Au cours de la Seconde guerre mondiale, Madagascar ne fait pas exception et paie le prix fort de son implication dans le conflit du fait de son appartenance à la France. Ainsi, plus de 100000 soldats malgaches partent au front et de nombreux vivres et produits servent à l’effort de guerre au détriment de la population locale de plus en plus miséreuse. De cette situation intenable se développe un fort désir d’indépendance qui finit par éclater en 1947.

Fahavalo Madagascar 1947 raconte l’histoire de ceux qui, cachés dans la forêt, ont combattu la France au nom de la liberté. Ces activistes sont alors appelés fahavalo, les ennemis de la France. Ils résistent avec le peu de moyens qu’ils ont à disposition, parfois de simples sagaies, mais surtout une foi sans faille en leurs talismans.

L’intérêt et la force du documentaire de Marie-Clémence Andrianonta-Paes résident surtout dans les témoignages de ces vieux messieurs qui racontent comment ils allaient combattre l’armée française, protégés par leurs amulettes et rituels. Seulement, face à ces récits surréalistes, le film ne tient pas toutes ses promesses. Essentiel parce qu’il revient sur ce pan de l’histoire malgache, le film se révèle malheureusement peu audacieux dans sa forme. Tout est à sa place, les combattants sont filmés dans la forêt, où ils se cachaient, alors que les réfugiés sont filmés entre les quatre murs de leur foyer. La mise en scène n’évolue jamais, ne se révèle jamais autre chose qu’illustrative.

Aux images d’archives à l’indiscutable valeur historique, répondent des entretiens avec des acteurs de l’insurrection et autres quelques beaux plans de paysages de Madagascar. Cette réalisation conventionnelle, dénuée de piquant et de personnalité, n’arrive alors jamais à mettre en avant la détermination des Malgaches, le film se révélant bien plat. L’enchaînement des plans et des séquences, la façon d’introduire les entretiens donnent une impression de déjà-vu qui affadit le propos. De cette banalité, de ce traitement plus télévisuel que cinématographique, naît un contraste d’autant plus évident devant la force et la teneur des paroles des survivants. Malgré le mérite d’évoquer un sujet méconnu, Fahavalo Madagascar 1947 éprouve des difficultés à captiver et prend finalement la teneur d’un hommage tiède.

 

Fahavalo Madagascar 1947
(Madagascar/France – 2018 – 90min)
Réalisation : Marie-Clémence Andrianonta-Paes
Direction de la photographie : Cesar Pas
Montage : Paul Pirritano, Gabriel Paes
Musique : Régis Gizavo
En salles, le 30 janvier 2019.

A propos de Thomas Roland

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