Timon d'Athènes revisité – jusqu'au 13 décembre à la maison de la poésie

 
Razerka Ben Sadia-Lavant s’empare de Shakespeare et invite cinq figures éclectiques dans une joute verbale et musicale, pour faire revivre le mythe de Timon. Notable généreux, plumé par ses protégés, Timon, l’exclu en sa propre demeure, se transforme en imprécateur amer, révolté passif et excessif.
 
Effort de vulgarisation du texte, accessibilité accrue par l’appellation de la culture urbaine (spoken word et hip hop), on redécouvre à cette occasion que nos « classiques » étaient à leur propre époque des subversifs. Timon d’Athènes, l’une des dernières pièces de Shakespeare, la moins jouée sur scène, et considérée comme la plus misanthrope, s’insurge contre les convenances et ses profiteurs qui créent les règles autour d’eux et non autour de la cité qu’ils sont sensés représentés.

Le pari de Razerka Ben Sadia-Lavant est de remonter cette pièce autour de plusieurs univers : le slam de Casey et D’ de Kabal, le théâtre de Denis Lavant et Marie Payen, et les univers sonores de Mike Ladd (connu pour ses participations au label de John Zorn) et Doctor L. Un duel de personnalités (d)étonnant et un grand bazar visuel, le tout lié par les notes rondes d’un Mike Ladd en grande forme.

Timon d’Athènes, mise en scène de Razerka Ben Sadia-Lavant
jusqu’au 13 décembre
Maison de la poésie

 
 

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