Michaël O’Shea – “Transfiguration”

Avec son premier long-métrage, Transfiguration, Michael O Shea revisite intelligemment le film de vampires, et nous livre une oeuvre d’une grande force, avec une économie de moyens et des vraies idées de mise en scène. Version ghettoïsée du génial Morse de Tomas Alfredson, Transfiguration mêle savamment le film naturaliste sur les ghettos américains (ici , violence des d’un quartier du Queens- à New York), le drame ( les deux héros sont des orphelins à la dérive), le film de vampires, voire même de méta vampires et enfin, creuse le terreau social avec ce background dur et âpre.

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Soit, Milo, orphelin de 14 ans qui vit dans un immeuble délabré avec son grand frère. Tête de turc des caïds locaux, il se repait de films de vampires. L’arrivée de Sophie, une jolie voisine aussi paumée que lui, changera la donne… Ce film singulier, à l’audace tranquille, fut très remarqué au Festival de Cannes 2016 –sélection Un Certain Regard. Audace tranquille car O’Shea filme avec pudeur ces laissés pour compte sur une bande son habitée, entre noise et musique industrielle, qui crée un climat délicatement angoissant. Jamais d’effet, quand la violence surgit, elle est inhérente au propos. Surtout, le film questionne intelligemment la figure du vampire -et via son protagoniste principal : Milo en est-il un?- et via ses avatars et les codes habituellement associés. Il n’y a pas de vampires réalistes objecte Sophie à Milo, celle-ci étant adepte de Twilight ou True Blood alors que Milo s’abreuve de vieilles VHS du Nosferatu de Murnau, Dracula de Browning ou encore aime Morse et Near Dark. Si Transfiguration refuse de se plier aux clichés du genre, du moins, de se laisser enfermer par eux, il emprisonne par contre ses personnages. L’univers carcéral (au sens littéral et social) est omniprésent: l’école est appréhendée comme une prison, des travellings suivent Milo derrière des grillages ou barreaux…

 

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Après avoir été une des bonnes surprises de l’Etrange festival 2016,  Transfiguration sort en catimini en cet été souvent sacrificiel pour les films. Ce serait dommage de passer à côté d’un film si délicatement singulier.

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