Second long-métrage du jeune cinéaste maltais, Alex Camilleri, Le Chant des Oliviers est à la fois un film dramatique et un road-movie.
Il charme par sa poésie, son aspect intemporel, jamais désuet et toujours tonique.

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Sur le point de quitter Malte après la mort de sa mère, Mar hérite de plusieurs terrains mal identifiés sur l’île. La jeune femme qui rêve de s’émanciper se retrouve contrainte de parcourir l’archipel pour identifier ses biens.
Son trajet bifurque littéralement quand elle croise la route du singulier Nenu, pratiquant du għana, le chant traditionnel maltais.
Il en résulte une collision générationnelle et culturelle qui va bouleverser leurs vies…

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Le Chant des Oliviers démarre comme un documentaire avec une session de għana où s’illustre Nenu Borg.
Jouant ici son propre rôle, cette légende vivante maltaise débute ainsi au cinéma à 80 ans révolus, quinze ans après avoir raccroché ses gants de boxe musicale. Rappelant les « battles de rap », ces joutes musicales sont fondées sur l’improvisation rapide, l’humour et les rimes acérées.
Ce chant folklorique est transmis oralement de génération en génération, et il sera le lien entre Mar et Nenu, le vieillard initiant la jeune femme à ces batailles qui vont canaliser sa rage. Rage contre une famille qui ne la comprend pas et une île touristique qui offre peu d’avenir aux jeunes.
Ce film a un charme fou au sens premier du terme : « chant, formule magique ou incantation », car les mélodies de Nenu et de Mar nous hantent bien après visionnage.
Qui dit sortilège dit séduction et le duo nous enchante. Face au solaire Nenu Borg, coupe à la pompadour argentée, menu et droit sans ses bottes, la splendide Michela Faruggia impressionne par son jeu subtil, tout en colère rentrée, avec une aura de rock star. Elle s’avérera douée pour ce chant cathartique à la modernité surprenante. Elle s’avérera douée pour ce chant cathartique à la modernité surprenante.

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D’une simplicité admirable, Le Chant des Oliviers est une ode à la fois joyeuse et mélancolique à la transmission. À travers le personnage de Nenu, le gardien de cette tradition, le chant ne se limite pas à un simple divertissement, il est un acte de résistance culturelle et un vecteur de mémoire collective face à la modernisation et à l’oubli. La culture est comme un combat, thématique qui résonne fort en nos temps où elle est menacée par la montée du fascisme.
Le festival de Tribeca ne s’y est pas trompé en remettant au réalisateur le Prix du meilleur scénario.
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