les fetes religieuses.Eyrolles

Collectif – « Les fêtes religieuses »

Trêve des confiseurs oblige, le ventre repu et alourdi des Saturnales de Décembre, les yeux injectés d’un foie qui déborde : mais, pourquoi ?

C’est le genre de réponses que cherche à apporter « Les Fêtes religieuses », nouvel opus collectif des excellentes éditions Eyrolles, réputées pour leurs capacités didactiques et vulgarisantes.

Pari réussi à nouveau ici, sous forme d’une petite cinquantaine de fiches (environ huit par religion) qui, de janvier à décembre, des hindous aux musulmans en passant par les chrétiens, juifs, taoïstes et bouddhistes, se propose d’expliciter à tout un chacun ces instants cycliques, tempo qui rythment et suspendent la vie des croyants.

Du bordel stimulant et infini des célébrations hindoues ou taoïstes (dont les responsables avouent eux même le choix difficile de sélection ou de variantes) au relatif rigorisme de la religion juive, du très exotique à l’ultra proche, ce petit précis, dont chacune des religions est confiée à un spécialiste du sujet, est, sous son apparence scolaire dont on regrettera un peu l’absence d’illustrations pour égayer la maquette, un voyage à travers la communauté des hommes, de l’Homme.

Tour du monde des rites du vivre ensemble dont on se plait soit à dévoiler les significations ou résurgences jusque dans notre vie quotidienne (tiens, le bouc sacrifié et envoyé au désert lors de Kippour ne serait-il pas…le bouc émissaire ?), soit à mesurer avec plaisir les similitudes toutes religions confondues, réduisant par là le delta que les extrémistes et imbéciles se plaisent à creuser.

Si l’exercice est forcément parcellaire et formaté, et s’il est difficile de donner toute la puissance de chaque rite à travers un recto-verso, on ne peut que saluer la tentative pédagogique et éclairante d’un tel opus.

A l’heure où s’éteint une année fait de malheurs, de stupidités et d’intolérance (et que la météo semble annoncer plus encore à venir), il faut sans tarder se pencher sur ce genre de rencontres et de connaissances, par une lecture studieuse ou vagabonde. Parce qu’on aime bien plus facilement l’autre quand on le comprend, et que l’on est soit même un peu moins borné et ignorant.

« Les Fêtes religieuses », ed. Eyrolles, 256 pages, sortie le 22/10/2015

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A propos de Jean-Nicolas Schoeser

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