Living Colour – "The chair in the doorway"

La chronique dont vous êtes le héros.
 
A l’occasion de la sortie du nouvel album de Living Colour, Culturopoing vous propose de découvrir la chronique dudit objet à travers une quête initiatique et musicale qui vous apportera sagesse et connaissance (sans dragons ni elfes en passant).
A vous de jouer.
 
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« The chair in the doorway » est le nouvel album du groupe américain Living Colour.
 
– Si vous connaissez très bien ce groupe rendez-vous directement au numéro 4
– Living Quoi ? Rendez-vous au numéro 2
 
 
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Il est bizarre de se dire que Living Colour a fêté en 2008 ses 25 ans d’existence et qu’on a là avec ce « The chair in the doorway » seulement le 5è album du groupe. Vivid, leur premier album, est sorti en 1988 déjà, un album culte aujourd’hui notamment pour son titre phare « Cult of personality » mais aussi ses envolées funky du meilleur cru entre deux discours vindicatifs et socialement engagés. Living Colour c’est en effet l’un des fleurons du rock dit fusion, de cette seconde génération de groupes incluant Fishbone et les Red Hot Chili Peppers comme autres fers de lance qui a déferlé entre 1982 et 1995 (à la louche) à la suite des parrains Mother’s finest et Bad Brains.
 
– Si cela vous suffit rendez-vous au 4
– Si vous en voulez encore, encyclopédiste que vous êtes continuez la lecture avec le 3
 
 
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Toutefois de suite le groupe a su se créer son propre univers musical au-delà des connivences d’esprit avec les groupes prénommés. Si les Red Hot ou Fishbone louaient l’esprit du « Feel the vibe » les gars de Living Colour eux développaient plutôt un esprit « Think the vibe » avec un discours très politisant et moult revendications allant même jusqu’à la création du Black Rock Coalition, une association destinée à promouvoir les artistes afro-américains sur le territoire nord-américain (association qui compte des gens comme Stevie Wonder ou encore Ben Harper ou Keziah Jones dans ses rangs).
 
Un groupe impressionnant donc, de la maîtrise hallucinante de leurs instruments par les musiciens jusqu’à cette bonne parole et cet esprit éclairé guidant le groupe. Quelques années de séparation après l’album Stain en 1993 jusqu’à la reformation en 2003 et le 4è album du groupe « Collideoscope » puis des concerts incessants aux quatre coins du globe avant la sortie de ce nouvel album aux derniers jours du mois de septembre.
 
 
4
La première impression nous glace, le son curieux donné aux compositions, surtout au niveau de la batterie mais aussi du chant produisent une désagréable impression et un effet presque rédhibitoire. Une gêne sans doute renforcée par la présence du producteur Ron St Germain (loin d’être le premier venu puisqu’en-dehors de la production du disque Stain il a travaillé avec des artistes du calibre de Pearl Jam, Soundgarden, Muse, U2 mais aussi les Red Hot, Whitney Houston ou encore Mos Def) en qualité d’ « Additional mixing & production ». Cela sent clairement le Mayday lancé au producteur par ses vieux amis.
 
– Si ce problème de son vous rebute d’entrée faut pas déconner aujourd’hui à l’heure du tout numérique et quand le premier Geek à bonnet venu sonne comme les Beatles (ou du moins les Monkees) en direct live de sa chambre et de son Commodore Amiga c’est juste pas possible alors rendez-vous au numéro 9
– Si vous en voulez encore, encyclopédiste que vous êtes continuez la lecture avec le 5
 
 
 
5
Quand on se rappelle le mur du son des trois premiers albums du groupe (quoique la chanson Time’s up hein !) on reste sidéré par le peu d’ampleur de cet album-ci et le son compressé qui ne met que peu en valeur les compositions du groupe et le talent de ses membres. Nonobstant cet écueil c’est un Living Colour comme toujours en pleine forme sur album, capable de fulgurances soniques et mélodiques comme de clairs-obscurs chiadés au long des 11 pistes du disque. Le groupe suit la voie du rock plombé et éminemment musical développée à partir de « Stain » bien plus que la veine plus colorée et énergique du début. La guitare de Vernon Reid sonne toujours comme une guirlande de Noël empoisonnée qui emberlificote ses mélodies autour d’une rythmique monstrueuse. 
 
– Oui c’est gentil mais Vernon Reid on connait merci, c’est le gars avec ses lunettes de cosmonautes et ses tenues de roadie de George Clinton. Ce qui serait bien ca serait de dire à quoi le disque ressemble musicalement non ? Il serait temps après presque deux pages !!!! Alors rendez-vous au 8
Si vous voulez rendre hommage aux qualités de musiciens de Doug, Vernon, Will & Corey alors rendez-vous au 6
 
 
6
Il serait injuste de mettre ainsi en avant le travail à la guitare de Vernon Reid sans pour autant louer les qualités phénoménales de la session rythmique en particulier Doug Wimbish le bassiste qui fait avec sa guitare-basse ce que Tom Morello de Rage Against the Machine fait avec sa six-cordes, un magma éclairé où les tournicotis vrillés sont toujours au service de la chanson et de son assise sans jamais se la jouer perso donc, du grand art. Will Calhoun n’est pas en reste même s’il cogne dru ici le plus souvent, on ne peut oublier le batteur qui irriguait jadis « Ausslander » d’éclairs drumifiées ou encore dans un tout autre genre qui calypsait avec nonchalance sur le sublime « Solace of You ». Rock, hard, hardcore, funk, soul, reggae, soul, ce gars-là sait tout jouer.
 
– Putain mec tu m’fais chialer là en évoquant ces gars-là, je les avais presque oubliés et là c’est comme une madeleine de Proust que tu m’aurais balancée en pleine tronche, rendez-vous au 7
 
– Vous ne comprenez rien à ce qui est lu, vous êtes venus sur Culturopoing avec un lien vers la news annonçant l’anniversaire de Valery Giscard d’Estaing et on vous balance des termes barbares sur ce qui semble être de la musique, vous vous sentez mal, vous quittez prestement la page et vous retrouvez ICI

 
7
« The chair in the doorway » est un disque concassé et ramassé. On peut certes regretter le côté éclaté qu’avait « Vivid » et surtout « Time’s up », cette richesse musicale qui allait du hardcore ténu au calypso-pop. On peut regretter de ne pas avoir affaire ici à une version mutante d’un rock spirituel et furieux comme du temps de « Stain » mais c’est ainsi et c’est la volonté même du groupe puisque Corey Glover le vocaliste du groupe loue justement la cohérence musicale développée sur cet album par opposition aux teintes plus éclatées d’avant, dont acte.
 
– Nul alors le disque ? Ou alors décevant c’est ça ? T’oses pas le dire hein ? Viens me retrouver au 8 et t’ar ta gueule !
– Heu j’ai bien compris là on parle de hard-rock ou équivalent ? Maiden et tout et tout ? Scream for me Long Beach I say « Oh oh (oh oh) Ah Ah (ah ah) » ? C’est une parodie de chronique rock allez hop je vais voir par LA-BAS si l’air y est plus pur.
 
 
8
Concassé et ramassé certes mais pour un contenu de qualité. Les bons moments du disque sont ainsi nombreux, de l’accrocheur « Burning Bridges » au lancinant « Method » en passant par le subtil « Behind the sun » et le laid-back bluesy « Bless those », l’album s’écoute sans déplaisir (quoique « Decadance »…) même s’il y manque sans l’ombre d’un doute LE titre fort qui ferait de ce conglomérat de titres solides un album mémorable. Living Colour n’est pas un groupe comme les autres, sa grande maîtrise musicale y est pour beaucoup mais aussi cette évidence des mélodies et ce chant de Corey Glover à la fois doux et âpre, un album du groupe est ainsi toujours (en tous les cas jusqu’à maintenant) un plaisir d’écoute.
 
Donc faut l’écouter alors ? ok merci du tuyau, un disque de rock mature enfin je veux dire cérébral et pas trop primaire c’est toujours bien, surtout à l’époque des retours d’ ACDC et de KISS, z’avez-vu que Kiss a sorti un nouveau disque? Bon et bien merci au plaisir hein ? Tiens je vais aller faire un tour par ICI
 
 
9
Raison gardons et soupir faisons, ne soyons pas rebutés en dernier ressort par ce son curieux, l’essentiel reste que ce « The chair in the doorway » fait  honneur au groupe et nous le rappelle à notre mémoire. Les compos semblent taillées pour la scène et on attend avec impatience leurs prochains concerts (deux à Paris courant décembre). « The chair in the doorway » c’est du bon Living Colour en tous les cas, bien loin des collages musicaux du début et une veine heavy sombre et groovy à souhait de fort belle facture.
 
 
Heu c’est tout ? Pas de points de vie ni d’esclaves ni rien ? Juste que c’est un disque de fort belle facture et voilà ? Sympa les gars lol, putain mdr trop chan-mé le dernier living K-lor.
 
 
 
 

A propos de Bruno Piszorowicz

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