Mort de Christian Barbier à l’âge de 85 ans

Un peu de retard pour annoncer cette triste nouvelle : la disparition, le 3 novembre dernier, à 85 ans, du comédien Christian Barbier, qui fut l’un des piliers de ces "acteurs de complément" ayant fait le bonheur du cinéma et de la télévision française des années 60 aux années 80.
Evidemment, c’est surtout un feuilleton tv qui vient à l’esprit à l’évocation de son nom, devenu quasi culte au fil de ses rediffusions successives : L’Homme du Picardie, fleuron de la télévision ORTF, dont la lenteur bonhomme pouvait faire passer Derrick pour du Michael Bay.

C'est du culte, ça...
C’est du culte, ça…

Mais avant et après avoir conduit sa péniche, Barbier s’était bâti une très solide carrière de seconds (voire troisièmes ou quatrièmes) rôles, auprès de quelques uns des barons du cinéma d’alors : Michel Deville (Lucky Jo, son premier rôle marquant à l’écran), Henri Verneuil (Week-end à Zuydcoote, Mayrig), Jean-Paul Rappeneau (La Vie de château), José Giovanni (La Loi du survivant), Claude Autant-Lara (Le Franciscain de Bourges), Gilles Grangier (L’Homme à la Buick), Pierre Granier-Deferre (La Horse), Edouard Molinaro (Le Gang des otages, L’Homme pressé), Jacques Deray (Trois hommes à abattre), Georges Lautner (La Maison assassinée)…
Souvent du viril, eu égard au physique de colosse du bonhomme, mais auquel il savait toujours ajouter une touche d’humanité. La meilleure preuve en est son rôle qui restera sans doute le plus marquant au cinéma, celui du Bison, exécuteur des basses œuvres, mais pour la bonne cause (celle de la Résistance), dans L’Armée des ombres de Jean-Pierre Melville.

Christian Barbier (à ne pas confondre avec un homonyme animateur radio sur Europe 1 dans les années 70-80) participa aussi à quelques expériences cinématographiques plus aventureuses, comme celle du thriller érotique d’Alain Robbe-Grillet Trans-Europ-Express (plus de dix ans avant Kraftwerk, s’il vous plait) ou d’un autre thriller, mais signé Roger Corman, celui-là, Target : Harry ! On n’en dira pas autant de sa participation au Brigade des mœurs de Max Pécas…

Le succès de L’Homme du Picardie aidant, au fil des années 70 puis 80-90, il finit par se consacrer surtout à la télévision, notamment avec un rôle récurrent dans la série Espionne et tais-toi (avec Grace de Capitani, pour ceux qui s’en souviennent…).

A propos de Cyril COSSARDEAUX

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