lui demande en 1973 s’il croit en dieu, s’il s’adonne à une quelconque forme de culte, la Star répond : « La Vie… J’aime très fort la Vie ». Citons aussi la coda de Cygnet Committee (album Space Oddity, 1969) avec les déchirants : « I Want To Live ». Et que dire du beau final, choral, de la chanson Memory Of A Free Festival (album Space Oddity, 1969) qui est comme un moment de communion humaine pleine d’espérance : « The Sun Machine is coming down and we gonna have a party » ?

À ne pas rater également, les quelques mots de Bowie, à la fois amusants et très émouvants, placés quasiment à la fin du générique, qui sont là pour conserver le lien avec le spectateur/auditeur, et dire que le lien est maintenu.

Notes :

1) Toutes ces données, ces chiffres sont approximatifs et varient suivant les sources, suivant les médias.

2)
Morgen utilise cette expression ici : James Mottram, « Inside Moonage Daydream: the David Bowie doc that nearly killed its director », 15th september 2022.
https://www.nme.com/features/film-interviews/moonage-daydream-david-bowie-brett-morgen-interview-3310215
Nicolas Pegg, auteur d’un livre-somme sur Bowie écrit : « (…) bien que des extraits aient été présentés en avant-première lors du London Weekend Show, le film n’a jamais été diffusé, apparemment parce que l’opinion de Bowie sur le résultat final correspondait assez bien à son opinion sur Just A Gigolo ».
Il faut savoir que Bowie a été très déçu, avec raison, de Just A Gigolo, un film de David Hemmings de 1978, dans lequel il joue le rôle principal. Il aurait déclaré que c’était comme si tous les films d’Elvis Presley se retrouvaient dans un seul film !
Pegg ajoute : « En 2001, Bowie était revenu sur ce film: « Je n’aimais tout simplement pas la façon dont il avait été tourné. Bien sûr, maintenant, il a l’air plutôt bon et je pense qu’il sortira un jour ou l’autre » ».
Espérons que les ayants droit trouveront un intérêt, un jour, à exploiter l’ensemble des prises de vue de Hemmings.
Cf. Nicolas Pegg, Tout Bowie – Traduit par Axel et Christophe Goffette -, Nouveau Monde Éditions, Paris, 2021, p.599 [ 1ère édition en anglais : 2000].

3) « Brett Morgen, scénariste : « J’ai voulu réaliser un portrait impressionniste de Bowie » » (Entretien réalisé par Bernard Roisin), L’Écho, 11 septembre 2022.
https://www.lecho.be/culture/musique/brett-morgen-scenariste-j-ai-voulu-realiser-un-portrait-impressionniste-de-bowie/10412753.html

4) À ce propos, nous ne comprenons pas très bien ce que veut dire Thierry Méranger dans les Cahiers du Cinéma quand il écrit : « (…) un portrait de Bowie en Homme qui venait d’ailleurs – sans que justice ne soit rendue au travail de Nicolas Roeg ». Avons-nous vu le même film ? À part à Bowie, Brett Morgen ne rend hommage à pratiquement aucun collaborateur de Bowie. Par contre, de nombreux extraits du film sont insérés. Et de toute façon, si Roeg fut un grand cinéaste, ce n’est pas à lui, selon nous, que le personnage de Thomas Jerome Newton doit le plus ! (cf. n° 790, septembre 2022, p.45).

5) Cf. Sophie Torlotin, « Moonage Daydream, le documentaire ovni sur David Bowie », Rfi, 20 septembre 2022.
https://www.rfi.fr/fr/podcasts/rendez-vous-culture/20220919-moonage-daydream-le-documentaire-ovni-sur-david-bowie

6) Sans commentaire verbal, Morgen arrive à être non seulement hagiographique, mais également critique par rapport à certains choix de Bowie, à certaines périodes de sa carrière. Il y a critique à travers le montage, plutôt étonnant et discutable, bien que significatif, entre, d’une part, des images de la période commerciale des années 80, précisément des extraits de la tournée Glass Spider (1987, album Never Let Me Down), et une publicité de 1984 avec Bowie et Tina Turner faisant la promotion d’une marque de soda, et, d’autre part, des images du dernier concert de la tournée 1973, quand Ziggy Stardust chante Rock’n’Roll Suicide.

7) Morgen travaille consciemment ces notions et réalités du voyage et de l’installation (du retour) dans un foyer. Il le fait en référence directe à L’Odyssée d’Ulysse et indirecte à Pénélope.
Cf. l’entretien de Brett Morgan avec Maxime Jacob : « Moonage Daydream : un film sur « l’expérience David Bowie » », Vanity Fair, 25 mai 2022.
https://www.vanityfair.fr/culture/article/moonage-daydream-le-son-de-david-bowie-et-la-vision-de-brett-morgen

8) Alain Lorfèvre, « Moonage Daydream : une belle immersion pour les fans de David Bowie », La Libre, 14 septembre 2022.
https://www.lalibre.be/culture/cinema/2022/09/14/moonage-daydream-une-belle-immersion-pour-les-fans-de-david-bowie-DBL74EGDYFHHRGIL4U4VKNS7M4/

9) David Buckley, David Bowie – Une étrange fascination – Traduit par Florence Bertrand -, Flammarion, Paris, 2004, page 218 [1ère édition en anglais : 1999].

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A propos de Enrique SEKNADJE

10 comments

  1. C. Germain

    Merci Enrique pour cette analyse. Il y a en effet beaucoup de manques dans ce documentaire, beaucoup de périodes éclipsées ( Château d’Hérouville ) et beaucoup de personnages importants qui n’apparaissent pas (Mick Ronson ? ) mais au fond, il faudrait un film de plusieurs dizaines d’heures pour restituer cette incroyable vie artistique. J’ai cependant bien apprécié de voir les peintures de Bowie (que je ne connaissais pas) et de découvrir des sonores très intéressants.
    Mon avis est plutôt positif et j’espère que ce documentaire entraînera la création d’autres bons films sur Bowie. Le sujet est vaste !

    • Enrique SEKNADJE
      Author

      Merci pour votre retour, C. Germain.
      Le film marchant bien en salles, on peut espérer et imaginer que ça va donner des envies et des idées à d’autres !

  2. Moretti

    Bonjour, trop d’images dans les archives énormes de Bowie. Ce ne peut pas être exhaustif mais il manque la période Young Americans alors qu’il existe des séquences d’enregistrement studio; rien sur le château d’Hérouville; peu sur Outside, l’un de ses meilleurs albums et surtout rien sur les albums de la fin; rien sur ses errements, sur sa mise en bourse, sur le verbasizer, etc.

    A Lyon, j’aurais voulu le voir en Dolby, j’ai dû me contenter de surround en 7.1 : 3e ville de France, paraît-il. Oui, l’Imax n’a pas l’air pertinent vu le format utilisé, notamment à cause de multiples archives.

    Un beau voyage malgré tout, très inventif et revigorant dans ce monde de brut.

    Michaël Moretti

    • Enrique SEKNADJE
      Author

      Oui, il y a des manques étonnants… 2h20 c’est finalement court, mais quand même… concernant la période Young Americans, on dira qu’il y a un entre-deux: « Rock’n’Roll With Me » durant la tournée Philly Dogs Tour (période Soul).

  3. Laurence Mandon Santella

    Merci beaucoup pour cette synthèse Enrique !! Elle illustre parfaitement mon ressenti après avoir vu ce film 2 fois… dont une en format Imax, sans plus-value à mon sens. J’étais toujours partagée après la seconde fois, ne parvenant pas à comprendre pourquoi je n’étais pas “emballée” a 100% par ce doc un peu trop brouillon… Tu as mis les
    mots justes dessus !

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