“Le petit chaperon rouge visite Tchernobyl”, Anton Solomoukha – galerie 208, Paris.

De Tchernobyl, l’opinion publique internationale garde en tête la malheureusement célèbre catastrophe nucléaire survenue au printemps 1986. 

En en occultant souvent involontairement les autres centres d’intérêt historique et culturel – laissant le curseur chronologique bloqué sur une date, une heure, un fait ainsi que sur ses conséquences sanitaires, humaines et écologiques.

Originaire de la capitale ukrainienne – Kiev – dans laquelle se trouve donc également Tchernobyl –  c’est  tout naturellement que l’artiste pluridisciplinaire Anton Solomoukha – résidant depuis de nombreuses années en France – a décidé d’y inscrire son travail artistique entamé en 2007 avec Son Petit Chaperon Rouge, le faisant passer des magies picturales du Grand Louvre aux paysages industriels désolés de Tchernobyl. De réminiscences des souvenirs d’époque à une réflexion sur le rapport entre l’art et l’environnement, le corps et la matière, le fond et la forme, cette exposition de photographies est une continuation de son entreprise ludique et ironique de revisites des chefs d’oeuvres de l’art – reprenant par là-même le flambeau d’une tradition ancienne dont les plus connues et brillantes tentatives restent celles d’un Pablo Picasso se réappropriant parmi tant de tableaux célèbres les ‘Ménines’ de Velasquèz. Solomoukha en suit volontiers les traces déjà bien foulées, passées au crible de son support de prédilection d’adoption – la photographie – et de son propre langage – la photo-peinture, dont il est l’instigateur.

A la liste des détournements : ‘Femmes d’Alger dans leur appartement’ de Delacroix,  ‘Olympia’ de Manet, le ‘Radeau de la Méduse’ par Géricault, ‘la Ronde de nuit’ de Rembrandt. Les adjonctions visuelles de Solomoukha – scènes de figures – amènent une réinterprétation contemporaine des oeuvres au travers d’un angle de lecture personnel, les mettant en scène dans les réalités d’un espace urbain méconnu – Tchernobyl et ses lieux de loisirs citadins : piscine, cinéma, théâtre …. des espaces collectifs vécus comme espace de création et non plus comme sarcophage.

Une façon de réinventer, réenchanter des endroits marqués par les couloirs de l’histoire de l’humanité, une méthode salvatrice d’exorcisation des démons afin d’en revitaliser les zones moribondes qui ne tendent – c’est aussi là la loi de la nature et de la vie – qu’à la renaissance.

 

A voir jusqu’au 12 décembre 2009.

‘Le Petit Chaperon Rouge visite Tchernobyl’
Galerie 208 Chicheportiche
208, bd Saint-Germain, 75007
tél : 01 42 50 30 24

 

 

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