Ce jeudi 17 septembre quelques salles françaises auront le privilège de projeter la Queer Palm de cette année : Teenage sex and death at Camp Miasma. Des séances exceptionnelles aux quatre coins du pays, uniquement programmées sur cette journée, que les cinéphiles amateur d’horreur ne devraient pas laisser passer. Voici la liste :

Après We’re all going to the world’s fair (2021) et I saw the TV glow (2024), Jane Schoenbrun clôture en beauté sa « Screen trilogy », triptyque traversé par un réel parasité, en prise avec le flot de fiction des écrans. Si le second film avait fait pas mal de bruit à sa sortie et révélé un talent émergent, il portait en lui une certaine pesanteur, parfois ennuyante, probablement due à son intrigue centrée sur des personnages plutôt torturés dont les dissociations entre réel et imaginaire tordaient vicieusement les cœurs déjà lourds de l’adolescence. Des faux airs de Twin Peaks, les moments de grâce et de joie en moins.
Il en est tout autrement de Teenage sex and death at Camp Miasma, que lae cinéaste trans et non-binaire présente comme son œuvre la plus intime jusqu’à présent. Et effectivement, au-delà du fait que sa figure principale, également cinéaste non-binaire, soit un miroir à peine voilé de son auteurice, le film semble avoir naturellement une âme, sans effort, avec une légèreté touchante. Cette trilogie se fait en quelque sorte le témoin discret de la transition de Jane Schoenbrun puisqu’elle a lancé et accompagné son parcours. Le thème récurrent de la dissociation réalité-fiction, allégorie de la transidentité et de la dysphorie de genre (selon Schoenbrun même), est abordé ici avec moins de pudeur, avec la maturité de personnages adultes déterminés à trouver la paix et l’accomplissement, dans l’horreur et la bienveillance.

Malgré l’amour pour le genre qui transpire tout au long du film, celui-ci n’a rien d’un classique de l’horreur. Derrière ce titre accrocheur et une aura de slasher des années 80 se cache une véritable exploration stylistique. Là où l’on attend un érotisme primaire entremêlé de frissons se trouve finalement un élan de tendresse et de créativité aussi bien plastique que narrative. Jane Schoenbrun réussit à rendre hommage au cinéma de son adolescence tout en le remodelant, précisément dans ses points aveugles. Teenage sex and death at Camp Miasma se perd volontairement, hors des sentiers habituels du genre, dans un déluge de sucreries et de poulet frit, là où les monstres, créatures mi-homme mi-femme, deviennent des dieux créateurs de fiction et d’orgasme.
© Tous droits réservés. Culturopoing.com est un site intégralement bénévole (Association de loi 1901) et respecte les droits d’auteur, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos visibles sur le site ne sont là qu’à titre illustratif, non dans un but d’exploitation commerciale et ne sont pas la propriété de Culturopoing. Néanmoins, si une photographie avait malgré tout échappé à notre contrôle, elle sera de fait enlevée immédiatement. Nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur – anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe.
Merci de contacter Bruno Piszczorowicz (lebornu@hotmail.com) ou Olivier Rossignot (culturopoingcinema@gmail.com).