Vivaldi / La Stravaganza / La Pastorella

Antonio Vivaldi : La Stravaganza, opus IV / La Pastorella
 
                L’ensemble La Stravaganza réitère ici son expérience précédemment commencée avec les Concerti op. X, de réinterprétation de l’œuvre de Vivaldi par un ensemble de chambre arrangé. Il est utile de préciser que nous n’avons aujourd’hui aucune trace ni détail du compositeur  concernant les distributions orchestrales des ses oeuvres. En effet, celui-ci étant professeur dans une école de musique à Venise, ses œuvres étaient donc interprétées au début par des groupes changeants d’élèves. Lui –même n’hésitait aussi à changer d’instruments pour diriger ses concerti de chambre.
 
                De manière générale, dans les interprétations dites « classiques », les solis et rôles prépondérants sont tenus par un violon, instrument de prédilection de Vivaldi s’il en est. Ici ce sont les flûtes à bec, en dialogue avec l’ensemble instrumental qui tiennent ce rôle. Bien entendu, certains mouvements et tempi ont dû être transposés et modifiés pour être jouables par les flûtes et instruments à vent même si l’esprit général de l’œuvre a tout de même été respecté.
 
                Passé ces considérations généralistes, nous pouvons nous intéresser de plus prés à l’enregistrement. De prime abord, on a du mal à reconnaître l’œuvre originale et c’est avec plaisir que l’on découvre une musique galante, flatteuse, sans préjugés aucun. Le son est fluide, agréable, limpide et on redécouvre donc ici une partie de Vivaldi insoupçonnée. On ne ressent pas du tout les traditionnels « travers » du baroque fréquemment évoqués par les critiques : nuances exagérées, vitesse, impressions sonores plus que fidélité au texte. Au contraire, les mélodies sont homogènes, voluptueuses, flatteuses. Le choix des instruments en est donc d’autant plus intéressant puisque les instruments à vent complètent ici à merveille des instruments à cordes plus agressifs. Les contrastes sonores entre les deux familles dans les successions de thèmes musicaux sont donc savamment étudiés. La qualité de l’enregistrement est elle aussi impeccable et participe à ce tout très homogène et suave.
 
                Un bémol pourtant dans toute cette harmonie. N’est pas trop lissé pour du Vivaldi, n’est ce pas trop beau pour de la musique du début du 18e siècle qui se veut plus festive que solennelle ? En effet, certains mouvements lents, manquent peut être de couleurs, de vie et ressemblent presque à des accompagnements d’arias de cantates de Bach (sublimes au demeurant) mais était-ce vraiment le but de Vivaldi, plus porté sur la démonstration, la virtuosité ?

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