Yankee de Tinto Brass (1966) avec Philippe Leroy, Adolfo Celi et Jacques Herlin.
Un mystérieux chasseur de primes surnommé Yankee débarque dans une région sous la coupe d’El Grande Concho, un redoutable chef de bande qui a installé son quartier général dans une église abandonnée. Attiré par l’appât du gain, Yankee entreprend de défier le tyran et ses hommes, au risque de déclencher une véritable guerre. Avant de devenir le chantre d’un cinéma érotique joyeux, Tinto Brass s’est essayé au western spaghetti avec cette curiosité baroque et expérimentale. Porté par la photographie d’Alfio Contini et l’excellente partition de Nini Rosso, Yankee détourne les conventions du genre à coups de cadrages insolites, de compositions picturales et d’effets de montage audacieux. Un western atypique dans lequelle roi de la fesse festive laisse déjà éclater son goût pour la transgression et les excès formels.

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Django, prépare ton cercueil! (Ita-1968) de Ferdinando Baldi avec Terence Hill,
Le destin de Django prépare ton cercueil est pour le moins curieux. Un temps resté inédit, ce vrai Django sera exploité en salles au début des années 70 sous le titre incongru de Trinita prépare ton cercueil, suite au triomphe de la série Trinita, présence de Terence Hill obligé. D’ailleurs, la prestation de ce dernier, moins hypnotique que celle de Franco Nero, demeure néanmoins honnête. Le film ne démarre pas sous les meilleurs auspices. Une désinvolture dans l’écriture empêche de prendre totalement au sérieux un récit pourtant tragique, traversé de fulgurances visuelles. Le scénario de Frank Rosseti, signataire du premier Django, manque de finesse et d’ambiguïté. Dommage, car derrière la psychologie grossière des personnages se cache un autre film, plus morbide et désenchanté, à la lisière du fantastique. Devenu bourreau afin de venger la mort de sa femme, Django traverse le récit, tel un mort vivant revenu une dernière fois sur terre pour assouvir sa soif de vengeance. Le fait qu’il s’entoure de condamnés censés être morts par pendaison renforce cet aspect irréel. Réalisé avec soin, particulièrement lors des scènes d’action très bien ficelées, Django ménage aussi quelques surprises intéressantes et se termine par un final paroxystique et délirant, hommage direct au premier Django. En dépit d’un budget étriqué, Django prépare ton cercueil confirme le talent de Ferdinando Baldi au sein du western européen.

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