Pendant de la Fiac pour la photographie, Paris Photo se dévoilera cette année du 19 au 22 novembre avec une ouverture vers l’Orient, les scènes arabe et iranienne étant à l’honneur pour cette 19ème édition . Le carrousel du Louvre, qui invite chaque année les galeries du monde entier à venir faire découvrir leurs artistes contemporains, émergents ou reconnus, proposera un regard à la croisée de deux civilisations (occidentale et orientale), ancrant sa thématique dans une actualité à chaud.
 
Bien sur, les critiques d’élitisme dévoyées à la Fiac peuvent aisément s’appliquer à Paris Photo, qui reste avant tout un événement culturel marchand, rendez-vous pour professionnels et grands acheteurs principalement. Mais c’est aussi un panorama vivant, et à ce titre indispensable, de notre monde en constante mutation, rappelant que la photographie s’implique dans une démarche où l’humain est central, et cela peut-être plus que dans l’art contemporain – mais ceci est un autre débat…

 


Lala Hessaidi – Les femmes du Maroc : Harem beauty 2, 2008
Courtesy Edwinn Houk Gallery, NY
 
Si l’on s’intéresse tout particulièrement à cette édition, c’est avant tout parce qu’elle s’est intelligemment entourée, et, au contraire de la FIAC, a su faire des ponts :
Passerelle entre les cultures, nous l’avons dit, mais aussi entre les institutions culturelles, puisqu’elle met en relief les événements parallèles : l’hommage aux surréalistes à Beaubourg, le regard sur la création contemporaine en Palestine à l’Institut du Monde Arabe ou encore le très bon travail de Marc Riboud, visible à la fondation HSBC pour la photographie et à l’Espace Polka dans le 3ème.
 
Une édition qui affiche donc une volonté de réflexion et d’interrogation, permettant une meilleure compréhension du monde arabe, de déceler les ressemblances dans le regard de l’autre, d’en apprécier les différences aussi. Preuve de la modernité d’un orient souvent décrié comme un censeur d’images, la photographie est pour les artistes arabes un formidable moyen d’expression et de revendication, que Catherine David étudie depuis plusieurs années. commissaire d’exposition invitée, elle proposera plusieurs rendez-vous, de la photographie à la vidéo, permettant de retracer une histoire de la photographie arabe, grâce au soutien de la fondation arabe pour l’image créée en 1997 au Liban.
 

Mourad Gharrach – Femme Mauresque III, série 2, 2008
Courtesy Galerie 127, Marrakech
 
Cette thématique sera largement reprise par les galeries « généralistes », mais ne devrait pas empêcher de trouver les traditionnels portraits, paysages et autres photos d’art, sans oublier les photographies surréalistes, toujours aussi intéressantes, et dont nous soulignerons les deux suivantes : celle d’Alain Fleischer "Happy days with La Maja" (1986), où l’art contemporain se met au service de la photographie pour créer l’illusion, et celle, plus intimiste, de Gabriella Morawetz "Plus proche de moi que moi même"(2009) :
 
   
  
Un Paris Photo sage mais pensant, qui, si l’on peut y consacrer une journée (pour rentabiliser les 15 euros d’entrée, tout de même !), sera forcément l’occasion de rencontres fascinantes, puisque les tirages seront eux au plus beau de leurs atouts.
 

A propos de Marion Oddon

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